Une révolution de palais à Milan ?

Passage de témoin entre Barbara Berlusconi et Adriano Galliani ?

Passage de témoin entre Barbara Berlusconi et Adriano Galliani ?

Le match encourageant enlevé à Saint-Pétersbourg mercredi (3-2), a donné un peu de répit à Massimiliano Allegri, sur la sellette à cause de la double crise d’identité et de résultats vécue par l’AC Milan. Ou a-t-il seulement retardé l’échéance ? Car en interne, il se murmure qu’un revers dans un derby della Madonnina qui n’attire plus foule, dimanche lors de la 7e journée de Serie A, pourrait sonner le glas pour le technicien rossonero, dont la course à la succession n’est plus un secret pour personne.

Vivre par procuration la Ligue des champions, alors que tes joueurs sont eux-mêmes engagés dans cette compétition, est un signe plutôt cristallin de l’atmosphère d’un club. A la mi-temps d’un ersatz de match de C1 contre Anderlecht (0-0 au final), le 19 septembre dernier, les tifosi rossoneri ont célébré, avec une ferveur devenue rare à San Siro, les buts du Paris Saint-Germain contre le Dynamo Kiev (4-1) inscrits par leurs deux anciennes icônes, Thiago Silva et Zlatan Ibrahimovic. Comme s’ils refusaient encore l’idée de cette fin de cycle amorcée par l’institution lombarde pendant l’intersaison. Le grand Milan a perdu beaucoup de son essence sur l’autoroute de l’été: ses deux roues motrices bien sûr, mais également une partie de son identité qui faisait son moteur avec les départs de ses emblèmes (Nesta, Gattuso, Zambrotta, Seedorf et Inzaghi). Tout juste a-t-il conservé cet art de la communication cher à son président Silvio Berlusconi, expert ad vitam æternam de l’exercice.

Alors que le mal-être milanais s’étalait sur la place publique après cette performance alarmante, la presse italienne révélant une explication musclée entre l’entraîneur Massimiliano Allegri et Pippo Inzaghi, coach… des moins de 16 ans, le club tentait de minimiser cet incident en nous offrant une scène surréaliste. Les caméras de Milan Channel avaient en effet l’exclusivité d’une poignée de mains entre deux écoliers priés de faire la paix dans le bureau du directeur. Tous les codes de la «script reality» étaient présents dans cet épisode, du sourire ultra-bright d’Allegri à la maîtrise du regard caméra pour l’ancien renard des surfaces. Mais cet échange monté de toutes pièces n’a pas trompé grand monde - «Super Pippo» méritant bien son surnom pour le coup - puisque le contentieux entre les deux hommes ne date pas de ce début de saison. Le quatrième meilleur scoreur du foot transalpin a encore en travers de la gorge sa mise à l’écart en Ligue des champions, une compétition qu’il voulait absolument disputer pour reprendre le record de buts à Raul.

BB Blonde en vice-présidente ?

Surtout, le nom d’Inzaghi revient avec insistance dans les journaux (comme ceux des bandieri Tassotti et Donadoni ou celui plus surprenant de Guardiola) pour remplacer son ancien coach sur le banc de l’équipe première. Car si Allegri continue de réclamer du temps pour parvenir à tirer le meilleur de l’effectif régénéré à sa disposition, les aficionados de ce club légendaire ont, tous sans exception, cette question sur le bout des lèvres: pourquoi l’entraîneur a-t-il échappé à cette démarche de renouvellement ? L’ancien «Mister» de Cagliari ne faisait déjà pas l’unanimité, même lorsqu’il a ramené le Scudetto pour sa première saison en Lombardie, et le retour du «Cavaliere» à la table de cette grande famille milanaise n’a pas vraiment arrangé sa cote de popularité. Et ce n’est pas qu’une question de coiffure, lui qui avait exigé de son homme de terrain qu’il soit mieux peigné en conférence de presse, mais plutôt d’image à l'international. La folie des grandeurs de Berlusconi est passée, vu les temps qui courent, mais le boss rossonero ne serait pas contre une révision totale de son organigramme pour construire l’avenir.

Les deux victoires après six levées de Serie A n’offrent de toute façon que peu de choix à la direction sportive du club, qui affiche son soutien à Allegri d’une manière bien particulière. "L’entraîneur est responsable de l’équipe et peut choisir la façon de jouer et quelle formation mettre en place, mais personnellement, j’aime bien jouer avec deux milieux de terrain récupérateurs. Mais je ne suis pas l’entraîneur", indiquait Adriano Galliani sur le site de Milan dans un souci de clarifier la situation (!). «Kojak», comme l'avait surnommé Louis Nicollin, pourrait bientôt ne plus avoir de rôle du tout dans sa maison mère, puisque dans la plus grande discrétion, Berlusconi réfléchirait à un jeu de chaises musicales XXL qui pousserait son bras droit et ami de 30 ans vers la sortie (et un poste à la Lega Calcio) pour le remplacer par... sa fille Barbara, alias BB Blonde. Rumeur lancée par le Corriere dello sport et démentie mollement par les intéressés. En attendant la concrétisation de ce népotisme, c’est San Siro, la «Scala du football», qui souffre en silence avec un nombre d’abonnés en net déclin (23 765: chiffre le plus faible de l'ère Berlusconi) et seulement 55 000 places vendues pour le derby face à l'Inter, dimanche soir. Dont beaucoup de curieux venus assister à la mise à mort publique d'Allegri...

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