Open d'Australie : L'inouï défi de Nadal face à Medvedev

Open d'Australie : L'inouï défi de Nadal face à Medvedev©Panoramic, Media365
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Emmanuel LANGELLIER, Media365 : publié le samedi 29 janvier 2022 à 15h48

A 35 ans et 17 ans après sa première finale de Grand Chelem, Rafael Nadal tentera de décrocher un 21eme tournoi majeur contre Daniil Medvedev, dimanche en finale de l'Open d'Australie. Il y a encore quelques semaines, l'Espagnol ne savait pas s'il pourrait revenir sur le circuit.



S'il en est que l'on retrouve sans véritable surprise au rendez-vous de la finale de l'Open d'Australie, dimanche (à partir de 9h30, heure française), l'autre est complètement inattendu. Il y a encore quelques petites semaines, il était incapable de s'entraîner mais Rafael Nadal sera bien sur la Rod Laver Arena face à Daniil Medvedev pour briguer un 21eme titre du Grand Chelem et s'emparer seul du record de sacres en Majeur devant Roger Federer et Novak Djokovic.

Nadal : « Il y a un mois et demi, je ne savais pas si je pourrais revenir sur le Tour »

Impensable, oui, Nadal a traversé le tournoi australien en faisant parler de nouveau sa rage de vaincre et son coup droit, laissé tranquille par les pépins physiques qui ont émaillé sa splendide carrière et perturbé ses derniers mois. Opéré du pied gauche en septembre, le numéro 5 mondial, souffrant du syndrome de Muller-Weiss depuis 2005, cette maladie dégénérative rare entraînant une nécrose de l'os naviculaire (situé dans la partie centrale du pied), n'a repris le chemin des courts qu'en octobre et galéré sérieusement.


Les doutes étaient immenses. « Rafa » Nadal, 35 ans, ne savait pas s'il pourrait rejouer un jour au haut niveau. « Je n'étais pas capable de m'entraîner. Parfois, j'allais sur le court pour vingt minutes, quarante-cinq minutes, parfois zéro, d'autres fois deux heures ! Mais c'était très difficile de m'imaginer jouant au meilleur des cinq sets. Il y a un mois et demi, je ne savais pas si je pourrais revenir sur le Tour, car nous n'avions résolu aucun problème », a concédé l'Espagnol après sa victoire sur Matteo Berrettini en demi-finales.

A une victoire de devenir le GOAT devant Federer et Djokovic

Il s'est avancé sur la pointe des pieds vers l'horizon 2022. Sans grandes espérances. Engagé sur le tournoi de Melbourne, Nadal a grapillé du temps de jeu. Et des victoires (quatre dont une par forfait), pour décrocher à sa plus grande surprise un 89eme titre sur le circuit. Le 90eme n'est plus qu'à un pas. Immense mais tellement beau. Le Taureau de Manacor, 13 Roland-Garros au compteur (plus 4 US Open, 2 Wimbledon et un Open d'Australie) disputera dimanche sa 29eme finale de Grand Chelem, 17 ans après la première à Paris en 2005 (le deuxième plus grand écart entre deux finales majeures derrière Ken Rosewall, 21) après avoir écarté successivement Marcos Giron, Yannick Hanfmann, Karen Khachanov, Adrian Mannarino, Denis Shapovalov et Matteo Berrettini sur les courts du premier Chelem de l'année. Sa 6eme à Melbourne où il a perdu les quatre dernières (deux fois contre Djokovic en 2012 et 2019, contre Wawrinka en 2014 et Federer en 2017 ) après avoir triomphé lors de la première en 2009 face à Federer.


« C'est quelque chose de complètement inattendu pour moi. C'est un cadeau d'être ici et de pouvoir jouer au tennis, consent Rafael Nadal. À la fin de la journée, sincèrement, c'est bien plus important d'avoir la chance de jouer au tennis que de gagner le 21eme Majeur. Parce que cela me rend plus heureux de pouvoir faire ce que j'aime plutôt que de gagner un autre Grand Chelem. Pour moi, c'est incroyable d'être capable de jouer encore à ce niveau face aux meilleurs du monde. » L'Espagnol tentera de devenir le GOAT (Greatest of all time) contre Medvedev qui, lui, essaiera de « bisser » après avoir glané son premier Grand Chelem à l'US Open. « J'essaie de me concentrer sur moi et ce que j'ai à faire, a souligné le Russe. Bien sûr, je sais ce qui va se jouer. Je sais ce que cherche Rafa, comme je savais ce que cherchait Novak. Je ne vais pas vous dire que j'ignore tout ça, mais c'est leur truc, pas le mien. Moi, je suis juste ici pour essayer de gagner la finale. » Hors Big 3, le numéro 2 mondial peut devenir le premier élément à glaner deux Grands Chelems consécutifs depuis Andre Agassi (US Open 1999 et Open d'Australie 2000).

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