La NBA réagit après l'envahissement du Capitole

La NBA réagit après l'envahissement du Capitole©Media365

Paul Rouget : publié le jeudi 07 janvier 2021 à 10h54

Les joueurs, les entraîneurs et les franchises NBA ont condamné l'envahissement du Capitole par des manifestants pro-Trump mercredi, et dénoncé "la différence de traitement" en fonction de la couleur de peau des protestataires. Et certains ont mis le genou à terre avant de jouer.

 

Kawhi Leonard a la parole rare. Et il n'est pas franchement réputé pour ses prises de positions sur des sujets de société. Mais mercredi soir, alors que des manifestants pro-Trump ont envahi le Capitole, à Washington, affrontant violemment la police avant de semer le chaos dans le bâtiment fédéral et d'interrompre la certification des résultats de l'élection présidentielle, la star des Clippers n'a pas mâché ses mots à l'issue de la victoire de son équipe sur le parquet des Warriors (101-108). "Voilà ce qu'est le privilège en Amérique. Et c'est triste à voir, parce que si cela avait été n'importe lequel d'entre nous là-bas, je pense qu'il y aurait eu des gaz lacrymogènes et probablement des coups de feu", a ainsi tonné l'ancien Raptor. Comme lors de la rencontre entre Miami et Boston, les joueurs des deux équipes, qui ont discuté pendant 45 minutes de la conduite à suivre, se sont agenouillés pendant l'hymne national américain, ce qui n'était plus arrivé depuis la reprise de la saison, alors qu'à Phoenix, les Suns et les Raptors se sont enlacés au centre du parquet et ont observé une minute de silence. 

Kerr : "Les gens sont traités différemment en fonction de leur couleur"

Coach de Philadelphie, Doc Rivers a lui évoqué, comme Kawhi Leonard, la "différence de traitement" pour les manifestants pro-Trump de la part des policiers, par rapport à ceux du mouvement Black Lives Matter. "Je vais le dire, car je ne pense pas que beaucoup de gens le fassent. Pouvez-vous imaginer aujourd'hui, si c'étaient tous des noirs prenant d'assaut le Capitole, ce qu'il se serait passé ?", a demandé l'entraîneur des Sixers. Steve Kerr a lui également évoqué l'absence de poursuites contre le policier ayant tiré à sept reprises dans le dos de Jacob Blake, cet Afro-Américain désormais paralysé après ces faits qui s'étaient déroulés en août à Kenosha (Wisconsin) et avaient provoqué de violentes émeutes. "On a vu le Capitole envahi sans aucune conséquence, alors qu'au même moment, on apprenait que les policiers qui ont tiré sur Jacob Blake n'allaient pas être inculpés. C'est un contraste tellement flagrant qui montre comment les gens sont traités différemment dans ce pays en fonction de leur couleur de peau", a réagi le coach des Warriors.

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