Juve, du vieux avec le neuf

Le retour marquant de Fabio Quagliarella incarne la force offensive bianconera.

Le retour marquant de Fabio Quagliarella incarne la force offensive bianconera.

Ralentie par une excellente Fiorentina (0-0) en milieu de semaine, la Juventus Turin a, certes, perdu ses deux premiers points de la saison mais a porté sa série d’invincibilité à quarante-quatre rencontres de Serie A. Un petit grain de sable pourrait néanmoins enrayer cette belle mécanique piémontaise: l’absence d’un buteur de classe internationale, remarquée lorsque la Vieille Dame se retrouve en difficulté comme à Florence ou peut-être face à l’AS Roma, samedi, lors du choc de la 6e journée.

Une alarme Andrea Pirlo a été discrètement déclenchée par les médias transalpins après les deux matches transparents du milieu bianconero contre Chelsea (2-2) et la Fiorentina (0-0). Dès tribunes d’Artemio-Franchi, Antonio Conte a même ordonné à ses fidèles adjoints de sortir le fantôme de l’habituel maître à jouer pour le remplacer par le jeune Paul Pogba, 19 piges et un seul petit match de Serie A au compteur. Un coaching culotté qui n’a pas porté ses fruits, l’impact physique de l’ambitieux Français trouvant vite ses limites dans un entre-jeu où la qualité de perforation était plutôt bienvenue. Pourtant, après les premiers points perdus de la saison par la Juventus en Toscane (quatre victoires en cinq matches), le cas de l'Architetto, éreinté par les efforts consentis depuis plusieurs mois, n’inquiète pas vraiment les dirigeants de la Vieille Dame, qui portent une attention plus particulière sur l’absence d’un "top player" capable de débloquer une rencontre fermée sur un éclair de génie. 

Face à la Viola, qui les a privés de solutions offensives, les joueurs turinois, sans idée, n’ont jamais pu se reposer sur cet élément de classe mondiale. Déjà, la saison dernière, et malgré son parcours exceptionnel, la Juve avait manqué de ce pur numéro neuf, de ce renard des surfaces à vingt buts par exercice. Les trois co-meilleurs buteurs du club (Matri, Vucinic, Marchisio) émergeaient en effet à dix réalisations, loin derrière les 28 de Zlatan Ibrahimovic (AC Milan) et les 24 d’Edinson Cavani (Naples), pour ne citer que ses rivaux pour le Scudetto. Un partage des rôles bien utile car insubordonné à la dépendance à un seul joueur mais qui plongea néanmoins les dirigeants bianconeri dans une grande réflexion cet été. Fallait-il recruter ce crack en attaque ou pas ? Une interrogation qui n’a jamais trouvé de réponse crédible, Giuseppe Marotta et ses camarades chargés du recrutement hésitant à mettre la main au chéquier pour attirer un Robin Van Persie, un Fernando Llorente ou un Edin Džeko, de peur de déséquilibrer leur effectif. Et c’est finalement le décrié Nicklas Bendtner, arrivé sous la forme d’un prêt avec option d’achat, qui a fait la blague…

Cette incapacité à attirer ce grand buteur a finalement été le seul couac d’un recrutement réussi, où les nouveaux venus (Kwadwo Asamoah en tête) ont très vite pris le pli d’une formation qui maîtrise totalement son football. Avec onze buts inscrits par huit joueurs différents en championnat, tout le monde est capable de marquer chez le champion en titre. Mirko Vucinic est toujours considéré comme ce fuoriclasse en puissance qui pourrait prendre une autre dimension s'il épurait son jeu. Son association avec Sebastian Giovinco fonctionne bien la plupart du temps et, sur le banc, Alessandro Matri et Fabio Quagliarella, auteur de trois buts lors des trois derniers matches, seraient titulaires dans n’importe quelle autre équipe italienne. Alors, au moment où tout le Calcio se demande quelle sera la première équipe à faire tomber cette Juve depuis le 15 mai 2011, rien ne semble pouvoir perturber la belle routine du club bianconero. Même pas la venue, samedi, de l’AS Roma de Zdenek Zeman, l’homme qui avait clairement comparé la Vieille Dame à une usine pharmaceutique et qui rêve de jouer un mauvais tour aux Turinois...

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