Deschamps: "Plaisir et fierté"

Didier Deschamps a retrouvé ses joueurs dimanche soir. (Reuters)

Didier Deschamps a retrouvé ses joueurs dimanche soir. (Reuters)

Le match amical de l’équipe de France mercredi face à l’Uruguay sera le premier de Didier Deschamps en tant que sélectionneur. L’ancien capitaine des Bleus, heureux de retrouver Clairefontaine, a mis en place un cadre de travail et des règles que les joueurs devront respecter. Il souligne également le devoir d’exemplarité de la sélection française.

Didier, comment s'est déroulée votre première journée de sélectionneur ?
J'ai le même plaisir et la même fierté d'être là. Les couleurs sont toujours les mêmes. Je n'oublie pas ce que le maillot bleu a apporté à ma vie. Maintenant, j'ai un rôle différent, plus compliqué. Je me sens toujours comme un privilégié et je veux faire en sorte de gagner le plus possible. J'ai vu les 16 premiers joueurs qui avaient rendez-vous dimanche à 19h. Ce (lundi) matin, j'ai bien fixé le cadre de travail et les règles de vie en groupe. Ils ont besoin de comprendre tout ça pour l'appliquer. Concernant l'entraînement, ce sera assez léger. Ribéry et Valbuena ont joué hier et feront un travail de récupération. Les autres s'entraîneront avec ballon mais il n'y aura pas d'intensité. Demain, la préparation du match sera plus importante.

Etiez-vous revenu plusieurs fois à Clairefontaine depuis la fin de votre carrière de joueur ?
J'y étais pour préparer la finale de la Coupe de la Ligue 2004 avec Monaco, puis avec l'OM pour la première finale (de Coupe de la Ligue également, ndlr). Je n'avais pas eu l'occasion et la raison de revenir. Ça me fait plaisir de retrouver les lieux même cela a changé. Ça reste Clairefontaine, cela représente quelque chose pour les joueurs de ma génération. J'y ai passé énormément de temps en tant que joueur. Le lieu est symbolique, pour ne pas dire mythique.

Dans quel état d'esprit avez-vous accueilli vos joueurs ? Ont-ils montré cette envie de faire leurs preuves avec un nouveau coach ?
Je les ai sentis heureux. C'est important et j'espère qu'ils prendront le même plaisir lors des prochains rassemblements. On ne va pas vivre sur le passé. Le plus important est de bien aborder les qualifications pour la Coupe du monde. Les joueurs sont dans la compétition, avec de la concurrence. A eux d'être le plus naturel possible, d'avoir un état d'esprit positif. Ceux qui sont là sont heureux. Qu'ils fassent en sorte que cela se voit.

Quelles qualités avez-vous repéré chez Raphäel Varane ?
Je l'ai choisi sur des critères sportifs, c'est le plus important. Raphäel est un jeune joueur évoluant dans un grand club, qui est confronté aux exigences du haut niveau au quotidien. Le point négatif, c'est son temps de jeu réduit. Jouer au Real lui a apporté quelque chose dans sa progression. En espérant désormais qu'il aura plus de temps de jeu. C'est un joueur au gros potentiel, qui a déjà une belle maturité. C'est bien qu'il puisse côtoyer les A. Ça vient tôt pour lui, mais le talent n'a pas d'âge non plus.

La défense centrale est-elle le chantier prioritaire ?
C'est ce que vous dites en tout cas. De toute manière, l'aspect défensif est important. Ce n'est pas là-dessus que l'on construit les victoires, mais il faut un socle solide et performant. Je ne parlerais pas de chantier, mais il faudra faire en sorte de trouver la charnière performante. L'association avec les 2 latéraux et avec le milieu est importante. Cela permet de sécuriser la défense centrale.

Vous avez évoqué une possible association Giroud-Benzema. Avez-vous envie de la voir à l'oeuvre sur ce premier match ?
Elle est intéressante car différente. Jouer avec deux avant-centres, pas forcément ces deux-là d'ailleurs, offre d'autres options de jeu. La présence offensive est plus importante avec deux axiaux.

Faut-il bâtir l'équipe sur Karim Benzema en le mettant dans les meilleures conditions ?
Ce qu'il fait au Real, sur le plan technique, c'est bien. En équipe de France, il est important et il le restera. Avoir des joueurs performants dans des grands clubs européens, c'est toujours mieux.

Comptez-vous vous appuyer sur certaines idées de Laurent Blanc ou repartir à zéro ?
Je m'inscris dans la continuité. Je ferai des choix différents, mais je ne repars pas de zéro. J'apporterai certaines modifications pour avoir des réponses certaines situations. Un match amical doit aussi servir à ça. Je peux avoir des réponses que je n'ai pas aujourd'hui.

Lors des JO, il y a eu des comparaisons permanentes entre le football et les autres sports. Cela vous a-t-il agacé ?
On ne pourra rien y faire, simplement parce que le football est très exposé médiatiquement, grâce ou à cause de la presse. On attaque également le foot par rapport à l'aspect économique. Mais c'est le sport le plus populaire. Il y a eu de belles images lors des JO, mais on ne peut pas comparer car c'était en individuel la plupart du temps. En équipe de France aussi, on aimerait connaître ce genre de moments un jour.

Qu'en est-il du devoir d'exemplarité ?
C'est valable pour tout athlète de haut niveau, qu'importe la discipline. Les sportifs professionnels doivent être des exemples pour tous les jeunes en raison de l'image qu'ils peuvent véhiculer et ce qu'ils peuvent dire. Cela a une influence. Mais ils ne sont pas tous identiques, ils ont des personnalités différentes, je n'ai pas le pouvoir de les cloner. Après, il faut faire comprendre ce qui est bien et pas bien, ce qui est permis ou pas. Ce n'est pas toujours clair pour tout le monde.

Vous avez sélectionné de nombreux capitaines en club...
(Il coupe). C'est bien qu'ils puissent avoir ce rôle à responsabilités. S'ils sont choisis par leur entraîneur, c'est qu'ils ont le profil et la crédibilité. Plus y en a, mieux c'est. Le capitaine de mercredi ne sera pas forcément celui pour le match contre la Finlande.

Comptez-vous faire tourner le brassard ?
Non, je ne veux pas car il y a ce risque de banaliser la fonction. Après, dans les 20, certains vont se dire: "Pourquoi pas moi ?". Il faudra dégager quelques joueurs, mais j'ai besoin de prendre du recul. Je définirai un numéro 1, 2 et 3. Comme je l'ai déjà dit, Hugo l'a été, l'a bien fait et il n'y a pas de souci avec ça aujourd'hui.

Quel cadre de vie et de travail avez-vous fixé ?
Je ne vais pas entrer dans les détails. Le cadre est très important à définir. Il faut que les joueurs comprennent et respectent ces principes. Il y a 3 mots qui veulent dire beaucoup de choses: respect, humilité, plaisir. Si je développe, cela va prendre beaucoup de temps, mais j'ai insisté sur ces 3 points.

En tant que joueur, vous étiez un gagneur. En tant qu'entraîneur, devez-vous transmettre cet état d'esprit ou trouver des joueurs de ce tempérament.
Mais carrière de joueur est derrière moi mais j'ai la même envie dans ma nouvelle fonction. J'entraîne pour gagner. Au niveau international, c'est encore plus difficile et il faut des compétiteurs, il faut haïr la défaite et tout donner à chaque fois. On peut y arriver en évoluant dans les meilleures conditions possibles, avec son corps et dans la tête. Sur le discours à faire passer, plus il y a des joueurs avec cet état d'esprit, plus l'idée sera communiquée.

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