Moto GP : La rédemption de Zarco

Moto GP : La rédemption de Zarco©Media365
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Clément Pédron, publié le jeudi 31 décembre 2020 à 16h14

Johann Zarco a vécu globalement une belle saison en 2020, terminant à une 13eme place correcte. Au bord de la retraite en 2019, il a réussi son pari de concourir l'an prochain et qui plus est, avec une meilleure moto.


Il fallait avoir du cran pour croire, à l'époque, que Johann Zarco trouverait un guidon pour 2020 voire 2021. En toute honnêteté, ils sont peu à mettre dans cette catégorie. Double champion du monde en Moto 2, le Cannois de 30 ans, a tenté l'incroyable expérience, en 2019 après deux ans chez Tech3, de rouler pour Red Bull KTM Factory Racing, un nom aussi long que le temps qui lui a fallu pour appréhender la monture. Auréolé du statut de pilote leader et d'un contrat de deux ans, le Français a lancé les hostilités avec l'écurie autrichienne mais le mariage tant attendu a très vite fait pschitt. Grand Prix après Grand Prix, Johann Zarco ne parvient pas à s'adapter à sa machine et ce, malgré les nombreux et intempestifs changements donnés à sa KTM. Sur la piste, il erre avec sa moto, donnant l'impression de ne pas jouer dans la même cour. Sans oublier les chutes, nombreuses en 2019 (17 au total). Une fois la course terminée, Zarco ne ménage pas sa peine au micro. Il ne cache aucune émotion ni son agacement, et n'hésite pas à fustiger publiquement et presque à chaque rendez-vous dominical, sa moto. Ajoutez à cela, une absence de résultats pour le pilote français et les deux parties signent d'un commun accord, l'arrêt de leur collaboration après le Grand Prix d'Autriche, le 17 septembre 2019. « Je suis plutôt content d'avoir pris cette décision, car il le fallait, racontait à l'époque le Français. J'ai passé une bonne semaine à la maison, je n'étais pas trop occupé. Bien sûr, je prends un risque car, pour le moment, je ne pourrai pas courir en MotoGP l'année prochaine. Mais au moins une charge est tombée de mes épaules. La chose la plus importante à mes yeux est que je me sente en accord avec moi-même. »

La pige LCR, signature avec Ducati Avincia

Sans guidon jusqu'à la fin de la saison, Johann Zarco n'a que ses yeux pour pleurer mais il ne s'est jamais détourné de cette décision. Finalement, un (petit) coup de pouce du destin lui permet de garder ce lien avec le monde très fermé du Moto GP et surtout, de montrer qu'il n'est pas « mort » après sa rupture avec KTM. Un mois plus tard, Takaaki Nagami, le pilote du Team Honda LCR, doit se faire opérer. Le n°5 est appelé à la rescousse pour représenter l'écurie, le temps des trois derniers Grands Prix. On m'a dit de ne me faire aucune illusion, prévient le Français à l'Équipe au moment de reprendre la compétition. On ne m'a pas appelé pour que je gagne les derniers Grands Prix de la saison. On m'a proposé ce guidon parce que je suis disponible. De mon côté, j'espère juste retrouver de bonnes sensations. Et si je n'arrive pas à exploiter le matériel que l'on va me confier, et bien cela voudra dire que je n'ai pas ma place en MotoGP. On me donne trois courses, on me donne une chance et je compte bien la vivre à fond. J'ai pris un risque en décidant de quitter KTM, je ne vais pas me débiner maintenant qu'on me tend une perche. Je sais qu'il y a quelque chose à aller chercher, à moi d'être à la hauteur. » Une belle 13eme place et deux abandons plus tard, sur une Honda RC213V difficile à manœuvrer, Johann Zarco annonce finalement qu'il signe chez Ducati, avec le team indépendant Avincia, habitué aux dernières places du classement.

Des performances en 2020

Malgré la perspective d'évoluer sur une, si ce n'est la pire moto du plateau, le Français est aux anges en 2020. Le Cannois a réussi à rebondir après son échec cuisant chez KTM et n'a pas perdu le contact avec le championnat après sa pige avec LCR. Mais il sait que, plus que tout le monde, il y a plus à aller chercher pour la prochaine saison. « Mon objectif 2020 est de ne pas figurer au-delà de la 10eme place, voire top-7, et d'intégrer le team officiel en 2021 », assurait le pilote. Déterminé, assoiffé de sensations et désireux de se montrer enfin sous son meilleur angle, Zarco met les bouchées doubles lors des tests de pré-saison et dès l'entame de l'exercice 2020. 11eme puis 9eme aux deux premières manches organisées successivement sur le circuit de Jerez, le Français arrive « pleine balle » à Brno en République Tchèque. Tout le monde a les yeux rivés sur l'autre tricolore, Fabio Quartararo vainqueur en Espagne, et laisse de côté Zarco. À tord puisqu'il signe lors de ce week-end, la pole position. Incroyable au regard des performances de la moto. Et si au final, le double champion du monde moto 2 termine 3eme de ce Grand Prix, il est parvenu à redorer son blason.

Une récompense en 2021

Malgré quelques bourdes par-ci par-là, le pilote a réussi une belle saison dans l'ensemble. D'autant que du côté du team usine Ducati, on s'apprête à remplacer Danilo Petrucci et Andrea Dovizioso. Finalement, le premier guidon est attribué à Jack Miller et l'écurie a deux noms pour une dernière place : Francesco Bagnaia (Pramac Racing) et Johann Zarco. Finalement, la place revient au premier mais le Français n'a pas à rougir de cette promotion chez Pramac Racing. C'est un team solide et surtout, contrairement à l'an passé chez Avincia, le pilote cannois roulera avec la Ducati dernier cri. « Honnêtement, je ne connais pas la différence entre les deux motos, avoue Zarco. Je sais que tous les curseurs seront un peu plus poussés vers le maximum, ce qui me permettra de faire des podiums et pourquoi pas jouer la victoire. Pour ma part, c'est un pari gagné parce que ça continue pour 2021. Ce sera toujours avec le même moteur avec cette belle équipe Pramac qui m'attend les bras ouverts. J'ai rattrapé le temps perdu. »

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