Arkéa Samsic : Le ras-le-bol de Bouhanni, victime d'insultes racistes

Arkéa Samsic : Le ras-le-bol de Bouhanni, victime d'insultes racistes©Media365
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Guillaume MARION, publié le mardi 06 avril 2021 à 11h50

Victime de nombreuses insultes racistes sur les réseaux sociaux depuis son sprint polémique de Cholet-Pays-de-Loire, Nacer Bouhanni, le sprinteur d'Arkéa Samsic, a exprimé son ras-le-bol par rapport à cette situation, lors d'un entretien à L'Equipe.

Comme il le dit, là, « c'est la goutte d'eau. » Victime d'insultes racistes depuis de nombreuses années, Nacer Bouhanni a décidé de s'exprimer sur le sujet. « Ça fait un moment que ça dure, mais là c'est la goutte d'eau. Ça fait déjà huit jours que je reçois des centaines de messages, ça tourne au harcèlement, donc il y en a ras-le-bol. Depuis le sprint à Cholet, c'est incessant. ça devient insupportable. Ça fait 25 ans que je suis dans le cyclisme et depuis petit, j'ai fait face à des choses... (...) Je me suis toujours tu. Je ne suis pas quelqu'un qui se fait passer pour une victime, ça reste tabou de parler de ces choses-là. Comment expliquer ? Si on en parle, les gens vont dire qu'on se victimise, mais moi ça fait 25 ans que je le subis, mais là c'est beaucoup trop », a-t-il notamment déclaré à L'Equipe.


« Je suis né en France, j'aime mon pays »

« C'est pas facile de parler de ces choses-là. Pour que ça me retombe encore dessus... Je ne suis quand même pas le seul à voir ce qui se passe sur les réseaux sociaux. Pourquoi personne ne fait rien quand ce genre de personnes immondes m'envoient en permanence des "cochon" ou des "terroriste", "retourne dans ton pays sale maghrébin" ? Je suis né en France, j'aime mon pays, j'ai été champion de France à 21 ans, ça a été un des plus beaux moments de ma carrière quand j'étais sur le podium avec La Marseillaise, c'est quand même triste de lire tout ça, qu'on veut que je finisse en prison, a également expliqué le sprinteur d'Arkéa Samsic. Parfois, on me dit que je suis quelqu'un qui ne rigole pas trop, mais c'est parce que je me suis forgé une carapace pour me protéger de tout ça. »

« Si ça continue, je vais arrêter le vélo... »

« Mon père ? je lui ai dit, si ça continue, je vais arrêter le vélo de merde. Il a compris, parce que je l'ai bien regardé dans les yeux, et il me connaît. J'ai même dit "ton" vélo de merde. J'ai dit à mon manager (Emmanuel Hubert) que je n'en pouvais plus, que psychologiquement je ne pouvais pas aller à la Roue tourangelle parce que je venais de me disputer avec mon père. Parce que pour mon père, faut que j'aille au charbon, il dit que ça va aller, tout le temps positif, même quand ça ne va pas. Mais quand la marmite est pleine, à un moment, ça pète. Ça m'a blessé d'en venir à me disputer avec mon père pour le cyclisme. Je me prends la tête avec mon père qui veut mon bien, qui m'a toujours protégé, j'en suis arrivé là. Et on s'engueule à cause du cyclisme, qui est ma passion depuis tout petit », a fini par confié Bouhanni, au quotidien sportif français.

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