Blanc, le doute est permis

Laurent Blanc prolongera-t-il son contrat avec l'équipe de France ? (Reuters)

Laurent Blanc prolongera-t-il son contrat avec l'équipe de France ? (Reuters)

Il n'a fallu qu'une élimination contre l'Espagne (2-0), samedi, en quarts de finale de l'Euro, pour remettre en question le travail accompli par Laurent Blanc depuis son arrivée en 2010. Entre tensions dans le vestiaire et débâcle sur le terrain, l'impression laissée par l'équipe de France n'est plus la même et sème le doute pour l'avenir de son sélectionneur.

Deux ans bien négociés
La première partie du bilan de Laurent Blanc est positive. Il avait pour mission de reprendre en mains une équipe de France en dessous de tout, traumatisée par la crise de Knysna et avec des perspectives plus que douteuses. Le "Président" a su apaiser les tensions, redonner vie à un groupe, qualifier les Bleus pour l’Euro 2012 et, au passage, réaliser une série de 23 matches sans défaite en s’offrant le scalp du Brésil, de l’Angleterre ou encore de l’Allemagne. Il avait alors redonné confiance en cette équipe de France en optant au passage pour une philosophie de jeu plutôt alléchante car portée sur l’offensive. Il convient également de mettre à son crédit d’avoir su récupérer Franck Ribéry et Karim Benzema quand ils étaient clairement en marge. Leurs qualités respectives représentent encore l’avenir de la sélection malgré une phase finale très moyenne, surtout pour le Madrilène.

L’Euro 2012 a tout gâché
Le regard sur cet Euro 2012 a évolué au fil de la compétition. Le premier match nul contre l’Angleterre (1-1) n’avait rien de catastrophique, d’autant qu’il a été suivi par une victoire rassurante contre l’Ukraine (2-0). A ce moment-là, Laurent Blanc devenait intouchable et les perspectives semblaient enfin intéressantes. Mais si le sélectionneur a avoué avoir senti son groupe se relâcher à la veille du duel face à la Suède (0-2), son discours mobilisateur axé sur l’importance d’un match à l’Euro et accessoirement sur le côté primordial de la victoire pour éviter de croiser l’Espagne en quarts de finale a été totalement sans effet. Avec les conséquences que l’on connaît. Surtout, il n’a pas forcément envoyé le message adéquat à un groupe qui s’est déchiré dans le vestiaire après la défaite, malgré la qualification. Les attitudes de Hatem Ben Arfa ou encore de Samir Nasri l’ont renvoyé dans les cordes et ont saboté une partie de son autorité.

Une tactique à revoir
Là aussi, les questions ne manquent pas. Laurent Blanc a fait de son schéma à une pointe sa religion avec les Bleus. Il a soutenu sa charnière Mexès-Rami contre vents et marées. Une attitude qui lui avait donné raison avec Benzema et Ribéry. Plus globalement, si on a pu comprendre, à défaut d’adhérer, sa volonté de changer ses hommes en fonction des adversaires, cela n’a pas toujours payé, loin de là. Quand les Bleus avaient besoin de vitesse pour exister, il a préféré garder Nasri qui ralentissait manifestement le jeu. Tout son vestiaire n’a pas dû comprendre. Et quand il a modifié ses plans concernant le Citizen, c’était face à une équipe d’Espagne qu’il idéalise et contre qui il a placé Debuchy milieu droit. Un choix défensif qui n’a pas été payant puisque le but est venu de ce côté. Au-delà de ce choix, il n’a pas su demander à son équipe d’oser contre l’Espagne, elle a été trop attentiste en première période, alors qu’il aurait parfois fallu leur "rentrer dedans". Face à ce constat, ses changements ont un peu tardé (il n'aime guère changer), Giroud par exemple n’a pas non plus été servi. Les joueurs étaient entre deux feux quand il fallait effectuer un vrai revirement tactique. L’absence de leader a sans doute compté à ce moment-là.

En a-t-il envie ?
La question n’est pas si farfelue. Laurent Blanc aime la vie de sélectionneur car elle lui laisse du temps libre ainsi qu’une vraie liberté de mouvements. Mais il n’est sans doute pas prêt à toutes les concessions. Le discours de Noël Le Graët autant que la proposition financière le concernant, ainsi que les changements opérés dans le staff auront des répercussions directe quant à sa décision finale. Certains clubs peuvent également être à l’affût et intervenir rapidement… Enfin, sa volonté de rester peut-être mise à mal par l’attitude de certains joueurs. Mais de ce point de vue, il semble désormais nécessaire de ne pas miser uniquement sur le talent. La cohésion de groupe est plus importante. Il ne tient qu’à lui de faire les choix.

Qui en cas de refus ?
On le sait, Noël Le Graet, s’il considère Laurent Blanc et le travail effectué, n’est pour autant pas son fan numéro 1. En l’absence de continuité, il y aurait un choix délicat à faire. Pour les qualifications à la prochaine Coupe du monde d’une part mais également en vue de sa réélection à la présidence de la FFF en décembre prochain. Le nom de Paul Le Guen a résonné ces derniers mois, c’est une possibilité à envisager. On peut également sans trop se tromper imaginer un Didier Deschamps, dont l’avenir à l’OM est incertain, prendre très au sérieux une telle proposition. Certains s’interrogent également sur l’opportunité de faire appel à un sélectionneur étranger. Une option cependant très incertaine.

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