Que deviens-tu, Steven Nzonzi ?

Thomas Siniecki, Media365 : publié le mercredi 21 décembre 2022 à 16h49

Sans contestation possible, il est le champion du monde 2018 qui est le plus retombé dans l'anonymat. Plus encore qu'Alphonse Areola, encore présent dans le groupe en 2022, Steven Nzonzi s'est fait oublier du côté du... Qatar.

Steven Nzonzi, c'était un peu le Randal Kolo Muani de 2018... le titre en plus. A l'image aussi d'un Alou Diarra en 2006, le grand milieu défensif était entré sans être spécialement programmé pour, au coeur d'une finale de Coupe du Monde. Dès le début de seconde période, il avait remplacé N'Golo Kanté (malade) et s'en était magnifiquement tiré, à un moment où les Bleus ne menaient encore que 2-1. Appelé pour la dernière fois par Didier Deschamps il y a deux ans, lors des matchs de novembre 2020 qui avaient qualifié l'équipe de France pour leur futur Final Four victorieux en Ligue des Nations (il avait disputé treize minutes contre la Suède, une victoire 4-2), il était prêté à l'époque par la Roma à Rennes après six mois au Galatasaray puis une première saison à Rome, dans la foulée de ses trois ans à Séville qui l'ont amené jusqu'à ce Mondial 2018.

"C'est beaucoup de paraître, ça manque de sincérité"

A l'été 2021, Nzonzi avait été libéré par l'AS Rome, direction Al Rayyan au Qatar où il enchaîne donc une deuxième saison pour le moins difficile. S'il est titulaire indiscutable, le Français est solidement accroché avec ses coéquipiers à la lanterne rouge, avec seulement un petit point en sept matchs. Pour le plus gros budget du pays, ça fait tache... Le championnat s'est arrêté mi-octobre, afin de laisser les internationaux locaux se préparer pour leur Coupe du Monde à domicile, et reprendra dans deux semaines. Laurent Blanc avait joué un rôle important dans sa venue, mais l'entraîneur de l'OL n'était pas resté longtemps.

"J'arrive à un moment de ma carrière où j'avais envie de découvrir une nouvelle expérience, justifiait Nzonzi en mars, pour Ouest-France. J'avance dans l'âge, et même si je me sens encore bien physiquement, on sort d'une période difficile avec le Covid qui a réduit les opportunités. Je suis bien physiquement et je ne suis pas venu pour passer des vacances. Ce n'est pas dans ma mentalité. Je me donne toujours à fond, je suis d'ailleurs de plus en plus professionnel dans mon approche des choses. Je reste un compétiteur. Peu importe l'endroit, il n'y a jamais de championnat facile."


Il reconnaît que le regard a inévitablement changé sur lui lorsqu'il est devenu champion du monde, mais Nzonzi est discret et n'a rien pu y changer : "J'aime bien être dans mon coin. C'est ma personnalité. Je n'ai fait du foot que pour ce qu'il se passe sur le terrain. C'est ma passion. Après, je sais que ça fait partie du métier. Il faut se mettre en avant sur les réseaux, montrer aux supporters qu'on existe. C'est aussi beaucoup de paraître, ça manque souvent de sincérité. Moi, je me concentre sur ce que je sais bien faire et c'est jouer." Joint par L'Equipe après la victoire des Bleus contre le Danemark (2-1), il se montrait enfin prémonitoire et fin connaisseur : "Tout me semble positif pour qu'ils aillent au bout."

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