Lens : Gaël Kakuta, le facteur X

Lens : Gaël Kakuta, le facteur X©Media365
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Clément Pédron, publié le jeudi 17 décembre 2020 à 17h41

Encore brillant mercredi soir lors de la victoire de Lens contre l'AS Monaco où il a marqué un but, Gaël Kakuta n'arrête pas d'étaler toute sa classe depuis son retour dans le Nord l'été dernier. Délesté de tous les poids possibles, c'est dans cette disposition qu'il s'exprime le mieux.


La personne qui a fait venir Gaël Kakuta en Artois doit avoir un sacré flair. À peine cinq mois après son arrivée au Racing Club de Lens pour une seule petite année, le Français d'origine congolaise fait déjà les beaux jours de la formation nordiste. Pour preuve, à l'occasion de la victoire des Lensois sur l'AS Monaco au Louis II (3-0), le milieu offensif - auteur du troisième but - est devenu le premier joueur du club à être décisif lors de cinq matchs d'affilée en Ligue 1. Au cours de cette période, l'ancien des Blues de Chelsea affiche un bilan de 3 buts et 2 passes décisives, contre Nantes, Angers, Rennes, Montpellier et donc Monaco. Cette année, ses statistiques globales dans le championnat de France démontrent une aisance totale (7 buts, 3 passes en 14 matchs) et meilleure que l'an dernier avec Amiens.

Comment expliquer de telles performances ? D'abord, Gaël Kakuta a appris à ne pas prendre en considération, l'étiquette poussiéreuse de talent gâché que tout le monde lui rabâchait. « Tous ces voyages m'ont permis de parler espagnol, anglais, de comprendre l'italien et d'avoir une base néerlandaise, rappelait Kakuta à l'Équipe, l'été dernier. En Chine, ça m'a endurci. J'ai pris des coups. L'arbitre ne sifflait jamais. Maintenant, j'ai le réflexe de continuer mes actions. En Angleterre, il faut être capable de répéter les efforts. En Espagne, j'ai appris à ne plus précipiter mes gestes. (...) J'ai 29 ans. Certains arrivent à maturité à cet âge. Je ne doute jamais de mes qualités. Je n'ai aucun regret. J'ai encore l'envie de jouer au plus haut niveau, la C1. Mais si je peux faire trois saisons fantastiques à Lens, je ne dis pas non. Et, si possible, retrouver l'Europe avec ce club : je serais le plus heureux du monde. » En tout cas, son visage souriant et libéré crève en ce moment l'écran.


Sur le Rocher, face à une formation monégasque en quête de points pour suivre le peloton de tête, Gaël Kakuta a été partout, au four et au moulin à distiller ses mignardises habituelles. Le joueur formé au RCL puis parti à 16 ans à Chelsea, a surfé sur la dynamique de toute son équipe dont il est devenu, au fil des matchs, le chef d'orchestre : 46 ballons touchés, 88% de passes réussies, 2 tirs, 1 but, 3 dribbles réussis, un 100% dans le jeu long, une interception. Les rangées de statistiques démontrent certes des qualités absolues mais aussi et surtout, une adaptation parfaite au sein du jeu lensois. « J'ai eu le temps de faire une préparation complète et surtout de regarder comment mes partenaires évoluent sur le terrain, reconnaît l'ex Amiénois. Ici, il n'y a pas de star. »

Cette approche est révélatrice de la maturité du n°10 lensois, acquise au fil de ses nombreuses expériences à travers les onze clubs dont il a porté le maillot. Mais elle démontre également l'ambiance autour de l'équipe, légère et disciplinée, sans passe-droit ni traitement de faveur. Les joueurs y sont tous à égalité même si Frank Haise, le technicien, convient qu'il y a des exceptions. « J'ai sorti Gaël (Kakuta) à la 57eme pour le préserver, reconnaissait l'entraîneur à la fin du match contre Monaco. [...] Bon, je dois quand même dire qu'il y a des joueurs indispensables. » Kakuta lui, n'en à que faire. Il joue, s'amuse, danse avec le cuir dans un ballet parfaitement coordonné. Il faut juste en profiter.

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