Un Perpignan de gala 

 Farid Sid

Farid Sid, auteur du premier des cinq essais catalans, avant de céder sa place sur blessure.

Après trois défaites consécutives, Perpignan a enregistré une deuxième victoire d’affilée samedi après-midi, à l’occasion de la cinquième journée du Top 14. L'Usap a imposé sa loi face au champion de France Toulouse (34-20), dans un Stade de Montjuic qui lui réussit décidément bien. Cinq essais à deux: le bonus est au bout pour les Perpignanais.             

"Est-ce que ça nous porte bonheur ? Effectivement, on peut se poser la question…" Le troisième ligne Bertrand Guiry, interrogé sur Canal+ au coup de sifflet final, et ses coéquipiers perpignanais ne risquent pas de regretter cette nouvelle délocalisation à Barcelone, où samedi, cette fois dans le cadre du Top 14, cette nouvelle transhumance du peuple sang et or chez les voisins de la Catalogne du Sud, a surpassé, au moins du point de vue de la performance sportive, le quart de finale de H Cup victorieux (29-25), signé il y a dix-sept mois face à Toulon sur la pelouse du Stade olympique.

L’inespéré carton (34-20) réussi par l’équipe de Marc Delpoux ce samedi aux dépens d’un Stade Toulousain mis en pièces comme rarement est de ces succès fondateurs qui, sans présumer de l’avenir de l’Usap dans ce championnat, jettent les bases de lendemains prometteurs. Cinq essais à deux, soit autant que les Catalans en avaient inscrit depuis le coup d’envoi de cette saison, et surtout un premier acte tout feu tout flamme au cours duquel cette équipe en reconstruction aura su surmonter ces limites actuelles en mêlée fermée, et notamment l’absence de son capitaine Nicolas Mas, pour inscrire, sans en rendre un seul, quatre essais (*) et faire voler en éclats un champion de France qui risque de se souvenir longtemps de sa première expédition en terre barcelonaise… Sur cette colline de Montjuic que l’Usap libérée après ce deuxième succès en deux matches et ces neuf points pris, rêve déjà d’investir à nouveau. 

Quatre essais inscrits en une période...

Le stade olympique peut bien sonner un peu creux sous le soleil barcelonais, David Marty et les siens se chargent se réchauffer l’ambiance. Le coup de pied de renvoi, signé James Hook, qui a suivi l’ouverture du score de Luke McAlister suite à la première mêlée pénalisée côté catalan (0-3, 2e), met en difficultés Clément Poitrenaud, repositionné à l’arrière ; il offre surtout une première munition, dont l’attaque sang et or fait des merveilles avec ce ballon porté en deux passes allongées sur toute la largeur du terrain jusqu’à Farid Sid, qui fête son retour au jeu par un premier essai dans ce choc (5-3, 3e). Toulouse est prévenu et se refait la cerise, en dépit du forfait de dernière minute de son talonneur Gary Botha, dans un secteur de la mêlée, sinistré côté perpignanais et où sa supériorité attendue se confirme avec déjà trois duels entre les deux packs pour autant de pénalités en faveur des Champions de France. Des 58 mètres, McAlister redonne l’avantage aux siens (5-6, 5e), mais le Stade manque de continuité dans ses intentions, perd des ballons à l’impact et pêche par indiscipline, à l’image de Vincent Clerc sous ses poteaux, qui offre trois points gratuits à Hook (8-6, 12e). Quand McAlister connaît un premier échec (15e).

Les Toulousains n’y sont pas et finissent par céder une première fois dans le combat des deux paquets d’avants : une cinquième pénalité sur la cinquième mêlée fermée, derrière laquelle Hook renverse le jeu au pied pour  offrir à Bertrand Guiry à l’affût, un ballon d’essai que Yoann Huget, gêné par le soleil, n’a pu contrôler à son tour (15-6, 24e). L’Usap prend confiance et se déchaîne, capable d’inscrire déjà le troisième essai du bonus offensif sur cette roublardise de Guilhem Guirado, dont le lancer à cinq mètres de la ligne toulousaine, remis instantanément par Romain Taofifenua sur le talonneur international, envoie ce dernier en terre promise (20-6, 28e). Perpignan exulte, William Servat, sur le banc toulousain, un peu moins devant cet oubli grossier de son alignement…

Novès et son staff ne sont pas au bout de leurs peines avec ce quatrième coup de boutoir catalan que le troisième ligne écossais Alasdair  Strokosch, derrière cette succession de pick and go, concrétise en force (27-6, 36e). A la pause, les 21 points de retard de Dusautoir et ses coéquipiers sont saisissants, mais récompensent une performance perpignanaise de tout premier ordre.

Et la réaction attendue des Toulousains à la reprise non seulement ne vient pas, mais c’est le joker Richard Haughton qui profite des incroyables largesses défensives adverses pour aller à l’essai quasiment comme qui rigole (34-6, 43e). La manita de l’Usap a une sacrée allure, même après que M. Garces a accordé l’incontestable essai de pénalité que les "gros"  du Stade méritent (34-11, 47e). Mais il est dit que rien ne sourira dans cette rencontre aux Rouge et noir, qui jouent ce samedi en blanc, avec ce carton jaune pour Florian Fritz, coupable d’un plaquage à contretemps (61e) ou encore ce raté insensé de Clerc, trahi par ce rebond défavorable dans l’en-but catalan, alors qu’un cinquième essai s’offrait au meilleur marqueur du Top 14 (66e). L’unique essai dans le jeu, signé Yannick Nyanga en fin de match  (34-20, 66e), n’est qu’anecdotique au regard de cette très rare faillite des Hauts-Garonnais que Novès lui-même parvenait mal à réaliser : "Je ne suis pas effondré, mais stupéfait de voir ce laxisme, ce manque d’attention, la faiblesse dans nos déplacements, le manque d’investissement dans les plaquages, détaillait le manager toulousain dans un catalogue des horreurs sans doute pas exhaustif. On dira que c’est un énorme non match, on en tirera les conséquences qui s’imposent et on essaiera de se remettre en question plus tard…" A quinze jours du choc face à Toulon, le plus tôt sera le mieux…   

(*) Il faut remonter à 2009 pour trouver la trace d'un Stade Toulousain concédant 4 essais au cours de la première période : c'était à Castres, le 21 novembre 2009, et les joueurs de Novès s'étaient inclinés face aux Tarnais (30-10).

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