"C'est douloureux" 

Valérie Fourneyron est revenue sur l’affaire des paris truqués. (Reuters)

Valérie Fourneyron est revenue sur l’affaire des paris truqués. (Reuters)

La ministre des Sports, de la Jeunesse, de l’Éducation populaire et de la Vie associative, Valérie Fourneyron, a parlé de "tristesse" mardi matin. Elle veut maintenant renforcer la législation encadrant les paris sportifs, sujet replacé dans l'actualité française par une affaire de match présumé truqué qui éclabousse le handball tricolore. "Parier comporte un risque", rappelle Madame Fourneyron.        

Quel est votre sentiment suite aux développements concernant l’affaire des présumés paris truqués qui secoue le handball français ?
Il y a forcément de la tristesse. C'est douloureux, car cela concerne une discipline olympique où l’équipe de France a obtenu récemment de brillants résultats. Même si personne n’est à l’abri, il ne faut toutefois pas faire d’amalgames et jeter l’opprobre sur l’ensemble du sport français. Ces faits sont graves, mais isolés et ne concernent que quelques-uns. L’accompagnement individualisé des sportifs de haut-niveau est d’ailleurs au cœur de nos priorités, car ils doivent faire preuve d’exemplarité.  

Comment comptez-vous agir pour éviter que ce genre de problèmes se multiplient ?
Il faut désormais attendre l’aboutissement de l’enquête, mais il faut aussi veiller à ne pas tout mélanger. Cette affaire concerne des paris en dur, qui ne seront pas ouverts à la concurrence. J’ai discuté avec le président de la Française des Jeux (Christophe Blanchard-Dignac) pour analyser ensemble la situation. Nous sommes d’accord sur le fait qu’il faille limiter l’explosion des paris, notamment sur les différentes phases de jeux, à la mi-temps, à la fin d’un set et sensibiliser les acteurs du jeu, les joueurs, mais aussi leur environnement. Nous nous sommes en revanche rendus compte que le dispositif d’alerte fonctionne.

La FDJ est partenaire du sport français, n’y voyez-vous pas un mélange des genres ?
La participation de la Française des Jeux dans le financement du sport français est une bonne chose. C’est d’ailleurs le premier financeur du centre national pour le développement du sport (CNDS). Mais nous avons aussi défini des règles avec son président et nous sommes d’accord pour dire que la multiplication des paris en dur est une mauvaise chose.

Vous avez par ailleurs annoncé vouloir renforcer le dispositif législatif sur la question des Jeux en ligne…
La question des paris en ligne est plus complexe et nécessite en effet un grand débat public, ainsi qu’une régulation au niveau européen, voire au-delà. Nous allons mettre en place avec l’ARJEL (Autorité de régulation des jeux en ligne) une action coordonnée et ambitieuse pour renforcer les dispositifs législatifs existants. Je ne me résous pas à la multiplication des paris en ligne, qui représentent un risque pour la sécurité publique, en termes de blanchiment  et corruption, de santé publique avec le risque d’addiction, mais aussi en ce qui concerne la sincérité et l’intégrité des résultats sportifs. Parier comporte un risque, il faut donc réduire la publicité, qui se multiplie sur les sites mêmes des manifestations sportives, et les bonus concernant ces paris en ligne qui sont une incitation supplémentaire. Une évolution législative est nécessaire sur cette question.

Quelles doivent être les sanctions si les joueurs concernés sont reconnus coupable ?
Attendons la fin de l’enquête. Comme tout un chacun, ils doivent respecter la loi. Ils s’exposent à des sanctions sportives qui seront prises par la Fédération française de handball et la Ligue, au regard de la loi française, mais aussi à des sanctions pénales. C’est au juge d’en décider, notamment si les faits de corruption sont avérés.

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Le budget 2013 consacré au sport

Conformément au discours tenu par le Premier ministre, Jean-Marc Ayrault, qui défend un "budget de combat ", la ministre des Sports, Valérie Fourneyron a présenté ce mardi un "budget d’effort recentré sur des orientations fortes ". Le budget 2013 consacré au sport s’élève ainsi à 251,7 millions d’euros et est en diminution de 5% par rapport à l’an dernier. L’effort budgétaire sera concentré sur le développement de la pratique à tous les âges, la lutte contre les inégalités d’accès, la santé par le sport, l’accompagnement individualisé des sportifs de haut-niveau, ainsi que la préservation de la sincérité des résultats sportifs. Un effort particulier sera également mis sur le Centre national pour le développement du Sport (CNDS) avec pour objectif le redressement des comptes de l’établissement et un recentrage sur son objet initial, à savoir le développement des pratiques sportives et la lutte contre les inégalités d’accès sur les territoires.