Hamilton, le septième larron

Lewis Hamilton a livré une bataille de stratégie avec Alonso. (Reuters)

Lewis Hamilton a livré une bataille de stratégie avec Alonso. (Reuters)

Septième Grand Prix de la saison... et septième vainqueur différent. A l'issue d'un beau duel avec Sebastian Vettel et Fernando Alonso, Lewis Hamilton a remporté ce dimanche le GP du Canada. Le Britannique devance sur la ligne le Français Romain Grosjean, qui, grâce à des choix stratégiques payants, signe son deuxième podium de la saison.

A qui le tour ? La célèbre publicité pour la loterie nationale s’applique à merveille à cette saison 2012 de Formule 1. A chaque Grand Prix son vainqueur ! Ce dimanche à Montréal, c’est Lewis Hamilton qui a vu le premier le drapeau à damiers, devenant le septième pilote vainqueur d’un Grand Prix cette saison après Button, Alonso, Rosberg, Vettel, Maldonado et Webber. C’est évidemment un record mais cela montre surtout l’extrême homogénéité du plateau et l’infime marge qui sépare une course parfaite d’un raté malheureux. La faute aux pneus évidemment puisque ces gommes 2012 demeurent un trouble-fête perpétuel, forçant les ingénieurs à se creuser les méninges pour définir la stratégie victorieuse.

A ce titre, comme attendu, le Grand Prix du Canada a été un modèle du genre. Tracé ancien de la Formule 1, le circuit Gilles-Villeneuve présente une succession de gros freinages. Exigeant pour les disques (HRT en ayant fait les frais en devant abandonner) mais aussi pour les pneus qui se dégradent vite et surtout d’un coup, surprenant le malheureux intrépide qui tentait de reporter son passage au stand. Le départ ayant été prudent pour tous, le rythme hausse avant la première valse d’arrêt. Bien parti au volant d’une McLaren encore performante au Canada, Lewis Hamilton enquille les tours rapides et prend les commandes devant Vettel. Imparable malgré une petite frayeur d’un calage manqué de justesse lors de son dernier passage au stand.

Grosjean, un relais de 50 tours pour un deuxième podium !

Cette fois, tout s’est avéré parfait pour le Britannique qui a imprimé un rythme d’enfer en piste sitôt les pneus changés et conclu par une bonne gestion dans les derniers tours. Pas le cas d’Alonso et Vettel, longtemps ses concurrents les mieux armés pour la victoire. Partis sur une stratégie décalée, les deux doubles champions du monde (2005 et 2006 pour l’Espagnol, 2010 et 2011 pour l’Allemand) ont vus leurs pneus s’écrouler à l’aube des dix derniers tours. Perdant secondes après secondes, les deux hommes ont dû se résoudre à baisser les armes, Vettel choisissant de repasser par la voie des stands à huit tours du but pour finir en trombe et sauver les points de la quatrième place devant Alonso !

Leurs ratés profitent à un Romain Grosjean opportuniste et parfaitement placé. Le Français a choisi l’audace avec une stratégie à un arrêt impliquant un relais de 50 tours en pneus prime ! Pari payant et presque gagnant puisque le champion GP2 a su profiter de la bonne tenue de sa Lotus, économe en gommes, pour s’offrir le scalp d’Alonso et Vettel et finir dans le souffle d’Hamilton. Sa deuxième place, dans le sillage de sa troisième position à Sakhir, est son deuxième podium cette saison et sa meilleure performance en F1. Également en vue en début de saison, mais c’était en Malaisie, le Mexicain Sergio Perez prend cette fois la troisième place, la nouvelle illustration d’une saison étonnante mais passionnante. Au classement du championnat, Alonso, Vettel et Webber sont d’ailleurs regroupés en trois points alors qu'Hamilton revient à dix points. Rendez-vous à Valence dans deux semaines. Pour le grand huit ?

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