Les clés de la Serie A

La Juventus, encore seule au monde ? (Reuters)

La Juventus, encore seule au monde ? (Reuters)

Budget à la baisse, comédiens de seconde zone, post-production mal assurée (affaire du Calcioscommesse), la nouvelle saison de Serie A, qui s'ouvre ce samedi avec notamment Juventus-Parme, présente, à priori, tous les ingrédients d'un bon vieux nanar des familles. Mais l'exercice précédent, décrit de la même manière et proposant un magnifique spectacle, a rapidement enlevé du Calcio cette étiquette négative. Alors, bis-repetita ?

Un long-métrage de 120 minutes dans les antres de Pékin aura suffi à donner une tendance de la nouvelle production italienne, déjà jugée comme douteuse à l'étranger. La Supercoupe entre la Juventus et Naples (4-2, a.p.), le 12 août dernier, a en effet viré à la mascarade entre commedia dell'arte et western spaghetti. Décisions arbitrales litigieuses, coups de gueule intempestifs et actes de rébellion (les Napolitains boycottant la remise des médailles) ont en effet donné à ce spectacle d'un énorme vide artistique un coté grand-guignolesque, que n'aurait pas renié un parent pauvre de Ed Wood. Et pourtant, ce mauvais cinéma a donné un avant-goût de ce que pourrait être une saison riche en émotions.

Un tournage au rabais ?
Malgré le bel Euro d'une Squadra Azzurra finaliste, l'été transalpin s'est résumé à une grosse séance d'auto-flagellation pendant laquelle les tifosi ont regretté le temps où leur jeu d'acteur était le numéro un. La crise financière est passée par là et incite chaque année les réalisateurs du Calcio à réduire la voilure. Il faut désormais "renflouer les caisses", selon l'expression à la mode des médias, et donc faire avec les moyens du bord. Exit donc les bankables Ibrahimovic, Thiago Silva, Lavezzi (chipés par le PSG de Leonardo) ainsi que les dinosaures de la Serie A (Del Piero, Nesta, Seedorf, Gattuso, Inzaghi), le championnat doit exister sans ses habituelles stars internationales. Mais, c'est surtout l'exode massive des jeunes espoirs du pays (Verratti, Borini, Poli) qui est à l'origine de ces discours alarmistes, le fameux "challenge sportif" étant aujourd'hui ailleurs.

Juventus, un vieux film d'horreur ?
Oscarisée pour l'ensemble de son œuvre (aucune défaite et un premier titre depuis 2006), la Juventus Turin n'a pas été récompensée de son travail pendant l'intersaison, devant jouer les prolongations. Avec pour grand axe de révision, les questions juridiques et notamment celle concernant son chef de bande, Antonio Conte, suspendu les dix prochains mois pour délit de non-dénonciation dans l’affaire du Calcioscommesse. C'est donc sans son guide spirituel, mais également sans son ambassadeur Del Piero, honteusement poussé vers la sortie, que les Bianconeri vont entamer la défense de leur trophée. Le mercato a nettement été plus heureux pour la Vieille Dame avec l'arrivée des joueurs de l’Udinese, Isla et Asamoah, ainsi que celles de Giovinco et Lucio. Une équipe-type inchangée, un banc étoffé mais toujours pas de top-player à la finition. Et une image encore érodée...

Une distribution des rôles par défaut ?
Malgré toutes leurs insuffisances, les acteurs du Calcio devraient nous proposer un feuilleton à la limite du prolétaire tant l'anarchie a été leur triste quotidien durant cet été meurtrier. C'est notamment le cas de l'AC Milan, plongé dans le doute après avoir dit adieu à nombre de leurs comédiens favoris. Ce sens de l'économie suscite l'incompréhension totale des fans rossoneri de la première heure qui ont boudé les avant-premières (baisse du nombre d'abonnés, vente de maillots en berne). L'Inter Milan et l'AS Roma de Zdenak Zeman pensent avant tout à se recréer un book avec les meilleurs shooteurs du moment (Cassano et Palacio pour les Lombards, Destro pour la Louve) alors que la nouvelle Lazio de Vladimir Petkovic semble clairement en retrait de l'armada d'Edy Reja (5e en 2011 et 4e en 2012). Dans ce contexte de restructuration, Naples pourrait tirer son épingle du jeu. Le départ de Lavezzi a été compensé par le retour de prêt du prometteur Insigne et la formation partenopea n'a pas besoin de se façonner une identité qui fait sa réputation depuis plusieurs années. Mention spéciale pour la Fiorentina, qui croit en sa renaissance avec un mercato bien ciblé (Pizarro, Aquilani, Fernandez, Valero, El Hamdaoui).

Des promus condamnés à la figuration ?
Deux figures historiques (Torino, Sampdoria) et un petit nouveau aux dents longues (Pescara), le casting des nouvelles têtes d'affiche avait plutôt fière allure. Mais le dernier nommé, aux performances étonnantes la saison dernière (90 buts marqués), a largement menti sur son CV après le départ du génial coach Zeman (AS Roma) et des talentueux Verratti (PSG), Insigne (Napoli) et Immobile (Genoa). Sans leurs stratèges, principaux artificiers de la montée, les Delfini semblent vidés de leurs forces vives et n'ont plus que leur courage à offrir en retour. Tout le contraire de la Sampdoria qui va s'appuyer sur sa dynamique positive et son ossature expérimentée pour faire oublier sa douloureuse relégation. Enfin, le Toro effectue son retour dans l'arène des grands après trois années à tourner dans le vide. Et là, encore, le mélange de jeunes espoirs et de vieux briscards devrait lui permettre d'entretenir une statistique favorable aux promus: sur les 43 derniers (depuis 2000), seuls onze sont redescendus immédiatement.

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