France - All Blacks 1999, le jour de grâce de Dominici

France - All Blacks 1999, le jour de grâce de Dominici©Media365

Thomas Siniecki : publié le mardi 24 novembre 2020 à 17h36

France - All Blacks 1999 n'appartient certes pas seulement à Christophe Dominici. Mais s'il faut citer un ou deux joueurs de ce monument du rugby, celui qui nous a quittés mardi à l'âge de 48 ans est inévitable. Et évident.



Jonah Lomu l'avait écrit dans son autobiographie : "Ce qu'il s'est passé en seconde période - en y repensant des années plus tard - semble inexplicable. C'était irréel. Les Français ont tout simplement pris feu. Que dire des essais qu'ils ont marqués ? Que dire des rebonds heureux et des changements de jeu ? La balle leur appartenait. A chaque fois qu'ils marquaient une pénalité ou un essai, nous nous disions que nous n'avions qu'à reprendre le contrôle de la partie. C'était trop tard." Cinq ans après le décès du mythe des All Blacks, Christophe Dominici le rejoint au paradis du rugby. Nul doute qu'ils se referont toutes les actions de cette demi-finale mondiale mythique de 1999 (43-31 pour le XV de France).

Le "rebond heureux" évoqué par Lomu, c'est justement celui que Christophe Dominici récupère sur cette action entrée dans la légende du rugby français. A la 54eme minute, c'est lui qui permet aux Bleus de prendre l'avantage pour ne plus jamais le lâcher ensuite (22-24), alors que les Néo-Zélandais comptaient quatorze points d'avance moins de dix minutes plus tôt.

"Il y a des jours où les ballons t'arrivent comme des mots d'amour"

"Il a pris le ballon, c'est un génie, on rêve, il a des jambes de feu", hurle en direct Christian Jeanpierre, tandis que son consultant Bernard Laporte est sous le choc et ne peut que surenchérir : "Essai ! Essai ! Extraordinairement bien joué de la part de Fabien Galthié, un coup de pied dans la boîte comme on dit ! Un rebond favorable et Christophe Dominici qui surgit ! C'est très bien terminé, très opportuniste. Encore une fois il fait parler sa vitesse de course extraordinaire !"

"Il y a des jours où les ballons t'arrivent comme des mots d'amour, où rien ne peut t'arriver, exprimait encore, quelques années plus tard, l'ailier historique du Stade Français (de 1997 à 2008). J'étais comme sur un nuage, j'avais des ailes. Une heure et demie avant le coup d'envoi, Pierre Césano, mon kiné de Toulon, m'avait prédit que je ferais un grand match : 'Laisse parler ton corps, tu seras à l'aise comme une anguille dans l'eau. Ce sont des rochers, ne joue pas sur leurs qualités, sois l'éclair, sois la foudre qui frappe à un endroit unique.'"


Il poursuivait en décrivant l'action, le souvenir encore intact : "Je me suis rué et j'ai eu le rebond. Plus favorable, tu ne peux pas. Je ne pouvais pas passer à côté, là-haut il y avait quelqu'un qui veillait sur moi et m'a poussé. J'étais dans un état de grâce. Dans le regard des Blacks, on a vu de suite qu'ils étaient déboussolés et perdaient pied." A tout jamais, Christophe Dominici nous laisse une ribambelle de souvenirs en tête. Mais celui-là traversera les âges.

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