En 2021, mention très bien pour le Stade Toulousain

En 2021, mention très bien pour le Stade Toulousain©Panoramic, Media365
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Thomas Siniecki, Media365 : publié le vendredi 18 février 2022 à 20h13

Toulouse a réussi l'an passé le deuxième doublé de son histoire, après 1996 où le plus grand club français et européen de l'histoire s'était imposé à la fois en Top 14 et en Champions Cup. Forcément inspirant pour la suite en 2022.


Top 14

Il n'y avait presque rien à faire la saison dernière face au Stade Toulousain. Mais il a fallu tout de même monter en régime pour les hommes d'Ugo Mola : après une défaite à Clermont en ouverture du championnat (33-30), puis une autre à la maison contre le LOU (7-16), une gifle sur le terrain du Stade Français (48-14) venait faire retomber les Haut-Garonnais de la première à la troisième place, puis à la quatrième avec un nul dans la foulée face à Castres (16-16) lors de la huitième journée. Quelque victoires spectaculaires ont alors commencé à dessiner les contours de la machine toulousaine retrouvée, comme ces 63-18 et 59-0 infligés au pauvre Agen en moins de deux mois (dixième journée à domicile, 19eme journée à l'extérieur).

En fin de saison, une malheureuse série de trois défaites en quatre matchs, de la 21eme à la 24eme journée - 26-24 à Castres, 44-10 à Toulon, 32-28 à domicile contre Bayonne - n'empêche pas Toulouse de ne jamais lâcher sa première place, bénéficiant du matelas joliment acquis auparavant. L'ultime revers contre les Basques a peut-être été un mal pour un bien, alors qu'il s'agissait de la dernière rencontre avant la finale de Coupe d'Europe. "On n'a pas répondu aux attentes, on n'a pas répondu présent", se lamentait François Cros. Mais Mola avait pu se permettre de procéder à une revue d'effectif. Ce ne sera plus le cas ensuite, particulièrement pas en demi-finales face à l'UBB (24-21), au stade Pierre-Mauroy. Et encore moins, bien sûr, une semaine plus tard.

Le 25 juin, pour la grande conclusion de la saison au Stade de France, le Stade Toulousain retrouve alors La Rochelle pour un remake de la finale européenne. Thomas Ramos doit remplacer à l'ouverture Romain Ntamack, littéralement séché contre l'UBB et incapable de se remettre à temps. Pas le match idéal pour qu'Antoine Dupont fasse étalage de toute sa classe, mais Thomas Ramos fait le boulot en passant quinze points au pied. En face, les Rochelais ne sauvent l'honneur qu'en toute fin de match en inscrivant le seul essai de la partie, bien trop tard et qui ne leur a permis de revenir qu'à dix longueurs (18-8). Le monument du rugby hexagonal décroche son 21eme Brennus. "On n'imaginait pas cette saison, un enfer avec le Covid et les blessures, on a atteint des records en termes de fractures et d'opérations", synthétise Mola. Tel devait être le rugby en 2021.

Champions Cup

Eliminés en demi-finales de l'édition 2020 alors que le Top 14 avait déjà repris, sur le terrain d'Exeter (28-18), les Toulousains ont eu l'excellente idée de remporter le premier match de leur campagne 2021, en décembre chez l'Ulster (22-29). Car ensuite, à l'image de ces dernières semaines en 2022, de trop nombreux duels ont été annulés. La victoire sur tapis vert contre Exeter (28-0) n'a pas fait de mal, avant de pouvoir reprendre en avril dans le vif du sujet, en huitièmes de finale sur la pelouse du Munster. Peut-être la prestation la plus spectaculaire du Stade, pour une victoire 40-33 portée notamment par un doublé d'Antoine Dupont dans le dernier quart d'heure. Matthis Lebel explose aussi au grand jour.


A partir des quarts de finale, l'Europe se résumera à la France pour Toulouse. D'abord Clermont, maîtrisé dans son antre de Michelin (12-21) dans un match sans essai, où Romain Ntamack passe sept pénalités. Et puis, s'il fallait s'appeler le LOU pour être l'unique bête noire du champion (deux victoires en deux matchs en Top 14), il ne fallait à l'inverse n'être ni l'UBB, ni La Rochelle. Exactement comme ce sera le cas un mois après en Top 14, le futur champion écarte les Aquitains en demies (21-9) avant de défaire La Rochelle (22-17) lors d'une première finale à Twickenham. Après Bordeaux-Bègles, Mola admet avoir été particulièrement inquiet : "On a voulu marquer très vite, on s'est précipités." L'écart final ne trahit que mal la tension durant 70 minutes, Antoine Dupont n'inscrivant l'essai libérateur qu'à la 71eme.

En finale, Romain Ntamack est encore le grand bonhomme du triomphe avec 17 points passés au pied. C'est le cinquième titre continental du club, là aussi un record (comme en Top 14). Mola avait remporté le premier en tant que joueur, avec le papa Emile Ntamack, en 1996 : "L'émotion est réelle. Il y a beaucoup de travail et de remise en question. Mais le sport de haut niveau ne partage pas, on n'a pas partagé. J'ai eu la chance de gagner un deuxième titre avec cette génération." Pour Lebel, "c'est dur de réaliser, on marque une page du club et une page de l'histoire de la Coupe d'Europe". Contrairement au championnat de France, Toulouse n'a jamais réussi à conserver sa couronne européenne d'une saison sur l'autre. Le pari est naturellement lancé : rendez-vous dès les 10 et 17 avril en huitièmes de finale, pour la première fois en aller-retour, face à l'Ulster.

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