Chahutée, la Juve

Sebastian Giovinco n'a pas été épargné par les défenseurs de la Fiorentina. (Reuters)

Si elle a prolongé son invincibilité en Toscane (0-0), la Juventus aura tremblé de bout en bout mardi, sur le terrain d’une Fiorentina séduisante en diable, qui méritait de créer l’exploit face au champion d’Italie. Mercredi, le Napoli, qui reçoit la Lazio, aura l’opportunité de rejoindre la Vieille Dame en tête du classement de Serie A.

Fin de série pour la Juventus qui, après quatre victoires de rang en quatre journées, lâche enfin du lest à l’occasion de ce déplacement en Toscane, sur le terrain d’une séduisante Fiorentina (0-0). Si elle prolonge un peu plus son invincibilité avec ce 44e match sans défaite à cheval sur deux saisons (<i>le record absolu est détenu par l’AC Milan avec 58 matches sans défaite du 26 mai 1991 au 21 mars 1993</i>, ndlr), l’équipe d’Antonio Conte n’établira pas un nouveau record du club avec 8 victoires consécutives à l’extérieur.

La faute à cette Viola si entreprenante qui, au regard de sa prestation ce mardi, en ouverture de cette 5e journée de Serie A, méritait de faire chuter l’ogre turinois. Voilà longtemps que l’on n’avait vu la Juve si peu inspirée et sans doute perturbée par ce turn-over, orchestré en milieu de terrain, qui la prive de son trio Vidal-Pirlo-Marchisio. Ces trois-là n’ont plus évolué ensemble depuis trois matches et, si les échéances à venir en championnat comme en Ligue des Champions, peuvent justifier ce roulement, le rendement des Bianconeri s’en ressent inévitablement.  

Pirlo, transparent et remplacé

Dans un stade Artemio-Franchi à l’ambiance des grands soirs, à l’image du tifo géant aux couleurs de la Viola, qui accueille l’entrée des deux équipes, les Florentins ont toutes les raisons d’espérer créer l’exploit en mettant fin à l’invincibilité de la Vieille Dame. Même si c’est cette dernière qui la première se signale par ses deux frappes lointaines de Sebastian Giovinco (7e, 9e), la Viola va monter en puissance au cours de ce premier acte au cours duquel les champions d’Italie, privés de Marchisio et Vucinic, sur le banc au coup d’envoi, apparaissent à la peine, en tout cas loin de leur rendement habituel. Une première opportunité sur cette reprise de volée de Manuel Pasqual à l’entrée de la surface sur corner, mais sans précision, donne le signal (23e). Le même Pasqual qui réclame le penalty que ne lui accorde pas l’arbitre pour cette intervention pourtant plus que limite par derrière d’Arturo Vidal en pleine surface (24e).

Le jeu vif et en passes courtes des hommes de Vincenzo Montella semble mettre en difficultés les visiteurs, dont les difficultés grandissantes trouvent leur apogée à la fin de ce premier acte avec cette tête de Stevan Jovetic, qui trouve la barre transversale de Gianluigi Buffon, sur ce coup-franc aux allures de corner ouvert (41e). Le meilleur buteur de Serie A était tout proche d’inscrire son cinquième but de la saison. Dans la foulée, un mauvais alignement de la défense turinoise profite à Adem Ljajic qui, lancé dans la profondeur, vient défier Buffon ; sans que l’autre attaquant de la Viola ne parvienne à cadrer sa frappe (42e). Les deux avertissements sont en tout cas sans frais pour une Juve bien loin de son visage habituel.

Pourtant, à la reprise, la Fiorentina confirme ses bonnes intentions. Déjà buteur le week-end dernier, face à Parme, Facundo Roncaglia s’essaye à la frappe aux vingt mètres et menace encore Buffon (53e). Le coaching de Massimo Carrera, homme-lige en bord de touche d’un Conte toujours sous le coup de sa suspension (*), s’il est spectaculaire avec notamment la sortie rarissime d’un Andre Pirlo transparent au profit du jeune Français Paul Pogba (68e), s’avère sans effet sur le rendement de cette Juventus que l’entrée de Mirko Vucinic, quelques minutes plus tôt, ne secoue pas.

C’est encore une frappe hors de la surface, signée cette fois Juan Cuadrado, qui fait trembler Buffon (73e). Et que dire de cette tête plongeante de Pasqual qui, excentré sur ce long centre, sème la panique dans la surface (81e). La Juve a vacillé, la Juve a tremblé, mais la Juve finit par sauver l’essentiel (0-0). Ce n’est pas faute d’avoir essayé pour cette Fiorentina à suivre cette saison.     

(*) Reconnu coupable de non-dénonciation d’un match truqué de son ancienne équipe de Sienne, Conte, actuellement sous le coup d’une suspension de dix mois, espère voir cette sanction annulée ou réduite le 2 octobre prochain par le Tribunal administratif national du sport.   

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