Hamilton enfonce Armstrong

Tyler Hamilton n'est pas tendre avec Lance Armstrong. (Reuters)

Dans une autobiographie à paraître le 5 septembre, mais dont la presse américaine se fait déjà l’écho, Tyler Hamilton n'hésite pas à dénoncer les pratiques dopantes de son ancien coéquipiers de l’US Postal, Lance Armstrong. Bjarne Riis, son manager à la CSC, en prend également pour son grade.

Il faut le dire tout de suite, Tyler Hamilton aime se faire mousser. L’Américain y est sans doute allé un peu fort au moment de présenter (vendre) son autobiographie, estimant que "son histoire était plus forte que pour n’importe quel autre individu dans le sport." On n’ira pas aussi loin que lui, mais toujours est-il que l’ancien coureur ne manque pas l’occasion de dénoncer une fois de plus les pratiques dopantes de Lance Armstrong, comme il l’avait fait en mai 2011 dans l’émission 60 Minutes sur CBS, mais avec plus de détails.

Pour commencer, dans ce livre à paraître le 5 septembre, soigneusement intitulé La Course Secrète : La face cachée du Tour de France : Dopages, Couvertures et victoire à tout prix, Hamilton revient sur son passé de dopé. Comme le rapporte le New York Daily News, qui s’est procuré l’ouvrage en avant-première, l’Américain a commencé par prendre de la testostérone en 1997 et a continué à utiliser des produits interdits jusqu’à son contrôle positif aux transfusions sanguines en 2004, sur la Vuelta. Mais c’est évidemment de Lance Armstrong et de l’équipe US Postal dont il est surtout question. "Pour Lance, se doper faisait partie de la vie courante, c’était comme de l’oxygène", écrit-il.

Hamilton, considéré par l’agence américaine antidopage (USADA) comme un témoin clé de son enquête sur la carrière du Texan, raconte que c’est Armstrong qui lui a fourni de l’EPO peu avant le Tour de France 1999, année de la première des sept victoires de l’Américain sur la Grande Boucle. Selon lui, de l’EPO était transporté en moto pour être donné aux coureurs juste après les étapes. Le tout en parfaite connaissance de l’encadrement de l’équipe, alors dirigée par Johan Bruyneel, l’actuel manager de la RadioShack.

Armstrong, contrôlé positif en 2001 ?

Avant le Tour de France 2000, Hamilton et Armstrong ont rendu visite au Dr. Jose "Pepe" Martí, un proche du Texan, également visé par l’enquête de l’USADA. Il était alors question de dopage sanguin, et Hamilton décrit des chambres d’hôtel, lors du Tour de France, avec des perfusions accrochées au-dessus des lits des coureurs. La sensation du sang encore réfrigéré pénétrant dans son organisme lui donnait "la chair de poule." Enfin, Hamilton raconte un épisode datant du Tour de Suisse 2001, où Armstrong, contrôlé positif à l’EPO, se vanterait de n’avoir rien à craindre en raison de son amitié avec Pat McQuaid, le président de l’UCI.

Quant à Bjarne Riis, il en prend également pour son grade. Hamilton affirme que le Danois l’a mis en relation avec le sulfureux Dr. Eufemanio Fuentes, spécialiste du dopage, lorsqu’il a quitté l’US Postal pour la CSC en 2002. Des affirmations que Riis s’est empressé de démentir. "Ce n'est tout simplement pas vrai. Je ne connais pas Fuentes, je ne l'ai jamais rencontré", a déclaré l'actuel manager de la Saxo Bank à l'agence Ritzau. En 2007, Frank Schleck, alors sous les ordres du Danois, avait reconnu avoir consulté le Dr. Fuentes. Ce que Riis avait à l’époque déploré.Hamilton risque évidemment de s’attirer à nouveau les foudres d’Arsmtrong. En juin 2011, soit peu après l’interview de 60 Minutes, les deux hommes s’étaient croisés dans un restaurant français d’Aspen, la station de ski du Colorado où Armstrong séjourne souvent. "Quand tu seras à la barre, pour témoigner, tu vas te déchirer. Tu vas passer pour un put… d’abruti", lui aurait alors lancé L.A…