Grosjean s'est calmé

Romain Grosjean espère avoir mangé son pain noir. (Reuters)

Romain Grosjean espère avoir mangé son pain noir. (Reuters)

Responsable de deux accidents, dont l'un en Belgique qui a fait passer un sacré frisson à Fernando Alonso et lui a coûté un Grand Prix de suspension, Romain Grosjean s'est bien tenu lors de la dernière course en Corée du Sud. Charge à lui de retrouver des résultats conformes à son début de saison, où il était monté trois fois sur le podium. Il lui faudra trouver le juste milieu entre son tempérament d’attaquant et une nécessaire réserve.

Oui, Romain Grosjean est un pilote à peu près comme les autres. Après ses deux départs bazardés en Belgique (voir encart) puis au Japon, le Français avait été la cible des critiques de ses collègues. Même l’un des plus calmes, en l’occurrence Mark Webber, l’avait qualifié de "taré du premier tour" à Suzuka, alors que le pilote Lotus l’avait accroché à l’entrée du deuxième virage. "Tous les autres pilotes essaient de se battre pour des résultats corrects chaque week-end. Mais lui, tout ce qu’il essaie de faire, c’est d’arriver le plus vite possible au troisième virage à chaque course."

Depuis, le protégé d’Eric Boullier s’est excusé. Et surtout, il a prouvé en piste qu’il pouvait se comporter de manière correcte. "Evidemment, j’étais un peu nerveux au départ, admettait-il à Yeongam. Mais nous avons fait de gros efforts pour comprendre certaines choses, et ça a certainement aidé. Le départ n’a pas été des plus faciles et j’ai évité les actions risquées." Parti de la septième place, Romain Grosjean a fini à la même position. Ces quatre points doivent lui permettre de réenclencher la machine.

Boullier était peut-être le plus soulagé

"Ça s’est passé assez normalement. Je suis content d’avoir franchi la ligne d’arrivée après une course propre." Et le plus soulagé était peut-être Boullier, qui a toujours défendu son poulain et a très largement contribué à lui offrir sa deuxième chance en Formule 1. "C’était bien de le voir piloter très finement, malgré la pression qui pesait sur ses épaules. Je crois qu’il apprend de ses expériences et ça le rendra encore plus fort." C’est à souhaiter, et la fin de saison 2012 fera déjà office de test pour le natif de Genève. A commencer par l'Inde ce week-end.

Reconduit dans ses fonctions au côté de Kimi Räikkönen pour 2013, Romain Grosjean a quatre Grands Prix pour, au minimum, aider son équipe dans la lutte à la deuxième place du classement des constructeurs (Lotus est quatrième à 29 points de McLaren et à 35 unités de Ferrari). "Même si la troisième place s’éloigne, nous ne rendons pas les armes", confirme Boullier. Pour monter à nouveau sur un podium, ce que l’ancien coéquipier de Fernando Alonso a réussi à trois reprises cette année, ça prendra sans doute un peu plus de temps. Celui de retrouver le savant mélange entre agressivité et efficacité.

Alonso avait eu chaud

Avant son accrochage avec Mark Webber lors du Grand Prix du Japon, Romain Grosjean avait surtout écopé d'un Grand Prix de suspension suite au carambolage qu'il avait provoqué à Spa. Au départ du Grand Prix d'Italie, le Français avait percuté Lewis Hamilton avant de s'envoler juste au-dessus de Fernando Alonso. Un des pneus de sa Lotus, à pleine vitesse, avait notamment frôlé le casque du pilote Ferrari.

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