MotoGP : Après une saison pleine de maturité, un titre mondial logique pour Fabio Quartararo

MotoGP : Après une saison pleine de maturité, un titre mondial logique pour Fabio Quartararo©Panoramic, Media365
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Mathieu WARNIER, Media365, publié le dimanche 24 octobre 2021 à 16h15

Après deux premières saisons en catégorie-reine durant lesquelles il a beaucoup appris, Fabio Quartararo a su tout mettre bout-à-bout pour aller chercher le premier titre mondial d'un Français en MotoGP.



Ne l'appelez plus « El Diablo » mais... Monsieur le champion du monde ! Alors que la France a eu des champions dans bon nombre de catégories en moto, jamais l'Hexagone avait pu célébrer un titre dans la catégorie reine en 72 ans. Patrick Pons avait ouvert la voie en 750cc en 1979, suivi par Jean-Louis Tournadre, qui l'avait en emporté en 250cc en 1982, puis par Christian Sarron en 1984 et Olivier Jacque en 2000 dans la même catégorie. Arnaud Vincent en 2002 puis Mike di Meglio en 2008 en 125cc ont pris la suite avant que Johann Zarco ne domine le Moto2 en 2015 et 2016. Mais Fabio Quartararo a marqué l'histoire de la moto française et du sport français au sortir du Grand Prix d'Emilie-Romagne. Un titre de champion du monde qui, après deux premières saisons dans la catégorie-reine marquées par une progression quasiment linéaire, avait tout d'une évidence même s'il avait affirmé que ça serait conclu à Portimão et pas à Misano. Pour les débuts du Français en MotoGP en 2019, Marc Marquez a retardé l'échéance de la première victoire avant qu'un manque d'expérience et presque de maturité l'empêche de viser le titre en 2020. Remplaçant de Valentino Rossi au sein de l'écurie officielle Yamaha, Fabio Quartararo a totalement justifié la confiance mise en lui par Lin Jarvis et ses dirigeants. S'il a commencé cette saison 2021 de manière modeste avec une cinquième place pour le Grand Prix du Qatar, « El Diablo » a tapé du poing sur la table dès la deuxième manche disputée au Moyen-Orient. Auteur d'une remontée fantastique depuis la neuvième place, Fabio Quartararo est allé chercher la première de ses cinq victoires devant son compatriote Johann Zarco et Jorge Martin.

Le syndrome des loges, seule véritable frayeur pour Quartararo

Un état de grâce que le Tricolore a confirmé lors du Grand Prix du Portugal avant ce qui aurait pu être un frein dans ses ambitions. Dominateur à Jérez de la Frontera, les douleurs liées à un syndrome des loges l'ont privé d'un troisième succès de suite mais sans l'empêcher de terminer dans les points, une constance et une régularité dans la performance qui a été la clé du titre mondial, à l'image de Joan Mir l'an passé. Toutefois, Fabio Quartararo a une seule faiblesse... la pluie. Devant son public, il a su limiter les dégâts avec une troisième place derrière Jack Miller et Johann Zarco. Mais un de ses plus grands succès sera sans doute la victoire autoritaire remportée sur un circuit absolument pas favorable aux qualités de sa Yamaha, le Mugello. Une saison 2021 durant laquelle Fabio Quartararo est passé par toutes les émotions, comme en Catalogne. A la lutte pour la victoire face à Miguel Oliveira, « El Diablo » a été trahi par... sa combinaison. Ne voulant pas rentrer au stand, le Français a insisté et terminé la course le torse à l'air. Troisième sur la ligne, le Niçois a finalement été pénalisé deux fois pour une sixième place. En seize courses, Fabio Quartararo n'a manqué le podium qu'à six reprises. En effet, contrairement à la saison 2020, le Français a compris qu'il fallait mieux assurer quand la victoire n'était pas à portée. Un podium sur lequel il a toutefois pris ses aises, enchaînant deux troisièmes places en Allemagne et en Styrie avec une belle victoire à Assen entretemps.


Ultime rival, Bagnaia a fini par craquer face à Quartararo

Une « boite » sur laquelle il n'a pas pu prendre place lors d'un Grand Prix d'Autriche là-aussi perturbé par la pluie et remporté par un Brad Binder équilibriste avec des pneus slicks. La victoire, Fabio Quartararo est allé la chercher une cinquième fois à Silverstone avant une fin de saison qui a vu un rival émerger, Francesco Bagnaia. Décevant en Grande-Bretagne, l'Italien a fait mieux que résister à Marc Marquez en Aragon, sur un circuit qui n'a pas réussi au Français avec une huitième place. Toutefois, à partir de là, Fabio Quartararo avait l'avantage de pouvoir voir venir avec 53 points d'avance à cinq courses de la fin. Un écart qui a légèrement fondu lors de la première course à Misano, au terme de laquelle le Français a échoué dans l'aspiration de l'Italien après une nouvelle remontée fantastique, avant de grandir à nouveau à Austin, lors d'un Grand Prix durant lequel Francesco Bagnaia a profité du soutien des autres pilotes Ducati pour terminer troisième. Un résultat qui avait malgré tout offert trois balles de match à Fabio Quartararo. Tout semblait parti pour que la lutte pour le titre se poursuive à Portimão, comme le Français l'avait annoncé à peine la ligne d'arrivée franchie aux Etats-Unis. Mais une petite erreur à quatre tours de l'arrivée du Grand Prix d'Emilie-Romagne a changé la donne. Le podium perdu face à Enea Bastianini restera anecdotique. Avec 65 points d'avance et deux Grands Prix encore à disputer, Fabio Quartararo a obtenu le droit de troquer son numéro 2 fétiche pour celui de porter le numéro 1 l'an prochain. 72 ans que la France de la moto attendait ça, elle va enfin pouvoir savourer.

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