Löw, procès en cours

Les journalistes allemands n'ont pas été tendres avec Joachim Löw. (Reuters)

Les journalistes allemands n'ont pas été tendres avec Joachim Löw. (Reuters)

Depuis l’élimination de l'Allemagne en demi-finales de l'Euro, anciens de la Mannschaft et médias d'outre-Rhin ont jugé avec sévérité Joachim Löw et sa sélection. Dernier en date: Uli Hoeness, président du Bayern Munich, qui s'est payé Miroslav Klose dans la presse. Löw, soutenu par sa Fédération et la population, n'a pas hésité à lui répondre depuis Dublin, où son équipe affronte l'Eire ce vendredi soir à l’occasion des qualifications pour le Mondial 2014.                

Oliver Kahn, Matthias Sammer, Lothar Matthäus… Tous, en parrains du football allemand qu’ils sont, ont jugé avec sévérité Joachim Löw et sa sélection depuis leur élimination en demi-finales de l’Euro 2012 (1-2 contre l’Italie), notamment dans les colonnes de L'Équipe magazine. Tous. "Nous manquons de leaders. De charismes assumés. Je crains que tout cela ne vienne de l’éducation de base proposée à nos footballeurs", considère de son côté l’ancien gardien professionnel (de 1987 à 2008). "Kahn a raison ! Il est temps pour eux (les Philipp Lahm, Bastian Schweinsteiger, Manuel Neuer et autre Miroslav Klose, NDLR) de montrer au sein de l’équipe et aussi à l’extérieur qu’ils sont les patrons", pense pour sa part l’actuel directeur sportif du Bayern Munich. Quant au Ballon d'or 1990, il trouve que l’Allemagne s’est confondue en excuses: "Dire que la Mannschaft a manqué de chance… On a manqué de personnalité, c’est tout. On a pris une claque et on ne l’a pas rendue. Il faut être plus agressif ! C’est bien de développer un beau football, d’être attractif, mais cela ne rapporte pas de titre".

C’est là que le bât blesse. L’équipe d’Allemagne de foot masculin n’a plus gagné de compétition depuis 1996 et le championnat d’Europe en Angleterre. En quelques mots, elle est toujours placée mais jamais gagnante (quart-de-finaliste de la Coupe du monde en 1998, demi-finaliste en 2006 puis 2010 et finaliste en 2002 ; demi-finaliste de l’Euro en 2012 et finaliste en 2008). Seize ans de disette, c’est long pour cette sélection trois étoiles (brodées en 1954, 1974 et 1990). Trop long même pour la presse d’outre-Rhin. "La première crise Löw, titrait par exemple le journal Bild au mois d’août dernier, suite à la défaite en amical face à l’Argentine (1-3) à Francfort. Jamais depuis six ans le sélectionneur national n’a été autant critiqué. Le temps de l’harmonie autour de l’équipe nationale est révolu ! Finies les flatteries. Le parler vrai plutôt que les câlins. Et c’est bien comme cela. Aussi magnifique que soit le football joué par l’équipe depuis 2006, il lui manque quelque chose pour les grands succès. Le mordant, la dureté. Nous voulons enfin un titre !" DerTagesspiegel, lui, s'interrogeait: "Pas assez de présence, de force et de fraîcheur, cela peut arriver. Mais n’était-ce pas déjà le cas lors de l’élimination à l’Euro ? L’équipe n’est-elle pas à l’image de l’entraîneur ?"

"Un peu plus d’autocritique ne nuirait pas", ajoutait pour conclure "Le Miroir quotidien". "Le Miroir" tout court ("Der Spiegel" en allemand) a aussi fait parler de lui récemment. Dans ses pages, Uli Hoeness taille un costume à Klose (34 ans, 124 sélections), que Löw a appelé dans un groupe réduit à vingt joueurs destiné à affronter l’Eire puis la Suède à l’occasion des qualifications pour le Mondial 2014 au Brésil: "J’entends à longueur de temps que Klose a marqué presque autant de buts que (Gerd, NDLR) Müller… Mais Müller, il a marqué ses buts contre l’Angleterre, la France, l’Italie. Klose, c’est 80% contre le Liechtenstein et compagnie ! Au minimum !" Jeudi après-midi, le sélectionneur de la Nationalmannschaft a retroussé les manches de sa chemise bleu clair et répondu aux critiques émises par le président du Bayern: "Je ne comprends pas les déclarations faites par Uli Hoeness. Miroslav Klose a fait beaucoup pour le football allemand, il a marqué beaucoup de buts et réalisé d’excellentes performances au cours des douze ou treize dernières années. La façon dont il joue à son âge est phénoménale." Si bien que l’attaquant de la Lazio Rome devrait être titulaire ce vendredi soir (dès 20h45) à Dublin.

La dernière fois que les Allemands ont fait le voyage là-bas, en 2007, ils en étaient repartis avec un 0-0. Löw était déjà à la tête de la sélection nationale. Son bilan à partir de sa prise de fonctions durant l’été 2006 ? 86 matches, 59 succès, 13 nuls et 14 revers. Des statistiques qui font dire au président de la Fédération allemande de football, Wolfgang Niersbach, que le natif de Schönau im Schwarzwald en Bade-Wurtemberg est encore et toujours l’homme de la situation: "Joachim Löw est compétent, droit et sérieux, estime Niersbach dans un entretien donné aux journaux du groupe WAZ. Pour la DFB, il est et reste l’entraîneur idéal. Il ne faut pas oublier que nous sommes numéro deux mondial (derrière l’Espagne au classement FIFA, NDLR). Il n’est pas envisageable qu’après chaque Euro les quinze sélectionneurs soient congédiés et que seul le vainqueur reste". La société civile est en majorité du même avis, puisque 70% des personnes interrogées sont persuadées que Löw doit poursuivre sa mission. De quoi rassurer le principal intéressé avant que l’Allemagne ne rencontre son troisième adversaire dans le groupe C.                           

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