Ferrari y croit encore

Fernando Alonso compte bien souffler à Sebastian Vettel sa troisième couronne.

Fernando Alonso compte bien souffler à Sebastian Vettel sa troisième couronne.

Si Sebastian Vettel et le team Red Bull viennent de remporter les quatre derniers Grands Prix en date, la Scuderia Ferrari n’a pas renoncé à voir son pilote vedette, Fernando Alonso, triompher le 25 novembre prochain à Interlagos. Dans cette perspective, l’Espagnol compte bien s’illustrer ce week-end à Abu Dhabi, au volant d’une F2012 qu’il espère compétitive.

Chacun ses souvenirs, plus contrastés qu’il n’y paraît. Si Sebastian Vettel s’y est fait peur l’an dernier, contraint à l’abandon après un tête-à-queue et une crevaison subis dès le deuxième virage, le Grand Prix d’Abu Dhabi demeure source de vives émotions pour l’Allemand: "En 2009, j’y ai remporté la course, de même qu’en 2010, en plus de mon premier titre de champion du monde. Ce sont des moments que je n’oublierai jamais." Mêmes nuances sans doute dans la mémoire de Fernando Alonso, deuxième dans l’émirat la saison passée après avoir échoué dans sa quête d’un troisième sacre mondial une année plus tôt, sur une grossière erreur de son team.

Le circuit de Yas Marina pourrait bien marquer un nouveau tournant dans la carrière des deux hommes ce week-end. Vettel et Alonso n’étant séparés que de 13 unités à trois Grands Prix de la fin du championnat. Avec une dynamique favorable il est vrai au premier, vainqueur des quatre dernières courses en date, à Singapour, au Japon, en Corée du Sud et en Inde. Dépossédé  du trône depuis Sepang, après cinq mois de règne, le Taureau des Asturies n’a pas abdiqué pour autant. La Scuderia Ferrari non plus.

"Il reste encore 75 points en jeu, c’est considérable ! Je suis toujours très optimiste même si je sais que nous devons impérativement améliorer nos performances, en particulier en qualifications, dixit l’Espagnol, double champion du monde 2005-2006. Aujourd’hui nous n’avons pas la voiture qu’il faut pour gagner mais nous aurons des améliorations à Abu Dhabi. Espérons que cela nous permettra de faire un pas en avant car il est désormais primordial de réduire l’écart avec les Red Bull."

Newey se méfie d’Alonso

Cette sérénité dans l’urgence pour le moins singulière, Luca Di Montezemolo la partage pourtant, le président en personne appelant à la patience: "Attendons un peu la suite. Personnellement, je crois encore à la victoire." Même optimisme dans les mots du directeur sportif Stefano Domenicali: "Nous sommes encore en lice et avons trois courses pour maximiser notre performance en qualifications." Une tâche qui incombe à Pat Fry, lequel se veut également confiant: "Nous devons mettre plus de pression à Vettel, et j’espère que nous le ferons à Abu Dhabi. Si nous parvenons à améliorer nos positions en qualifications alors tout pourrait se jouer sur la dernière course au Brésil !"

Pour ne pas voir Sebastian Vettel coiffer sa troisième couronne à Austin et ménager le suspense jusqu’à Interlagos, l’écurie au cheval cabré promet des évolutions significatives ce week-end. Un nouvel aileron arrière, d’ores et déjà validé, devrait ainsi permettre aux F2012 de gagner quelques km/h en ligne droite. Pas de double DRS en revanche à l’horizon… "Ils ont de la marge, constate Fernando Alonso. Chez Ferrari, nous travaillons très dur pour qu’ils n’aient plus cette marge sur les trois derniers Grands Prix de la saison."

Plus que ces supposées avancées aérodynamique, c’est bien le talent du pilote n°1 de la Scuderia que l’on redoute à Milton Keynes, dans le fief de Red Bull. "Rien n’est fait, il reste trois courses à négocier, souligne Adrian Newey, le génial concepteur des bolides au taureau rouge. Fernando n’abandonne jamais. C’est un tel compétiteur !" Le directeur technique de l’écurie autrichienne peut néanmoins se montrer satisfait. Sauf improbable cataclysme, Red Bull entrera dimanche ou quinze jours plus tard dans le cercle très fermé des teams sacrés trois fois consécutivement, avec Ferrari, McLaren et Williams. Les 91 points de retard de la Scuderia sur sa rivale au classement des constructeurs semblant aujourd’hui insurmontables.

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