A Marseille, erre Jordan

 Ayew

Le comportement de Jordan Ayew agace le vestiaire olympien. (Reuters)

Avide d’un temps de jeu plus conséquent à Marseille ou ailleurs, Jordan Ayew s’est résigné à commencer cette saison avec le club phocéen dans la peau d’un remplaçant. Mais son impatience et son caractère bien trempé ne font pas que des heureux dans le groupe olympien, obligeant même le directeur sportif José Anigo  à sortir de sa réserve pour recadrer l’attaquant ghanéen.

A force de souhaiter à tout prix marcher sur les traces de son père Abedi et de son frère aîné André, Jordan Ayew a cette tendance naturelle mais inopportune à vouloir grandir trop vite. Comme si le refrain de «Petit frère» du groupe local IAM, faisant l’apologie de la patience, n’avait aucune emprise sur ce pur produit marseillais, qui a fait ses classes au centre de formation. Il faut dire que le jeune attaquant ghanéen (21 ans mardi), lancé dans le grand bain de la Ligue 1 dès décembre 2009, a rapidement confirmé les espoirs placés en lui en se montrant souvent décisif dès que Didier Deschamps faisait appel à ses qualités de perforateur. Son désir d’évoluer plus régulièrement à la pointe de l’attaque phocéenne, après 60 bouts de matches et 6 buts, était donc plus ou moins compréhensible, d’autant que la concurrence à ce poste n’était pas démentielle au début du mois d’août (Gignac à la rue et Rémy à l’infirmerie). Mais si le fond de cette démarche était louable, c’est la forme qui semble desservir aujourd’hui Jordan Ayew.

Alors que tout un groupe semble se serrer les coudes autour du plan d’austérité imposé par les finances du club, le comportement individualiste de l’un de ses benjamins provoque des remous internes. Ses confidences à nos confrères de la Provence, le 24 juillet lors d’un stage à Divonne-les-Bains (Ain), où il clamait son "envie de jouer à l’OM ou ailleurs" ne sont pas passées inaperçues dans le vestiaire, déchiré en deux entre ceux qui saisissent les desiderata du cadet des Ayew et ceux qui lui reprochent son arrogance. Le petit clash estival entre son frangin et Mathieu Valbuena (un tacle appuyé du premier sur le second), au cours duquel le numéro 8 bucco-rhodanien est intervenu avec animosité, a fini par liguer les deux hommes contre le reste de l’effectif. Il était donc question d’un départ de l’élément perturbateur du groupe mais ni Reading, ni Nice (refroidi par l’image négative de Jordan) n’ont pu formuler des offres à la hauteur des espérances olympiennes.

C’est donc avec ce statut de joker (110 minutes disputées), qui lui colle à la peau depuis deux exercices, que Jordan Ayew traverse le bel été de l’OM (4 victoires en autant de matches de L1 et une qualification pour la phase de poules en Ligue Europa). Le cœur n’y est pas et continue de lui jouer des tours en prenant souvent le dessus sur la raison. Témoin, une nouvelle déclaration embarrassante dans laquelle le Franco-ghanéen ne comprenait pas la décision des dirigeants marseillais de le retenir contre son gré. Face à ces états d’âme, qui peuvent bousculer l’équilibre d’un groupe, José Anigo a décidé de réfréner les ardeurs de son insaisissable attaquant en jouant les pères fouettards dans la Provence. "C’est un jeune joueur plein de qualités et on veut s’appuyer sur lui, a souligné le directeur sportif provençal. Le seul problème qu’il y ait eu, c’est lui qui l’a créé en réclamant du temps de jeu. Quelquefois, il est un peu impatient, mais il n’y a rien de grave ni de méchant dans tout ça. (…) Il fait partie de ces joueurs de qualité, mais quand on veut jouer, on ne s’exprime pas dans la presse mais sur le terrain." L'occasion devrait lui être donnée de mettre un terme à ses maux.

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