Alonso, le talent opportuniste

Fernando Alonso s'est illustré sur le circuit de Valence. (Reuters)

Fernando Alonso s'est illustré sur le circuit de Valence. (Reuters)

Parti en onzième position, Fernando Alonso s'est adjugé le Grand Prix d'Europe, ce dimanche, à Valence. Le pilote espagnol devance à l'arrivée Kimi Räikkönen et Michael Schumacher, et profite de l'occasion pour prendre les commandes du Championnat du monde. Sebastian Vettel, Romain Grosjean et Lewis Hamilton sont les grands perdants du jour.

Il a refait le coup de Sepang ! Lauréat du Grand Prix de Malaisie en mars dernier alors qu’il occupait la neuvième place sur la grille de départ, Fernando Alonso est encore revenu du diable vauvert ce dimanche à Valence pour réussir ce que personne n’avait réalisé jusqu’alors cette saison: s’offrir un deuxième succès en 2012. Les sept premières courses de l’année avaient souri à sept concurrents différents, l’Espagnol a su briser la série malgré une position initiale guère enviable. 11e à l’extinction des feux, le Taureau des Asturies a eu tôt fait de surmonter son handicap pour s'adjuger la 29e victoire de sa carrière.

Pourtant l’adversité ne manquait pas sur ce Grand Prix d’Europe. Parti en pole, Sebastian Vettel a longtemps mené la danse, et de loin, au volant d’une Red Bull plus compétitive que jamais cette saison. Comme au bon vieux temps, le double champion du monde gagnait une seconde au tour sur ses rivaux, jusqu’à compter une marge de 35 secondes sur Romain Grosjean, remarquable de combativité dans le baquet de sa Lotus, à mi-Grand Prix. Jusqu’à cet accrochage en apparence anodin entre la Toro Rosso de Jean-Eric Vergne et la Caterham de Heikki Kovalainen.

Survenu dans la 28e boucle, alors que le pilote français rabattait précipitamment sa monoplace sur celle du Finlandais, cet incident de course bouleversait la donne. La voiture de sécurité entrait en piste pour cinq tours, déclenchant une ruée vers les stands et provoquant surtout un resserrement des positions. Déjà troisième mais à 17 secondes du Franco-Suisse avant l’apparition des drapeaux jaunes, Fernando Alonso saisissait l’opportunité du départ lancé inhérent au retrait de la "safety car". Le fer de lance de la Scuderia effaçait rapidement le protégé d’Eric Boullier, avant de voir la RB8 de Sebastian Vettel décélérer brutalement…

Hamilton perd tout

Contraint de ronger son frein derrière la voiture de sécurité plus de 25 km durant, le bolide au taureau rouge supportait mal la réaccélération. Le moteur Renault rendait l’âme dans le 34e tour, comme l’alternateur de la Lotus au losange de Romain Grosjean quelques boucles plus tard (41e tour). "Je ne suis pas content… On avait fait une superbe course et on allait marquer de gros points car on a fait un vrai pas en avant ce week-end, réagissait l’Allemand après coup devant les caméras de TF1. C’est dommage mais l’année est encore longue, je ne suis pas plus inquiet que ça..."

Dès lors débarrassé de ses deux plus grands concurrents sur ce Grand Prix européen, Fernando Alonso pouvait foncer vers le drapeau à damiers sans trop d’inquiétudes et ainsi reprendre les commandes du championnat. D’autant que Lewis Hamilton et Kimi Räikkönen, derrière, se neutralisaient longtemps pour le gain de la deuxième place. Le dernier mot dans cette bataille revenait au Finlandais, tandis que le Britannique, pénalisé par l’usure des pneumatiques de sa McLaren, perdait tout dans un accrochage avec la Williams d’un Pastor Maldonado bien décidé à monter sur le podium. Cet honneur échoira finalement à Michael Schumacher, troisième sur la ligne d’arrivée valencienne au volant de sa Mercedes. Son premier podium depuis son retour à la compétition il y a deux ans et demi.

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