Mathis: "Je ne vais pas m’arrêter"

Anne-Sophie Mathis n'est pas prête à raccrocher les gants. (Maxppp)

Anne-Sophie Mathis n'est pas prête à raccrocher les gants. (Maxppp)

En l'espace d'environ trois mois, la Française Anne-Sophie Mathis, Gants d'Or 2011, a perdu ses ceintures de championne du monde des welters. À 35 ans, la boxeuse nancéienne assure pourtant que son combat contre la Norvégienne Cecilia Brækhus, perdu aux points (97-93) samedi soir au Danemark, n'était pas le dernier de sa carrière. "J'ai toujours envie", clame-t-elle haut et fort.

Anne-Sophie, considérez-vous logique votre défaite aux points contre Cecilia Brækhus samedi au Danemark ?
Exactement. Il n'y a pas eu de tricherie, cela a été équitable. J'ai simplement trouvé meilleure que moi: elle était plus technique, plus vicelarde. Elle avait beaucoup de choses en plus. Il y a l'âge aussi qui fait la différence (Mathis a 35 ans et Brækhus 31, ndlr), je n'ai plus la même motivation qu’avant… Son but était de me battre parce que j'étais la numéro un. Et quand on est au top-niveau, on n'a plus trop de but, ce n'est plus la même motivation.

Vous saviez pourtant à quoi vous attendre là-bas…  
Je savais qu'elle était bonne, je l'ai toujours dit. Je disais qu'elle était meilleure que Holly Holm, que le combat serait aussi plus propre et qu'il y aurait moins de triche. Mais par contre, le fait qu'elle soit très technique… Cela frappait beaucoup plus que je ne l’imaginais.

Brækhus est-elle vraiment meilleure que Holm, avec qui vous êtes à égalité une victoire partout ?        
Pour moi, elle est meilleure. Après, Holm est plus chiante à boxer parce que c'est une gauchère, qui en plus fait de l'anti-boxe. On ne peut pas les comparer.

Pourquoi Brækhus est-elle si forte à votre avis ?
C'est quelqu'un qui est prise en main de A à Z, c'est-à-dire qu'elle est dans un Team en Allemagne (Sauerland, ndlr), c'est le plus gros en Europe. Il y a de l'argent et ils ont tout à disposition: les médecins, les kinés, les psychologues, etc. Pour moi, elle a de la chance d'être là-bas, elle a tout pour réussir.

Vous paraissez envieuse…
Oui, parce que j'aurais aimé avoir autant. Maintenant, je suis quand même fière d'avoir réalisé mon parcours en m’étant débrouillée toute seule. J'ai eu un promoteur à un moment mais cela n'a pas marché, parce qu'en France les promoteurs sont là pour faire de l'argent et pas pour que nous on en fasse. Le Team Sauerland, ils font de l'argent mais ils payent très bien leurs boxeurs et ils les respectent. Nous, ce n’était pas le cas. Bon maintenant, on n'a plus personne, j'ai pris juste un agent. Il travaille très bien puisqu'il m'a proposé les combats que j’attendais depuis très longtemps, mais d'un point de vue financier j'ai été très mal payée. Elle a été payée six fois plus que moi.

En l'espace d'environ trois mois, vous vous êtes inclinée deux fois plus qu'en seize ans de carrière. Quel effet cela fait-il ?    
Je ne pense pas qu'on s'habitue à la défaite. Maintenant, il faut relativiser et comprendre aussi pourquoi on n'a perdu. Contre Holm, j'ai perdu sans perdre, pour moi ce n'est pas une défaite. Contre Brækhus, il n'y a pas eu de triche, elle a vraiment gagné parce qu'elle était meilleure ce soir-là. Je peux très bien la battre, elle n'est pas non plus exceptionnelle, mais elle a été vraiment complète sur tous les points de vue: elle a été technique, tactique, elle a eu aussi du vice, elle a su m’accrocher dans les bons moments, m’appuyer sur la tête, m’ennuyer, elle a été aussi très mentaliste. Du haut de gamme.

Cette défaite au Danemark sonne-t-elle la fin de votre carrière de boxeuse ?
Je ne vais pas m'arrêter sur ce type de combat alors que j'ai juste perdu aux points (97-93, ndlr). J'aurais vraiment perdu avec un gros écart et n'ayant plus envie, j'aurais arrêté. J'ai toujours envie, simplement il faut que je retrouve un petit peu la motivation parce que j'ai mon travail en priorité maintenant. Je suis sur une reconversion, je suis en train de chercher donc cela me préoccupe beaucoup l’esprit. Je n'ai plus qu'un an et après on va dire que je suis à la rue, donc il faut vraiment que je cherche ma voie maintenant. Dans tous les cas, j'ai toujours la boxe en parallèle. On est sur deux combats: un qui pourrait se faire en Suisse en attente, un combat de préparation en huit rounds ; et un championnat du monde qui pourrait se faire en Lorraine si on arrive à convaincre l'adversaire, ce serait en super-welters contre la championne du monde.

Ce n'est donc pas la fin de votre histoire…
Non, parce que je n'ai pas du tout de séquelle. L'entraîneur le sent aussi quand son boxeur n'est plus du tout apte à continuer. Moi, il m'a dit au contraire: "Tu as encore deux ans à faire". C'est juste une question d'envie. Il faut que je me repose un petit peu, que je règle mes problèmes de mon côté pour ensuite revenir.

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Carte d’identité:

Nom: Anne-Sophie Mathis
Nationalité: Française
Lieu de naissance: Nancy
Âge: 35 ans
Catégorie: Welters
Palmarès: 26 victoires, 3 défaites
Distinction: Gants d'Or 2011

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