France - Belgique : comment Thierry Henry est passé des Bleus aux Diables

France - Belgique : comment Thierry Henry est passé des Bleus aux Diables©Wochit

6Medias, publié le dimanche 08 juillet 2018 à 14h55

Thierry Henry, meilleur buteur de l'histoire des Bleus, sera sur le banc de la Belgique face à la France lors de la demi-finale de la Coupe du Monde. Une situation qui étonne certains acteurs du football.

Mardi 10 juillet prochain à Saint-Petersbourg à 20h, Didier Deschamps sera assis sur le banc de l'équipe de France lors du coup d'envoi de la demi-finale du Mondial face à la Belgique.

Mais il ne sera pas le seul champion du monde 98 assis en zone technique, il faudra chercher l'identité d'une autre légende des Bleus sur le banc de l'équipe adverse. Derrière Roberto Martinez, le technicien espagnol à la tête des Diables Rouges, on pourra apercevoir discrètement Thierry Henry.

Le meilleur buteur de l'histoire de l'équipe de France aura donc passé les quatre jours précédents à préparer les attaquants adverses à trouver la faille face à des joueurs qui porteront un maillot qu'il a porté au sommet du football mondial en 123 sélections pour 51 buts. Mais comment cela est-il possible ? Comment la fédération française a pu passer à côté d'un joueur qui visiblement souhaite se lancer dans la carrière d'entraîneur ?



"Il n'y avait pas de poste ailleurs"

Selon Noël Le Graët, président de la Fédération française de football (FFF), il n'y a pas eu d'opportunité. "Je n'ai pas de problème avec lui. Nous nous sommes perdus de vue, je n'ai pas eu de conversation avec lui depuis longtemps", indique le Breton au Parisien. "Est-ce que j'aurais pu lui proposer un poste ? Didier Deschamps et son staff sont là depuis longtemps, il n'y avait pas de poste ailleurs donc il n'y avait pas vraiment de possibilités". La FFF affiche donc complet pour le joueur qui est deuxième assistant de Martinez, chargé des attaquants.

Une situation qui étonne un autre champion du monde 98. "Oui je trouve cela bizarre. C'est un peu spécial. Cela me surprend. Mais c'est comme cela", indique au JDD un Laurent Blanc dubitatif de voir un potentiel de cette qualité ne pas être exploité en France. À la décharge de la FFF, Thierry Henry n'a pas été forcément disponible. Retraité depuis 2014, il a effectué sa formation d'entraîneur par le biais de la Fifa, avec des facilités pour les anciens joueurs de haut niveau.

"J'ai rarement rencontré quelqu'un qui aimait autant le foot"

Ensuite, il était peut-être difficile d'engager un entraîneur par ailleurs consultant pour le groupe Sky, avec un pactole record de cinq millions par an. Une situation qui n'a pas dérangé Roberto Martinez, qui a connu Thierry Henry lors de sa formation de technicien au Pays de Galles. Et il semble que la greffe soit une réussite. "Son sens du partage et son humilité sont ce qui le caractérise le mieux. A Tubize, notre Clairefontaine, il participe aux réunions sans jamais se mettre en avant", explique au Parisien Jean-François Rémy, le sélectionneur de l'équipe de Belgique espoirs.

"Plus ça va, plus il s'identifie à cette équipe de Belgique. On ressent cette complicité lorsqu'on le voit exprimer sa joie sur le banc et dans la vie de groupe", complète le technicien belge. Petit à petit, Henry semble entrer parfaitement dans un costume taillé pour lui depuis toujours. "J'ai rarement rencontré quelqu'un qui aimait autant le foot que lui. Quand il jouait à Arsenal, il rentrait chez lui et se mettait sur le canapé pour récupérer devant Guingamp - Angers", se souvient Gérard Houllier, qui a entraîné l'attaquant en sélections de jeunes.

"Ce n'est pas une trahison"

"Il s'est toujours intéressé aux phénomènes tactiques. Il veut comprendre. Il percevait les petites choses qui n'allaient pas chez l'adversaire, ce qu'il fallait exploiter", analyse-t-il dans Le Parisien. Pour Emmanuel Petit, "le fait d'avoir été très longtemps au plus haut niveau, ça lui permet d'avoir du recul et de la crédibilité auprès des joueurs, à l'image de ce que faisait aussi Zizou avec le Real Madrid", explique au quotidien l'ex-coéquipier de Henry à Arsenal.

Pour Arsène Wenger, qui a fait de Thierry Henry l'immense buteur qu'il est devenu à Arsenal, avoir un tel profil dans son staff devrait être une évidence. "En dehors de sa connaissance technique qui est parfaite, c'est important d'avoir un gars qui peut leur dire : 'Tu doutes en ce moment ? Je suis passé par là aussi, moi aussi j'ai loupé des occasions'", confie le mentor de "Titi" Henry au quotidien francilien. Quant à sa présence face aux Bleus en demi-finale, "ce n'est pas une trahison, c'est une occasion pour lui d'apprendre le métier dans la foulée d'un entraîneur, sans avoir la pression". En attendant peut-être un jour de mener lui aussi les Bleus vers les sommets d'une grande compétition, dans le costume de sélectionneur.

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