Tsimanouskaya révèle sa fuite du Japon pour la Pologne

Tsimanouskaya révèle sa fuite du Japon pour la Pologne©Media365
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Clément Pédron, Media365 : publié le samedi 14 août 2021 à 17h07

La Biélorusse Krystina Tsimanouskaya, qui a dû quitter le Japon lors des Jeux d'été sous escorte policière car elle se sentait menacée, a depuis retrouvé la paix en Pologne où elle est exilée politique. Elle raconte ses dernières heures à Tokyo.


C'est depuis un fauteuil impression cuir, devant les drapeaux de l'Union Européenne et de la Pologne, que Krystina Tsimanouskaya a donné une première interview cette semaine à l'AFP. Le visage est apaisé, on y distingue presque un sourire d'ailleurs. T-shirt mauve enfilé sur elle, la Biélorusse s'est rappelée à ses mauvais souvenirs de Tokyo lors des Jeux d'été où la sprinteuse a quitté le pays du Soleil levant avec l'assistance de police locale pour fuir les menaces qui pesaient sur elle de la part de son propre pays. Sur les vidéos postées sur les réseaux sociaux, on voit la jeune femme demander de l'aide sans pour autant comprendre ce qu'il se passe. Krystina Tsimanouskaya raconte : « Ils n'ont d'abord pas compris ce qui m'arrivait. Ils pensaient que j'étais mal en point ou que j'avais perdu quelque chose. Et puis j'ai écrit que j'étais emmenée de force hors du pays et que je ne voulais pas que cela arrive. » Peu avant ce moment, au bout de son téléphone, sa grand-mère lui conseille de ne surtout pas rentrer au Bélarus. Ne sachant pas parler le japonais, l'athlète parvient à faire comprendre aux personnes présentes à l'aéroport l'urgence de la situation grâce à une application de traduction sur son portable. « Je pense que je me sentais déjà en sécurité à l'aéroport lorsque j'étais avec la police. J'ai réalisé qu'elle me protégeait et que ma vie n'était pas en danger. J'étais constamment escortée, je me sentais nerveuse et parfois mes mains tremblaient, mais je ne dirais pas que je me sentais en danger. Le seul endroit qui ne serait pas sûr pour moi est la Biélorussie. »

Un retour au Bélarus ?

Face à la médiatisation de l'affaire, plusieurs options s'offrent à Krystina Tsimanouskaya. Parmi elles, la Pologne lui confère l'exil politique pour la protéger, ce qu'elle accepte : « La vie a changé en un jour, et maintenant nous recommençons à zéro dans un nouveau pays, explique t-elle, en parlant avec son mari, Arseni Zdanevich, à ses côtés. ​Nous avons l'intention de rester en Pologne et de poursuivre nos carrières ici. Nous nous sommes tournés vers le ministère des Sports, vers l'équipe nationale d'athlétisme polonaise, avec des questions concernant un entraîneur, un groupe et un lieu où je peux m'entraîner et bien d'autres questions concernant la poursuite de ma carrière sportive ici en Pologne. » Si tout va pour le mieux maintenant pour la sprinteuse, elle croise les doigts, même en cachette, pour revenir un jour au Bélarus, son pays. « J'espère qu'un jour viendra bientôt où le Bélarus sera libre et où les gens auront la liberté d'expression. »

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