Mieux qu'une revanche, une leçon !

Louis Picamoles et les Bleus ont étrillé les Pumas. (Reuters)

Louis Picamoles et les Bleus ont étrillé les Pumas. (Reuters)

Une semaine après avoir chuté face à l'Argentine (20-23), le XV de France a remis les pendules à l'heure en giflant les Pumas (49-10), à Cordoba, dans la nuit de samedi à dimanche. Une victoire prestigieuse qui permet aux Bleus d'achever leur tournée sur une bonne note et de réinvestir leur sixième place au classement IRB.

On leur promettait l’enfer. Mais déjà descendus très bas après trois défaites de rang, dont la dernière en forme de cadeau offert à l’adversaire, en l’occurrence l’Argentine qui n’a eu qu’à se baisser pour ramasser l’offrande le week-end dernier à Cordoba (20-23), les Bleus ne pouvaient que relever la tête samedi à Tucuman, malgré le contexte, malgré la pression, malgré l’opposition d’un stade réputé l’un des plus chauds du pays. Pascal Papé, capitaine de galère, et ses hommes ont fait mieux que ça, bombant le torse, montrant les muscles et les cannes, pour surclasser une équipe d’Argentine remaniée mais toujours aussi limitée, et finalement balayée par un XV de France joueur et revanchard, au point de signer la plus large victoire de son histoire contre les Pumas (49-10).

D'aucuns diront que la France n'est jamais aussi forte qu'au pied du mur. Si la recette était universelle, la troupe de Laurent Blanc aurait renversé samedi les champions du monde et d'Europe espagnols. Mais il est dit que rien n'est possible sans volonté de se faire mal ensemble, chose que ne semble pas avoir encore compris les footballeurs... Pour avoir su se remobiliser, dans l'anonymat d'une tournée sud-américaine de fin de saison, les rugbymen tricolores ont redoré leur blason après un Tournoi des Six Nations de transition, conclu à la quatrième place avec deux défaites et un nul au compteur.

Un an avant la Coupe du monde, Marc Lièvremont faisait route sur "un champ de ruines" vers la Nouvelle-Zélande après une défaite record en terre argentine (13-41). Quelques mois après une finale perdue face aux All Blacks au prix d'une réaction d'orgueil admirable mais vaine, Philippe Saint-André a lui conclu la première année de son mandat par une victoire qui fera peut-être date. Pas tant par le score, qu'il faut relativiser au vu d'une opposition encore en rodage avant de faire ses débuts dans le très exigeant Four Nations, mais par l'envie affichée par ces gamins, lancés dans le grand bain en l'absence des cadres laissés au repos, de saisir leur chance.

Machenaud, plus qu'un bleu

Dulin en avait fait la démonstration le week-end dernier, au point d'avoir été reconduit ce samedi à l'arrière du XV de France. L'Agenais s'est cette fois effacé au profit de son futur ancien coéquipier, Machenaud, auteur d'une première pleine de culot à la mêlée. Si un n°9 n'est rien derrière un pack qui n'avance pas, le futur demi du Racing a mis en musique la nouvelle domination de ses avants, bien aidé par Frédéric Michalak, qui a prouvé qu'il pouvait être une alternative crédible à l'ouverture. Deux hommes qui ont marqué des points pour avoir su gérer les (nombreux) temps forts et les (rares) temps faibles de leur équipe, tout ce que n'avait pas réussit à faire le duo Parra-Trinh-Duc le week-end dernier.

Complices malgré leur première association, qui était la cinquième charnière testée en sept matches par le sélectionneur, Machenaud (23 ans) et son aîné ont été le lien souvent manquant entre avants et trois-quarts, ces derniers s'en donnant samedi à coeur-joie, à l'image de Mermoz, de retour comme titulaire après un Tournoi passé sur le banc pour délivrer deux passes décisives, la première pour Fall après avoir pris le trou sur un ballon récupéré au sol (12e, 0-10), la seconde pour Huget d'un petit coup d'oeil assassin (34e, 3-23). Les Français sont enfin réalistes et même opportunistes, pour preuve cet essai de filou de Machenaud, qui trompe la vigilance argentine en coin après avoir bien suivi ce ballon récupéré dans les airs par Fall sur la tête de Tuculet (39e, 3-30).

Passeur en première période, Mermoz, décidément inspiré, se fait tueur au retour des vestiaires pour couper la passe d'Urdapilleta en direction de Contepomi et filer seul sous les poteaux (56e, 3-37), comme une réponse à l'essai de la victoire argentine le week-end dernier. Cette fois, rien ne sera offert aux Pumas, Michalak, auteur d'un très solide huit sur dix dans ses tentatives au pied, faisant même du « Contepomi » en envoyant Huget au doublé d'une passe millimétrée au pied (63e, 3-42). Les avants, auteurs d'un match énorme sur les fondamentaux, concluent ce festival par Lapandry, venu ramasser le ballon sur une mêlée gagnée sur introduction argentine (68e, 3-49).

L'essai de De la Vega en fin de match (75e, 10-49), comme les cinq points de Contepomi, qui aura du mal à tourner le dos aux Pumas sur cette humiliation, resteront anecdotiques. Les Bleus étaient trop forts. Et le XV de France, avant de proposer une revanche à l'Argentine en novembre entre les réceptions de l'Australie et des Samoa, en profitent pour récupérer sa sixième place au classement IRB. Il faudra au moins autant de conviction à l'automne pour gagner deux places de plus pour bénéficier du statut de tête de série lors du tirage au sort de la Coupe du monde 2015 en fin d'année.

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