Droits TV : Roures revient sur l'échec de Mediapro

Droits TV : Roures revient sur l'échec de Mediapro©Media365
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Guillaume MARION, Media365 : publié le jeudi 16 septembre 2021 à 14h10

Entendu ce jeudi par l'Assemblée Nationale, Jaume Roures, le président de Mediapro, s'est expliqué sur l'échec de la chaîne Téléfoot, qui avait frappé fort lors de l'appel d'offres en 2018 sur les droits de la Ligue 1 et de la Ligue 2.



Après l'échec de Mediapro, place aux explications. Ce jeudi, interrogé à l'Assemblée Nationale, Jaume Roures, le président du groupe audiovisuel qui détenait une grande partie des droits de la Ligue 1 et de la Ligue 2 sur la période 2020-24, est revenu sur ce fiasco pour le football français. « On avait bâti un business plan sur quatre saisons. On savait qu'on allait perdre de l'argent la première année... et gagner de l'argent ensuite. On savait qu'on n'aurait pas trois millions d'abonnés comme ça. Notre objectif n'était pas de piquer des abonnés à Canal+ ou à d'autres mais que la chaîne soit chez Canal+ et chez d'autres opérateurs. (...) Regardez l'attitude de Canal vis-à-vis de la Ligue après notre départ. Cela a été une pression insupportable avec des offres fantômes... avant de serrer le nœud pour avoir le meilleur prix... et cela a fini avec 250 millions d'euros par saison pour Amazon. Et quelle a été la réaction de Canal à ce moment-là ? Celle d'un enfant gâté : je suis fâché et je lâche le foot. (...) Si la LFP a choisi Amazon, ce n'est pas seulement pour la solidité financière, mais aussi pour pouvoir exister et ne pas être tout le temps soumise à leurs caprices », a notamment lancé le Catalan.

« Au lieu d'avoir une Ferrari, il aurait eu une Maserati »

« On n'a pas jeté l'éponge, on n'a pas pu négocier avec la Ligue. C'est ça que vous ne prenez pas en compte. Tout le monde a pu négocier avec les Ligues du monde entier à ce moment-là, sauf nous avec la LFP. Quand on s'est assis, on a demandé un rabais de 200 millions : sept millions par club de L1 et trois millions par club de L2. Cela veut dire qu'un joueur, au lieu d'avoir une Ferrari, aurait eu une Maserati. On nous a empêchés de négocier alors qu'on a fait des propositions, comme élargir le contrat à six ans, en y incluant Canal, a également expliqué Roures, dans des propos repris par L'Equipe. Et les 200 millions, c'était seulement pendant la période de Covid. Mais ça n'a pas été possible et on est allé à la conciliation. Cela n'a pas été possible en raison de l'ambiance médiatique autour de nous et aussi parce qu'il y avait une offre parallèle de Canal selon L'Équipe... Il n'a pas été possible de négocier sinon on serait là. Notre offre dégradée de 200 millions arrivait autour de 600 millions (par saison) et cela a finalement été vendu 250 millions à Amazon. »

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