Voeckler de lion

Thomas Voeckler avait déjà gagné à Bagnères-de-Bigorre, en 2010. (Reuters)

Thomas Voeckler avait déjà gagné à Bagnères-de-Bigorre, en 2010. (Reuters)

Cette seizième étape du Tour de France 2012, disputée mercredi entre Pau et Bagnères de Luchon, fut encore un jour de gloire pour Thomas Voeckler, vainqueur dans la grande étape des Pyrénées. Le chouchou du cyclisme français, qui avait déjà gagné à Bellegarde, a été au bout de sa grande chevauchée, grappillant au passage les pois du maillot de grimpeur. Statut-quo chez les favoris avec un Bradley Wiggins plus en jaune que jamais et un Cadel Evans en détresse.

Thomas Voeckler a illuminé mercredi une 16e étape du Tour de France, qualifiée d’étape-reine, bien décevante par ailleurs. Car si la grande bagarre entre les prétendants au classement général n’a quasiment pas eu lieu, malgré le menu corsé composé des cols d’Aubisque, du Tourmalet, d’Aspin et de Peyresourde, le Français a été le grand animateur de la journée et, comme à Bellegarde-sur-Valserine une semaine plus tôt, "Ti-Blanc" a triomphé à Bagnères-de-Luchon, une station pyrénéenne qui l’avait déjà vu triompher sur le Tour il y a deux ans. Privé d’ambitions pour le classement général depuis la première semaine, Voeckler, qui a longtemps dû composer avec un genou récalcitrant, n’en a pas moins réussi sa Grande Boucle. Le voilà double vainqueur d’étapes, soit autant qu’avant le grand départ de Liège le 30 juin, mais aussi habillé du maillot à pois de meilleur grimpeur qu’il a de bonnes chances de ramener à Paris.

Comme on pouvait s’y attendre, il y a eu deux courses en une sur les 197 kilomètres qui menaient le peloton de Pau à Bagnères-de-Bigorre. Une pour la victoire d’étape, l’autre entre les favoris. La première, bien plus intense, s’est dessinée dès les premiers coups de pédale sur la route menant au pied de l’Aubisque, première grande difficulté du jour. La deuxième, cadenassée e par l’outrageuse domination de l’équipe Sky, n’a existé que grâce au courage et à la volonté de Vincenzo Nibali, le seul à avoir été capable d’attaquer Bradley Wiggins et son acolyte Christopher Froome, mais ce à 4 kilomètres seulement du sommet du col de Peyresourde, la quatrième et dernière ascension du jour. Si bien que le maillot jaune, qui n’a jamais compté plus d’une dizaine de secondes de retard sur le "requin de Messine" avec qui il a franchi la ligne d’arrivée, a passé une journée très tranquille, renforçant sa position à quatre jours de débouler sur les Champs-Elysées.

Evans perd ses dernières illusions

Dans la position du Britannique l’an dernier à la même époque, Voeckler n’a que faire de la bataille pour les places d’honneur cet été. C’est pour cela qu’il a pu, en compagnie de 37 compagnons, s’échapper et bénéficier ‘un bon de sortie de la part peloton. Un groupe composé de bons escaladeurs, tels Taaramae, Rui Costa, Vinokourov, Ten Dam, que l’Alsacien a fait exploser à la pédale. Ainsi, c’est avec le seul Brice Feillu, celui-là même qui s’était imposé à Arcalis voilà trois sans avant de disparaître des radars, qu’il a franchi en tête le mythique Tourmalet et l’Aspin, avant de lâcher irrémédiablement le coureur de Saur-Sojasun à sept kilomètres du sommet de Peyresourde, s’envolant seul vers la victoire, sa quatrième donc sur le Tour, après avoir franchi en tête les quatre grandes difficultés au programme.

Nouveau porteur du maillot à pois, qu’il a soufflé au Suédois Fredrik Kessiakoff qui n’a pu lutter que dans l’Aubisque, le 4e de la Grande Boucle 2011 est sur un nuage. "Je suis dans une autre dimension, ça tourne un peu, confie celui qui se sera imposé dans les deux étapes suivant les journées de repos. J’ai pris ascension par ascension. Pour moi, j’avais quatre courses aujourd’hui, deux cols hors catégorie (Aubisque, Tourmalet) et deux cols de première catégorie (Aspin, Peyresourde). Je cours dans ces montagnes depuis que j’ai 19 ans, je connaissais ces 191 kilomètres par cœur (197, ndlr), ça m’a beaucoup aidé. Je ne me rends pas compte, j’ai passé quatre cols en tête dans les Pyrénées, c’est quelque chose que je voyais à la télé quand j’étais enfant."

Son maillot à pois, qui lui permettrait de monter sur un podium à Paris pour la première fois de sa carrière, ne tient néanmoins qu’à un fil, ou plutôt à quatre points. "J’avais dit que ce n’était pas une obsession, mais avec le nombre de points distribués, une fois que l’échappée s’est dessinée, pour moi c’était l’objectif", a-t-il expliqué. Pour le remplir, il devra bien récupérer de ses efforts avant la dernière étape de montagne, demain, qui réservera cinq cols aux coureurs, dont le terrible Port de Balès. C’est peut-être sur ces pentes que le podium du Tour de France se figera définitivement, tant le trio Wiggins-Froome-Nibali semble au-dessus du lot après la défaillance essuyée par Cadel Evans, lequel a rétrogradé de la quatrième à la septième place du classement général après avoir abandonné près de quatre minutes sur le maillot jaune. Une sorte de passation de pouvoir en quelque sorte.

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