Rossi a la tête ailleurs

Valentino Rossi aurait-il les oreilles qui sifflent ? (Reuters)

Les destins de Valentino Rossi et Ben Spies vont se croiser. Le premier cité, lassé par sa Ducati, va revenir chez Yamaha à la fin de la saison et y retrouver Jorge Lorenzo. Le second, lui, est sur le point de faire le chemin inverse. Le nonuple champion du monde italien explique son choix à l'aube du GP de Saint-Marin, treizième manche du championnat du monde.           

Le divorce entre Valentino Rossi et Ducati est déjà consommé. Lassé de jouer les seconds couteaux et d’enchainer les désillusions au guidon d’une Desmosedici indomptable, le Docteur a décidé de renouer avec Yamaha dès l’an prochain, histoire de poursuivre sa carrière en mettant toutes les chances de son côté. "Prendre cette décision pour l'an prochain a été très dur pour moi parce que j'ai rencontré beaucoup de personnages géniaux chez Ducati… J'ai pris cette décision parce que je pense que j'arrive à un point de ma carrière où je dois essayer d'avoir la moto la plus compétitive, ou celle qui me va le mieux", explique-t-il sur le site officiel du MotoGP. Non sans amertume…

"Cette expérience, cette aventure avec Ducati, a été très difficile dès le départ et nous n'avons malheureusement jamais réussi à résoudre nos problèmes durant cette année et demie. Je n'ai jamais été compétitif avec cette moto", déplore le pilote transalpin, qui compte neuf titres de champion du monde à son palmarès. "Nous n'arrivons pas à générer suffisamment de grip avec le pneu avant et nous n'avons pas suffisamment de contact avec le sol. C'était notre principal problème en 2010, au test de fin d'année, à Valence, et nous en souffrons malheureusement toujours après deux ans."

Spies et Iannone avec une GP13 100% usine

Sacré pour la dernière fois en 2009 dans la catégorie reine, avec la firme aux diapasons, Valentino Rossi se projette ainsi volontiers vers la saison prochaine, sans appréhender ses retrouvailles avec Jorge Lorenzo, l’homme qui le détrôna chez Yamaha. "Je ne suis pas certain de pouvoir être aussi rapide que Lorenzo avec la M1. Je pense que nous aurons moins de problèmes que par le passé. Il a été très fair-play au sujet de mon retour… L'important est de pouvoir se faire plaisir sur la moto et d'avoir l'opportunité de nous battre pour de bons résultats."

Une ambition que l’on partage naturellement à Borgo Panigale, le fief bolognais de Ducati, où Nicky Hayden, confirmé une année de plus, fera équipe la saison prochaine avec le transfuge de Tech 3 Andrea Dovizioso. D’autant que le constructeur italien s’appuiera en 2013 sur une seconde structure 100% usine, placée sous la responsabilité de Pramac, avec pour ambassadeurs le rejeton de Yamaha Ben Spies et un Andrea Iannone issu du Moto2 qui la semaine passée a pu faire ses preuves en essais aux commandes de la Desmosedici. "Une très bonne expérience", selon le jeune intéressé, qui s’est même permis d’ajouter: "Maintenant, je crois que ma situation est assez claire. Même s’il n'y a pas encore eu d'annonce, tout le monde peut deviner où je serai l'an prochain." Sur le Mugello, Iannone a notamment tourné en 1’48"3. Soit deux dixièmes plus vite que Rossi lors des qualifications du Grand Prix d’Italie 2012…