Cet ancien pilote de F1 devenu moniteur d'auto-école

Cet ancien pilote de F1 devenu moniteur d'auto-école©Media365
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Paul Rouget : publié le mercredi 23 septembre 2020 à 11h12

Le Belge Philippe Adams, éphémère pilote de Formule 1 dans les années 90, a connu un parcours singulier. Et il est aujourd'hui moniteur d'auto-école. 

 

"Un long chemin de croix". A 50 ans, Philippe Adams, qui avait couru deux Grands Prix en 1994 avec Lotus, a connu une véritable descente aux enfers après l'arrêt de sa carrière de pilote. Fils d'un entrepreneur belge, il s'est retrouvé démuni quand l'entreprise familiale a connu de graves difficultés financières, ainsi que des ennuis avec le fisc qui ont conduit son père en prison. "Une pension alimentaire à payer, pas de boulot. Pour m'en sortir, j'ai vendu du savon en faisant du porte-à-porte. Mon frère m'a logé, blanchi, nourri pendant trois mois. J'ai ensuite trouvé un meilleur job : commercial dans une concession Seat. Les premiers mois, je n'avais pas de voiture de fonction. Je me levais à 5h00 du matin pour marcher une demi-heure vers la gare. Je fermais le garage à 19h00 et je faisais le chemin dans l'autre sens", raconte-t-il au Soir. 

250 000 euros pour courir 

Un métier dans lequel il a réussi à s'accomplir ("En 15 ans, j'ai vendu plus de 2 500 Seat neuves et 500 d'occasion"), avant de "retourner en classe avec (son) cartable et (ses) collations" à l'âge de 48 ans. "Pendant un an, à raison de 8 heures par jour et cinq jours par semaine, j'ai suivi, côté français, la formation d'enseignant à la conduite. J'avais dix examens à passer. Je les ai tous réussis. Avec ce diplôme, je peux faire des audits en entreprise pour analyser le comportement des employés qui roulent avec des véhicules de service. Cela va des excès de vitesse à l'éco-conduite en passant par le comportement au volant", poursuit-il, expliquant que "l'apprentissage de la conduite génère souvent beaucoup de stress chez les apprentis-conducteurs. Quand je leur dis que je suis un ancien pilote, que j'ai disputé deux Grands Prix en Formule 1, cela les rassure. Ils se sentent en sécurité. Je sors aussi du cadre strict : je leur donne des notions de trajectoire, de freinage d'urgence, d'anticipation pour moins consommer..." Il leur raconte aussi, peut-être, comment il a disputé ces deux Grand Prix, chez lui en Belgique puis au Portugal, et avait dû payer 250 000 euros pour pouvoir monter dans le baquet de la Lotus. Deux courses où il avait été contraint à l'abandon. "J'ai eu la chance d'avoir une carrière exceptionnelle en sport auto et je fais partie des rares privilégiés qui ont roulé en Formule 1", confie encore celui qui n'a aucun regret. 

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