Voeckler a été acteur

Thomas Voeckler a pris la 7e place des Mondiaux. (Reuters)

Leader désigné par Laurent Jalabert, Thomas Voeckler a assumé son statut lors de la course en ligne des championnats du monde. Bien aidé par le reste l’équipe de France, le coureur d’Europcar a pris part à l’échappée avant d’échouer à la 7e place, assez loin de l’intouchable Philippe Gilbert.

Courir pour gagner. Telle était la consigne, l’unique, donnée par Laurent Jalabert à ses coureurs avant la course en ligne des champions du monde. Le sélectionneur avait un plan : celui de durcir le rythme pour permettre à Thomas Voeckler, leader désigné, d’utiliser ses jambes et sa science de la course dans le final. "Je sais que c'était un peu prétentieux, que nous n'avons pas gagné des courses de ce style depuis longtemps mais je savais qu'avec Thomas Voeckler, c'était possible !", a expliqué Jalabert, sûr de son fait.

Au final, le résultat ne dénonce pas le choix du sélectionneur. Voeckler termine à la 7e place. A sa place, serait-on tenté de dire. Dans le groupe des meilleurs, mais assez loin du meilleur, Philippe Gilbert. En vitesse pure, le Français ne pouvait pas rivaliser dans le Cauberg avec le double vainqueur de l’Amstel Gold Race, surtout dans cette forme-là. Ce qu’il espérait, c’était une course de mouvement. Il l’a eue, en partie. Voeckler a répondu à l’attaque d’Alberto Contador à quatre tours de l’arrivée, et a rejoint ses coéquipiers Jérôme Coppel et Maxime Bouet, déjà échappés, dans un groupe de 29 coureurs.

Jalabert satisfait

Coppel et Bouet ont joué leur rôle, ils ont roulé pour leur leader, et le coup aurait pu être parfait. Mais ils étaient trop seuls pour résister au retour du peloton durant 80 kilomètres. "J'ai compris rapidement que ce n'était pas jouable et je suis resté sagement dans les roues, raconte Voeckler. Quand le peloton s'est reformé, j'ai repris le plan initial. Je pensais qu'il y aurait l'attaque de (Philippe) Gilbert ou d'un autre dans le Cauberg mais qu'il y aurait ensuite un temps mort et alors j'aurais porté une attaque, à un peu plus d'un kilomètre de l'arrivée. Gilbert a attaqué mais il n'y a pas eu de temps mort."

Dommage. Voeckler, comme le peloton, n’a pas pu revenir. Et comme Boasson Hagen et Valverde avaient également pris quelques longueurs d’avance, l’espoir de médaille s’était envolé. "A l'arrivée je fais une place, septième, mais quatrième cela aurait été pareil. Je suis déçu mais je n'ai pas de regret. Nous avons fait une très belle course, j'ai senti un dévouement total de mes équipiers. Il est dommage que nous ayons perdu des hommes dans une chute à quatre tours de l'arrivée (Tony Gallopin et Arthur Vichot) mais les chutes font partie de la course." Dommage pour Voeckler, qui rêvait de ce titre mondial, même s’il savait pertinemment que ses chances étaient minces face aux autres cadors du peloton.

Quant à Jalabert, il repart regonflé à bloc. "Le choix était le bon, a-t-il assuré sur RMC. Il n’a manqué personne, chacun a tenu son rôle. Dans un championnat du monde, il y a juste un heureux et que des déçus derrière. L’important c’est d’avoir couru pour aller chercher la victoire." Hormis Chavanel, décevant tant lors du chrono que sur la course la ligne, les coureurs sélectionnés ont répondu présent. Ils n'ont rien à se reprocher. Et Jalabert a été clair sur son avenir. "Je n’ai pas l’intention de m’en aller. Ce qui me guide, c’est l’envie, le plaisir. Aujourd’hui, j’ai eu des émotions, j’ai vibré." Alors, rendez-vous à Florence en 2013, sur un parcours encore plus exigeant que celui de Valkenburg.