Rémi Reverchon : "Avec la NBA, je cumule mes deux amours"

Rémi Reverchon : "Avec la NBA, je cumule mes deux amours"©Panoramic / beIN Sports, Media365
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Aurélien Canot, Media365, publié le mardi 07 novembre 2023 à 13h24

Il y a deux ans, le Road Trip NBA de Rémi Reverchon avait fait un carton. L'expert basket et présentateur vedette de la chaîne beIN Sports a remis le couvert, et est sortie le 12 octobre dernier une deuxième édition augmentée et actualisée de son livre. Pas peu fier de son nouveau bébé, l'ancien joueur de Nationale 2, fou des Etats-Unis depuis ses plus jeunes années, nous glisse dans sa valise pour un nouveau Road Trip. Au menu également de cet entretien sauce américaine : la folie Wembanyama vue de près.


Rémi Reverchon, qu'est-ce qui vous a amené à écrire cette deuxième édition de votre Road Trip USA ?
C'est plusieurs étapes. J'ai toujours voulu mixer ma passion de la NBA avec ce pays un peu fou-fou que sont les États-Unis. En combinant tout ça, ça avait donné mon premier bébé intitulé Road Trip NBA. L'année dernière dans la foulée, j'ai essayé d'aller un petit plus loin et d'aller un peu plus sur cette passion voyage et États-Unis, j'ai donc sorti le Guide USA version poche. C'est un guide de voyage aux États-Unis. Entre temps, les choses évoluent en NBA, aux États-Unis aussi, et j'ai décidé de mettre à jour Road Trip NBA, mon premier bébé. Ça a donné cette deuxième édition complétée dans laquelle j'ai rajouté deux villes, Seattle et Las Vegas, qui sont les potentielles futures villes NBA et surtout deux énormes villes touristiques. Et puis j'ai tout mis à jour. Les photos sont changées, les dates également. On parle de Denver qui est champion NBA, on parle de "Wemby" (Victor Wembanyama) à San Antonio. Il était temps de remettre un peu tout ça au goût du jour.

D'où vient cet amour pour les États-Unis ?
Il vient du basket quand j'étais gamin. J'arrive tard dans le basket, je dois avoir 13 ou 14 ans, quand, par mes potes, je découvre ce sport. Je suis très grand, j'aurais peut-être dû commencer avant (rires). Je suis tombé fou amoureux de toute la culture qui va avec. J'ai envie d'apprendre la langue anglaise. C'est aussi le début, à l'époque, des séries télés comme Friends. J'embêtais mes parents pour qu'ils aillent m'acheter des VHS en anglais. Je découvre des posters dans les magazines ou encore la culture des Sneakers en m'extasiant devant les nouvelles Jordan. Je découvre le hip-hop, la sortie des albums de Dr.Dre comme « The Chronic » et « 2001 ». Il y a tout un mode de vie où je me suis dit : « Mais pourquoi je ne suis pas né là-bas ? J'aime ce pays. »

Vous avez également la particularité d'avoir fait vos études aux États-Unis. Quels souvenirs en gardez-vous et comment vous étiez-vous retrouvé là-bas ?
C'était en 2005-2006, une année de bonheur total. Je me retrouve à finir mon école de journalisme par échange dans une petite fac qui s'appelle la University of Northern Colorado, à une heure de route au nord de Greeley. C'était une année fantastique, j'étais en colocation avec quatre Américains. J'écris pour le journal de la fac, je découvre la vie sur un campus américain, les cours et la fête tout le temps. J'allais voir les matchs de foot ou de basket des équipes de l'université. J'ai découvert ce mode de vie à l'américaine qu'on a tous vu à la télé dans les séries en grandissant. J'ai vécu un rêve et ça a confirmé mon amour pour ce pays. Je me suis dit : « Je me sens bien ici ». S'il ne me manque que la nationalité américaine ? Oui mais ça, c'est plus dur à obtenir (rires).

La facilité cette année, aurait été de remodeler l'émission "NBA Extra" en mode "NBA Wemby Extra".  Au contraire : vous avez choisi de traiter la NBA comme vous l'avez toujours fait...
Oui, j'ai envie de croire que les gens qui aiment le basket ont toujours envie d'entendre parler de Luka Doncic, de Joël Embiid, de LeBron James ou Jayson Tatum. Nous sommes là depuis douze ans maintenant, nous avons acquis cette réputation de rédaction qui traite le basket et la NBA de manière plutôt correcte. Evidemment, tout le monde est hyper focus sur les débuts de Victor Wembanyama et on va mettre un coup de projecteur là-dessus, mais le but reste de parler de la NBA. S'il y a douze matchs, on va regarder les images de chacun des douze matchs. On ne va pas faire 35 minutes sur Victor sur les 45 de l'émission. Il y a tellement de choses à voir en NBA qu'on ne veut pas rater ça. Et non, il n'y aura pas de chronique spécifique ni d'envoyé permanent sur place. Ça ne devient pas « Victor Extra » en effet.

"Et Wembanyama me prend dans ses bras..."

Qu'a Wembanyama de vraiment de particulier à vos yeux, vous qui le connaissez bien ?
Sa capacité à brûler les étapes. Nous en sommes à être déçus lorsqu'il ne met que 15 points pour ses débuts en NBA. Alors que c'est plus que n'importe quel joueur français en NBA. Tony Parker n'avait pas mis 15 points pour ses débuts en NBA. Victor fait tout plus vite que tout le monde. Physiologiquement, c'est un ovni. Je pourrais en parler des heures, il fait 2,21m ou 2,22m, il bouge comme s'il faisait 1,90m, il a la dextérité et le shoot d'un arrière en NBA. C'est magnifique. Ce que j'aime retenir, c'est cette capacité qu'il a à aller plus vite que tout le monde, ni à être impressionné par quoi que ce soit, à rester froid et cadré en toutes circonstances. C'est vraiment un être humain à part, je le pense sincèrement. Tu as des mecs comme ça qui sortent du lot. Dans le sport, le modèle qui revient tout de suite, c'est Kylian Mbappé. On aime, on n'aime pas, peu importe, c'est un mec qui sort du lot. Victor, il sort du lot. Il propose des choses... Je couvre la NBA en tant que journaliste depuis 2006, ça fait 17 ans, et bien je n'ai jamais vu ça.

Pensez-vous qu'il résisterait à un échec sur le plan comptable pour sa première année en NBA ?
Victor a un mental à toute épreuve. Il est prêt à encaisser beaucoup de choses. Collectivement, ce qui est sûr, c'est que les Spurs ont une équipe assez faible aujourd'hui. Nous sommes obligés de le reconnaître. Je pense que des matchs, ils vont en perdre un paquet cette année, en tout cas plus qu'ils n'en gagneront. C'est important pour lui d'apprendre à perdre aussi, mais il faut se rappeler que tous les grands joueurs NBA, vraiment tous, ont mis beaucoup de temps avant de gagner en NBA. Michael Jordan a mis huit ans avant de gagner son premier titre. LeBron James a mis sept ans... Kobe Bryant aussi. Il a gagné le sien en 2000. Il faut savoir être patient. Victor nous a tellement habitués à brûler les étapes qu'on a l'impression qu'il va être MVP et champion NBA cette année mais non. Ça ne marche pas comme ça la NBA.

Avez-vous une anecdote le concernant dont vous souhaitez nous faire profiter et qui dit tout ce qu'il est ?
Il y a un moment qui m'a marqué, c'est quand j'étais avec lui à New York le soir de la Draft pour beIN Sports. Au moment où il est drafté, il passe à mon petit studio dans la salle pour que l'on soit en direct. Et au moment où il arrive vers moi, je lui tends la main pour lui serrer la main et le féliciter. Il me regarde et me dit "Viens par ici", et il me prend dans ses bras et me fait un gros hug. Il venait juste d'être drafté, je pense que l'émotion retombait, et moi, ça m'a pris par les tripes. Ce moment-là m'a vraiment ému. Victor est un gamin toujours en contrôle et que j'ai vu une seule fois ouvrir les vannes d'émotion. C'était le soir de la Draft.

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