Euro 2024 : L'Espagne n'est plus la reine de la possession de balle

Mathieu Warnier, Media365 : publié le dimanche 16 juin 2024 à 20h10

Alors qu'elle a longtemps suivi les précepte inculqués au FC Barcelone autour de la possession de balle, la sélection espagnole a tranché avec son passé à l'occasion de la victoire acquise face à la Croatie ce samedi.

Luis de la Fuente aurait-il changé l'ADN de la sélection espagnole ? Depuis de longues années, la « Roja » a été connue par son style de jeu basé sur la possession de balle, largement inspiré de ce qui a été mis en place avec succès au FC Barcelone. Des préceptes qui ont permis à l'Espagne de dominer le football international dans les années 2010 sous la férule de Vicente del Bosque. En effet, les adversaires de l'Espagne s'épuisaient dans leur volonté d'aller chercher la balle, ce qui ouvrait progressivement des espaces dont Andres Iniesta ou encore Fernando Torres prenaient un malin plaisir à exploiter. Cela s'est traduit par un titre mondial remporté en Afrique du Sud puis deux succès de rang lors de l'Euro en 2008 et 2012, mettant fin à 44 ans d'attente à l'échelle continentale. Mais l'entrée en lice victorieuse de l'Espagne dans l'Euro 2024 ce samedi face à la Croatie sur la pelouse de l'Olympiastadion de Berlin a confirmé que quelque chose avait changé de l'autre côté des Pyrénées.

L'Espagne n'avait pas connu ça en dix ans

En effet, au moment d'analyser les statistiques du succès des coéquipiers de Fabian Ruiz et Alvaro Morata, un chiffre ressort plus que les autres. Il s'agit de celui de la possession de balle. Emmenés par Luka Modric, les « Vatreni » ont eu 54% de possession contre seulement 46% pour les Espagnols. Il fallait remonter à quasiment une décennie pour retrouver trace d'une rencontre conclue avec une possession inférieure à 50% pour la « Roja ». Il s'agit de la défaite contre l'Allemagne en novembre 2014. Un fait qui confirme que le jeu de possession érigé en religion par le football espagnol a fait son temps. Les résultats récents de l'Espagne, avec une élimination dès les huitièmes de finale lors des deux dernières Coupes du Monde et de l'Euro 2016 suivie d'une demi-finale en 2021, ont poussé Luis de la Fuente à changer son fusil d'épaule en misant sur l'efficacité plus que un jeu léché pour aller loin. Le « tikitaka » à la barcelonaise n'est plus d'actualité et peut-être que c'est ce qu'il fallait à l'Espagne pour renouer avec son glorieux passé récent.

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