Top 14 : Les duels de la finale à la loupe

Top 14 : Les duels de la finale à la loupe©Media365

Faraj Benlahoucine, Media365 : publié le vendredi 24 juin 2022 à 10h45

La finale de Top 14 ce vendredi mettant aux prises Castres et Montpellier s'annonce équilibrée et par conséquent très indécise. Zoom sur les duels à suivre de près.



Quatre ans plus tard, Castres et Montpellier se retrouvent en finale du Top 14 ce vendredi. En 2018, le CO avait déjoué les pronostics en prenant l'ascendant sur une formation héraultaise donnée largement favorite (13-29). Cette année la donne est différente entre les deux premiers de la phase régulière dont les niveaux sont jugés sensiblement similaires. Mais alors dans quels secteurs cette finale se jouera-t-elle ? Tout d'abord mentalement. L'équipe la mieux préparée pour aborder cette guerre des nerfs bénéficiera d'un avantage considérable. Outre l'atmosphère particulière, le stade et la pelouse du Stade de France ainsi que le protocole relativement long d'avant-match peuvent perturber la préparation des acteurs.

Les statistiques

Révélatrices des forces et des faiblesses des équipes, les statistiques sont scrutées par toutes les écuries du championnat. Celles-ci s'avèrent être quasiment similaires dans tous les compartiments entre Castres et Montpellier. Les Tarnais affichent un taux de 86% de plaquages réussis contre 84% pour les Cistes. Ces deux équipes jouent sensiblement de la même manière avec 87% des ballons joués au pied et donc 13% négociés à la main côté CO tandis que les chiffres varient à peine à 89% et 11% au MHR. Au rayon de l'indiscipline et plus précisément des cartons, on recense exactement le même nombre de sanctions sur la seconde moitié de saison : 7 cartons jaunes et une expulsion. En revanche, Castres se détache dans la bataille des rucks avec 175 ballons confisqués à ses adversaires dans cette zone, soit le 2eme meilleur chiffre du Top 14 derrière Lyon. Une solidité à laquelle peut répliquer Montpellier grâce à un chiffre de seulement neuf mêlées perdues lors de 106 épreuves de force. A titre de comparaison, les hommes de Pierre-Henry Broncan ont perdu le double de munitions sur moins de mêlées disputées.

Le combat

Comme se plaisent à le répéter les anciens de ce sport, le rugby commence devant. Les prestations des talonneurs en particulier donneront un aperçu du penchant que prendra cette finale. L'ancien capitaine du XV de France, Guilhem Guirado à Montpellier, et le néo-international Gaëtan Barlot à Castres, sont les véritables baromètres de leur pack. Régulièrement efficaces quant aux tâches leur incombant, ces deux travailleurs de l'ombre montrent également l'exemple dans le jeu par leur participation on ne peut plus active. Un atout non négligeable lorsqu'il provient d'acteurs de 1ère ligne. A l'instar des deux piliers droits internationaux, Mohamed Haouas (MHR) et Wilfried Hounkpatin (CO). Un cran derrière dans la cage, la 2eme ligne présente là aussi des caractéristiques sensiblement similaires avec de la taille et un gros abattage en matière de plaquages, de ballons portés et d'implication dans les rucks. Le duo Vanverberghe-Staniforth livrera un sacré duel à la paire Verhaeghe-Chalureau.

La 3eme ligne et la charnière

Le capitaine Mathieu Babillot symbolise la philosophie laborieuse des Castrais tandis que ses compères de la 3eme ligne Nick Champion de Crespigny et Teariki Ben-Nicholas apportent de la mobilité aux Tarnais. En face, on relève des qualités encore semblables. Le capitaine Yacouba Camara dirige ses troupes en grande partie par un comportement irréprochable. Ses coéquipiers Zach Mercer et Alexandre Bécognée offrent quant à eux davantage de solutions sur la largeur du terrain. Le duel semble équilibré à tous les étages, y compris en charnière. Bien que 14 années séparent Benjamin Urdapilleta et l'international italien Paolo Garbisi, ces deux stratèges font preuve d'une gestion et d'une adresse à toute épreuve. Cependant, l'expérience de l'Argentin, titré en 2018 sous les ordres de Christophe Urios, pourrait valoir son pesant d'or.

La ligne arrière

Les deux clubs possèdent une association similaire au centre du terrain. Le numéro 12, plus physique et souvent sollicité pour créer des points de fixation en avançant dispose à ses côtés d'un puncheur recherchant davantage les intervalles. Les Castrais Vilimoni Botitu et Thomas Combezou feront ainsi face aux Montpelliérains Jan Serfontein et Geoffrey Doumayrou. A l'arrière, la longueur du jeu au pied de Julien Dumora, conjuguée à sa science de la relance, rivalisera avec le talent d'Anthony Bouthier. Deux des tous meilleurs numéros 15 du championnat. Enfin, il faut s'éloigner jusqu'aux ailes pour trouver une grande différence entre les acteurs de cette finale. Le gabarit de Filipo Nakosi (1m82, 108kg) et sa puissance contrastent avec Arthur Vincent. Trois-quarts centre de métier, il a retrouvé la compétition au début du mois de juin après huit mois d'absence. Fiable tant en défense que sur le plan offensif, cet international tricolore livrera une belle opposition de style à l'imposant fidjien. Malgré tous ces éléments, bien malin celui qui peut prédire la prochaine destination du Bouclier de Brennus.

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