Vicaut : "A force de se blesser, on en a marre"

Vicaut : "A force de se blesser, on en a marre"©Media365
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Thomas Siniecki, Media365 : publié le mardi 14 décembre 2021 à 16h00

La suite de la carrière de Jimmy Vicaut sera-t-elle enfin linéaire ? Le recordman de France du 100 m (9"86), pour ça, sait qu'il lui faut absolument arrêter de se blesser. De retour en Europe de manière définitive, il fait le point.



Jimmy Vicaut a démarré sa nouvelle vie à Padoue, en Italie, avec son coach Marco Airale. "C'était Paris 2024, il fallait que je me bouge le cul", résume-t-il sans ambages. Sur son passage aux Etats-Unis, l'ancien recordman d'Europe du 100 m (détrôné aux JO par l'Italien Marcell Jacobs en 9"80) en a au moins profité pour "passer le permis, sinon c'était une heure de bus, mais Adam Gemili logeait dans la même résidence et il a accepté tout de suite de m'emmener" : "On est devenus potes, c'est une crème. Au point que la deuxième année, on était en coloc."

"A force de craindre, je peux me mettre tout seul des bâtons dans les rues"

A 29 ans, il regrette sa saison difficile : "J'en étais presque à être content de faire une demi-finale aux Jeux et 10''07 en séries, alors que c'est pourri. Mais 2021 avait mal commencé, par un accident domestique bête au gros orteil qui m'a coûté la saison hivernale. Je n'ai fait que du vélo et de la muscu, j'ai charbonné, j'ai voulu rattraper le temps perdu et ç'a été une erreur. Je me suis blessé à l'ischio une semaine avant de reprendre..."


Et ces pépins physiques, qui ne cessent d'escorter le Français depuis le début de sa carrière, ça commence à le fatiguer... "J'en ai marre, c'est relou. A force de se blesser, on s'interroge, on doute, on en a marre, il n'y a plus de plaisir. Je sais que je suis fragile, mais je travaille dessus. Je constitue mon équipe, encadrement mental, médical, agent... Comme un écrivain qui s'attaque à un nouveau chapitre et se trouve devant une page blanche. Je vais tout faire pour trouver la bonne méthode (...) Le travail psychologique peut aussi être important : à force de craindre les blessures, je peux me mettre tout seul des bâtons dans les roues. Je sais que je peux passer un cap. A condition de créer toutes les conditions."

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