Connors, le premier maître de l'US Open

Connors, le premier maître de l'US Open©Media365
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Thomas Siniecki, Media365 : publié le vendredi 09 septembre 2022 à 22h24

Avant Pete Sampras, qui l'a rejoint avec cinq victoires à l'US Open, Jimmy Connors - 70 ans depuis une semaine - a été le premier Américain recordman de titres (dans l'ère Open) lors de ses Internationaux. Retour sur le lien si spécial qui l'unit à New York.


1974

Quand Jimmy Connors se présente en finale face à Ken Rosewall, l'Américain a le couteau entre les dents, et pour cause : vainqueur en Australie et à Wimbledon, il venait d'être privé de participation à Roland-Garros à cause d'un veto de Philippe Chatrier, le président de la Fédération française, en guerre avec les joueurs américains dont certains privilégiaient parfois des exhibitions à la place du tournoi parisien.

Jimmy Connors passe ses nerfs sur Rosewall, littéralement balayé au cours de la finale la plus écrasante de l'histoire (6-1, 6-0, 6-1) en seulement 1h18' de jeu. L'Australien a bien fait ses 39 ans, qui le consacrent alors comme finaliste le plus âgé lors d'un tournoi du Grand Chelem. C'est aussi la dernière finale sur gazon à l'US Open, qui se déroule encore à Forest Hills en attendant son déménagement tout proche.

1976

Devenu en 1974 le premier joueur à remporter trois tournois du Grand Chelem différents mais disputés sur la même surface (puisque l'Open d'Australie avait aussi lieu sur herbe), Jimmy Connors est encore finaliste en 1975 pour le passage sur la terre battue verte - dite américaine -, également disponible à Forrest Hills et qui correspond mieux aux nouvelles exigences télévisuelles.

Il s'incline en trois sets contre l'Espagnol Manuel Orantes (6-4, 6-3, 6-3) mais se venge dès la saison suivante contre un autre spécialiste de la surface, et non des moindres : Björn Borg est en effet sa victime en quatre sets, au sortir d'un joli combat marqué notamment par un formidable tie-break gagné 11-9 pour conclure la troisième manche, tournant de cette rencontre (6-4, 3-6, 7-6, 6-4). Plus que jamais n°1 mondial, "Jimbo" glane son quatrième titre majeur.

1978

A nouveau finaliste en 1977 pour la dernière édition tenue à Forrest Hills, battu par Guillermo Vilas en quatre manches (2-6, 6-3, 7-6, 6-0), c'est lui qui perd cette fois un tie-break charnière à l'issue du troisième set et finit par faire le coup de poing face à des spectateurs ayant envahi le stade pour porter en triomphe le vainqueur, alors que Jimmy Connors s'apprêtait à servir tant il était certain de récupérer le point sur la balle de match qu'il avait vue dehors.

Mais pour la cinquième fois d'affilée, il jouera le titre la saison suivante à l'occasion de la grande arrivée vers Flushing Meadows et ses courts en dur, à peine plus au nord dans le Queens (l'arrondissement le plus grand de New York, à l'est de la ville). Comme en 1976, où il mit fin à une série de trois défaites de rang en finales des tournois du Grand Chelem, il stoppe le même enchaînement en s'offrant une nouvelle fois Björn Borg, de manière bien plus aisée que deux ans plus tôt (6-4, 6-2, 6-2).


1982

Là où Jimmy Connors avait su répondre de merveilleuse manière à Björn Borg, qui lui avait infligé deux défaites successives en finale à Wimbledon en 1977 puis en 1978, l'Américain doit ensuite renaître de ses cendres contre un certain John McEnroe, jeune adversaire local déjà monté très haut en ce début des années 1980 et qui lui a clairement volé la vedette au fur et à mesure des années.

Battant enfin son compatriote à Wimbledon, alors que celui-ci lui avait barré la route plusieurs saisons de rang - et particulièrement à l'US Open - ainsi que Björn Borg, c'est contre Ivan Lendl que Jimmy Connors réenclenche finalement la machine à New York et récupère du même coup la place de n°1 mondial, en s'offrant le Tchécoslovaque en quatre sets (6-3, 6-2, 4-6, 6-4). C'est son septième titre du Grand Chelem et le quatrième à domicile.

1983

Le huitième et dernier arrivera l'année suivante, dans une répétition parfaite face au même Ivan Lendl, qui parvient à grappiller un set mais prend un 6-0 dans la dernière manche (6-3, 6-7, 7-5, 6-0) après un troisième set là encore décisif dans le scénario. A tout juste 31 ans, il n'atteindra plus jamais la finale de l'US Open, ce qui ne l'empêchera pas d'y connaître encore quelques parcours homériques jusqu'en demi-finales : en 1984 contre John McEnroe, en 1985 et 1987 contre Ivan Lendl qui prend sa revanche, et même en 1991 devant Jim Courier alors qu'il affiche 39 ans au compteur.

"Le bruit était incroyable, 20 000 personnes qui font le bruit de 60 000... C'est ce que le tennis essaie de faire depuis le tout début, comme le hockey, le baseball, le football ou le basket : provoquer ce genre de réaction." Qui de mieux pour y parvenir que Jimmy Connors, toujours prophète en son pays après quasiment deux décennies de carrière au plus haut niveau ?

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