Michalak en rouge et noir

Frédéric Michalak entre dans la carrière toulonnaise à bientôt 30 ans. (Maxppp)

Frédéric Michalak entre dans la carrière toulonnaise à bientôt 30 ans. (Maxppp)

Nouvelle recrue du RC Toulon, Frédéric Michalak a reçu un accueil d'enfer, lundi, de la part de supporteurs heureux de son retour en France. L'ouvreur international français, récent finaliste du Super 15 avec les Sharks, est bien parti pour devenir le nouveau chouchou de Mayol. Il veut en tout cas s'en donner les moyens pour retrouver définitivement la sélection tricolore.

D’un maillot rouge et noir à l’autre… Il faut bien l’avouer: voir Frédéric Michalak, l’enfant de la Ville Rose, idole d’Ernest-Wallon, enfiler l’autre plus célèbre tunique rouge et noire de l’Hexagone, avait quelque chose de saisissant. A 29 ans, l’ancien ouvreur toulousain a acté mardi un retour tonitruant dans le championnat de France. Et même si l’ancien joueur des Sharks ne postulera pas pour le match d’ouverture du Top 14 vendredi, à Perpignan, ni même sans doute pour la seconde levée face au Racing, Michalak est toulonnais pour les trois prochaines saisons.

Une arrivée en fanfare pour le célèbre n°10 qui, déjà la veille, à l’heure de venir saluer ses nouveaux partenaires à l’entraînement, avait pu mesurer sa cote de popularité déjà au plus haut chez les supporters toulonnais. Pour le plus grand bonheur de l’intéressé qui, après un an d’exil, savoure cette ferveur du peuple de la Rade: "Je sens qu’il existe ici une atmosphère particulière. Quand on les jouait, c’était très difficile. On sentait vraiment seize hommes sur le terrain avec le Pilou Pilou assez impressionnant, se rappelle-t-il. Certains anciens joueurs m’ont parlé d’une haie qui va vers le stade les jours de match. C’est le partage, c’est ce que j’aime dans ce sport, partager aussi avec les gens qui se déplacent au stade et essayer de prendre cette énergie pour la dépenser après sur le terrain. Je pense que c’est important de ressentir ça". Acclamé, accaparé pour se prêter, de bonne grâce, à l’exercice de la photo souvenir ou des autographes, Michalak, tout auréolé de sa brillante campagne sud-africaine jusqu’en finale du Super 15, chavire déjà les cœurs du public toulonnais. D’un magnétisme déjà à part au milieu de la galaxie de stars de l’effectif varois. Comme un avant-goût de cette présentation officielle qui, 24 heures plus tard, à l’issue d’une première séance d’entraînement beaucoup plus discrète, avait attiré mardi la foule des grands jours dans la petite salle de presse du stade Ange-Siccardi.

Michalak: "Un challenge excitant de retravailler avec Bernard"

L’image d’un Bernard Laporte, assis au côté de sa dernière recrue, qu’il dirigea déjà en équipe de France, n’était pas moins savoureuse. Michalak et l’ancien sélectionneur tricolore ne se sont pas vraiment quittés en bons termes à l’issue d’une Coupe du monde 2007 en France durant laquelle l’ouvreur fut réduit à rôle de doublure (*). Cinq ans plus tard et les deux hommes se retrouvent sous les mêmes couleurs. En un sacré clin d’œil du destin. "Bernard m'a fait évoluer en équipe de France pendant plusieurs années. Il me connaît bien. Je sais son envie de gagner et d'amener les joueurs au plus haut. Pour moi, c'est un challenge excitant de retravailler avec lui", annonce l’international aux 56 sélections, qui sait aujourd’hui ce qu’il doit à son entraîneur.

Ce pari toulonnais, Michalak n’a pas mis longtemps à le relever: "J’ai eu Mourad très tôt au téléphone, j’ai tout de suite dit oui. Ce qui m’a séduit, c’est qu’il a cru en mes capacités, avec Bernard, ils ont voulu miser sur moi et me donner une chance. Pour ça, je les remercie parce que je pense qu’à cette époque-là, ils n’étaient pas nombreux les clubs à miser sur moi". Plus franchement désiré à Toulouse, l’exilé de Durban a fait son propre chemin, malgré les sceptiques. Avec la réussite que l’on sait: "Je suis parti en Afrique du Sud pour m’accrocher et revenir à mon meilleur niveau. C’est chose faite aujourd’hui". Une trajectoire qui n’a pas échappé à Laporte: "Nous étions ses premiers supporters, lâche le manager toulonnais, pas mécontente de remettre la main sur sa dernière recrue, avant de lâcher ce vibrant hommage: "Nous sommes très fiers". "Ce départ a aidé Frédéric à grandir, estime le technicien, cité par RMC. Ce n’est pas facile de se mettre « à poil » (sic) dans un pays où on n’est pas sûr de réussir. C’est à la fois cette expérience et cette maturité qu’on a voulu au club. (…) On aura besoin de Frédéric, on est engagé sur deux compétitions de haut niveau, le Top 14 et la H Cup, et l’on sait que pour exister dans ces deux compétitions, il faut une trentaine de joueurs de même niveau et de qualité. Toulouse et Clermont l’ont démontré depuis un certain temps. L’arrivée de Frédéric va nous permettre de doubler ces postes-là, le concernant au poste de demi d’ouverture". (voir par ailleurs)

Michalak en 10. Là où tout a commencé pour le joueur, avant que sa polyvalence à la charnière, et les méandres de sa carrière, ne brouille son statut d’ouvreur n°1 en France. Celui qui le consacra superstar à seulement 20 ans lors du Mondial 2003 et le propulsa rival n°1 d’un certain Jonny Wilkinson qu’il retrouve lui aussi à Toulon: "C’est pour moi une chance que de pouvoir évoluer avec lui, souligne-t-il, plein d’enthousiasme. C’est un grand monsieur, un grand joueur et il me tarde de pouvoir échanger des passes avec lui. Ça reste une référence, un des meilleurs numéros dix au monde pour moi, mais aussi un exemple de par son travail et de par son humilité". De rivaux à concurrents directs sous le même maillot. De Laporte à Wilkinson, Michalak renoue avec un certain passé. Un retour vers le futur.

(*) L’échec du Mondial 2007, organisé en France et achevé dans l’amertume d’une seconde humiliation face aux Pumas dans le match de la petite finale, est aussi celui de la méthode Laporte, déjà plus Secrétaire d’Etat que sélectionneur, que Frédéric Michalak, cantonné à un statut de remplaçant, sera l’un des seuls à remettre en cause: "Je n'adhérais pas forcément à tous ses discours. Le système de jeu est un peu toujours le même. Je trouve que ce qu'on a proposé était assez pauvre".

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