Drapeau rouge pour le GP de France

Que ce soit à Magny-Cours ou au Castellet, la F1 ne passera visiblement pas par la France en 2013. (Reuters)

Alors que les circuits de Magny-Cours et du Castellet avaient déposé leurs dossiers de candidature, le Grand Prix de France ne figurera pas au calendrier du championnat du monde de F1 en 2013. L’Etat a fait savoir ce mardi par la voix de la ministre des Sports Valérie Fourneyron qu’il ne pouvait prendre part à l’aventure. Une fin de non recevoir fatidique, au moins à court terme.

Ce n’est pas une surprise, il faudra au moins attendre une année de plus pour espérer le retour de la F1 en France. Australie, Malaisie, Chine, Bahreïn, Espagne, Monaco, Canada, Etats-Unis (New York et Austin), Grande-Bretagne, Allemagne, Hongrie, Belgique, Italie, Singapour, Japon, Corée du Sud, Inde, Abu Dhabi et Brésil, tel devrait être le tour du monde du grand cirque cher à Bernie Ecclestone en 2013. Pas de place donc pour l’Hexagone. Un verdict qui devrait être confirmé ces prochains jours par le Conseil mondial de la Fédération internationale de l’automobile.

Ces derniers mois, les partisans des projets Magny-Cours et Castellet avaient pourtant peaufiné leur dossier, avec en ligne de mire un rendez-vous crucial entre Nicolas Deschaux, le président de la FFSA, et Valérie Fourneyron, la ministre des Sports, dont le verdict a été rendu ce mardi. Et les nouvelles, attendues, ne vont pas dans le sens d’un retour en fanfare du sport automobile roi. Pas plus dans la Nièvre que dans le Var. Si les deux sites "possèdent les qualités requises pour accueillir un Grand Prix", dixit la ministre suscitée en personne, "il n’entre pas dans la mission de l’Etat d’organiser un Grand Prix de Formule 1." Autrement dit, le gouvernement n’a aucune intention de mettre la main à la poche pour soutenir l’un ou l’autre de ces desseins.

"Le budget du ministère chargé des sports n’avait en aucun cas vocation à contribuer au financement direct d’un tel événement, géré par une entreprise commerciale, ni à en couvrir les éventuels risques financiers", avait prévenu Valérie Fourneyron à l’occasion d’une précédente réunion entre les acteurs concernés. Une posture réaffirmée ce mardi: "Dans le souci de préserver les finances publiques d’un risque inconsidéré, la ministre indique que les montages juridiques et financiers des deux projets ne sont pas acceptables en l’état", peut-on lire dans un communiqué.

Deux raisons à cela: les recettes éventuelles ne sont à ce jour aucunement assurées et le coût d’achat de la compétition et son évolution au regard de la parité euro/dollar ne sont pas stabilisés. Une implacable conclusion que Nicolas Deschaux choisit d’encaisser avec philosophie: "Je tiens tout d’abord à saluer le sérieux du travail accompli par les deux candidats, ainsi que le volontarisme, notamment financier, des collectivités territoriales respectivement impliquées. J’ai eu confirmation de la part de madame la ministre qu’aucune implication financière de l’Etat ne saurait avoir lieu dans ce dossier. Si cette position est certes conforme à celle exprimée régulièrement par les représentants de l’Etat depuis 2009, je ne peux toutefois que la regretter, compte tenu notamment du soutien apporté par l’Etat sur d’autres évènements sportifs. […] J’interpellerai dans les jours à venir les porteurs des deux projets, afin d’envisager avec ces derniers les conditions de poursuite de leurs candidatures." Rendez-vous en 2014 ?