Trop gentils les Pinault ?

François-Henri Pinault se livre. (Reuters)

François-Henri Pinault se livre. (Reuters)

"Nous avons été trop complaisants avec le Stade Rennais à cause de notre amour du football", confesse François-Henri Pinault, propriétaire du club breton, dans un ouvrage à paraître samedi et publié à l'occasion du centenaire du Stade de la Route de Lorient. L'homme d’affaires, rarement disert, y évoque la façon dont son père vit le manque d'investissement de certains joueurs.

Ce n’est sans doute pas le centenaire qu’attendait la famille Pinault, à la tête du Stade Rennais depuis 1998. "Supporters du Stade Rennais. 100 ans de passion Route de Lorient", tel est l’ouvrage qui sortira samedi pour célébrer l’anniversaire d’un club désormais séculaire. Un livre à la gloire d’une formation bretonne devenue incontournable dans l’élite du football français qui n’élude pourtant pas les zones d’ombre, soulignées par François-Henri Pinault, fils de François Pinault et héritier du fameux groupe PPR, à travers une tribune aux allures de mise au point.

"Avec mon père, nous avons été trop complaisants avec le Stade Rennais à cause de notre amour du football.Nous ne sommes pas aussi lâches avec nos autres entreprises, attaque sans ambages le propriétaire actuel du fleuron du ballon rond breton. Nous sommes des gens simples. Ce club est proche de l'éducation que j'ai reçue de mon père. Lorsqu'un joueur se comporte mal, c'est l'image du club qui est atteinte. Par ricochet, celle de ma famille. Je ne peux pas l'accepter !"

François-Henri Pinault décrit toute l’indignation de son père, arrivé au chevet du club voilà 14 ans, avec lequel il suit en huis-clos chacun des matches du Stade Rennais, selon un rituel immuable. "Nous vivons le match ensemble comme de vrais supporters. On gueule, on s'engueule… Il est sanguin. Je suis mesuré. A la fin du match, je me charge d'appeler Pierre Dréossi, le manager du club. C'est préférable. […] Il ne supporte pas que le comportement des joueurs ne soit pas à la hauteur de nos couleurs. C'est insupportable. Ce genre d'attitude met mon père dans une transe incroyable."

Bredouille depuis 1971

"En préambule de la saison 2012-2013, j'ai expliqué aux joueurs qu'ils avaient le droit de perdre des matches, poursuit-il. Leur investissement doit cependant être irréprochable. Le Stade Rennais ne doit pas s'incliner à cause de problèmes de comportement." Une réflexion qui n’épargne certainement pas Yann M’Vila, le milieu de terrain international de Rennes, qui s’était illustré à ses dépens cet été à l’Euro avec l’équipe de France, après une année marquée entre autres par une nuit en garde à vue pour violences et une sombre affaire de prostituées détrousseuses.

Onzième seulement du championnat après huit journées, le Stade Rennais a beau rester sur une série de trois victoires (deux en L1 plus une qualification pour les huitièmes de finale de la Coupe de la Ligue), l’équipe de Frédéric Antonetti ne semble pas en mesure cette saison d’en finir avec la fâcheuse habitude d’un club abonné aux places d’honneur et incapable de franchir les derniers paliers menant à la consécration. Finaliste malheureux de la Coupe de France contre Guingamp en 2009, en quête d’un premier trophée depuis 1971, le Stade Rennais est devenu le roi des occasions perdues. Une étiquette que ne tolère plus François-Henri Pinault. "Notre club doit régulièrement gagner des trophées. Là-dessus on bute. On bute à cause d'un problème psychologique. On perd des matches dans la tête", conclut-il.

Retrouvez tous les matches de Ligue 1 en direct vidéo sur votre mobile !

Pariez sur le football avec PMU.fr, jusqu'à 170€ offerts !