Tour de France/Mas : " J'avais peur à chaque virage "

Tour de France/Mas : " J'avais peur à chaque virage "©panoramic, Media365

Aurélie SACCHELLI, Media365, publié le jeudi 24 novembre 2022 à 10h47

Contraint d'abandonner le Tour de France en raison du covid, Enric Mas était presque soulagé de quitter la Grande Boucle, au vu du calvaire qu'il a vécu durant les descentes, comme il l'a confié à Cycling News.


Cinquième du Tour de France en 2020 et sixième en 2021, Enric Mas faisait logiquement figure d'outsider pour le Tour de de France 2022, mais le coureur espagnol n'a pas existé. L'Espagnol de 27 ans n'occupait que la onzième place, à 24 minutes de Jonas Vingegaard, au moment où il a dû abandonner en raison d'un test positif au covid au soir de la 18eme étape. Cependant, ce n'est pas le coronavirus qui était la cause de ses difficultés, mais sa peur des descentes. En effet, le coureur Movistar avait subi trois grosses chutes durant la première partie de la saison, et cela l'a traumatisé. « Le Tour de France ? Je préfère l'effacer de ma mémoire. Du début à la fin, c'était horrible, confie-t-il dans une interview à Cycling News. J'avais l'impression de faire du vélo pour la première fois. J'ai commencé à paniquer. J'avais peur à chaque virage. Les doutes s'insinuent dans votre tête puis prennent le dessus. Votre tête vous dit que vous devez freiner dans les virages que normalement vous prenez à 80 km/h. Le temps que je perdais est devenu secondaire pour moi. L'important était ma sécurité, car il y avait des moments où je pouvais à peine contrôler mon vélo. Quand j'ai abandonné, le Tour n'était presque plus pertinent pour moi. Je voulais finir et j'étais ennuyé de ne pas le faire, mais je pensais déjà à la Vuelta. »

La résurrection sur la Vuelta

La Vuelta, justement, il l'a terminée en deuxième position, derrière Remco Evenepoel ! Une performance qu'il doit au travail psychologique effectué pendant le mois de pause entre le Tour de France et le Tour d'Espagne, avec des spécialistes. « Après le Tour, j'ai déconnecté pendant quelques jours, puis je me suis mis au travail. Il y a eu un mois entre le Tour et la Vuelta et c'était un mois de travail acharné. Le psychologue et l'expert en descente, et mon entraîneur ont tous travaillé main dans la main et m'ont beaucoup aidé. A Andorre, où j'habite, il y a beaucoup de montagnes et chaque fois que vous montez, vous devez redescendre. Il s'agissait de répéter les descentes, puis de s'arrêter et regarder comment vous les avez parcourues, ce que vous avez bien fait et ce que vous avez mal fait. Puis remonter et recommencer. Lorsque vous perdez confiance en vous, vous devez la récupérer, et une grande partie de cela vient de la technique - comment aborder les virages, comment répartir votre poids. Petit à petit, nous avons renversé la situation. Je ne savais pas comment le covid allait me frapper, mais heureusement, j'ai bien récupéré et j'ai retrouvé l'une des meilleures formes de ma vie. Et sur la Vuelta, les descentes n'étaient plus un problème. » Sur sa lancée, Enric Mas a également terminé deuxième du Tour de Lombardie pour finir la saison. De quoi augurer de belles choses pour 2023 ?

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