Montpellier se refait une santé  

William Accambray et Wissem Hmam ont défendu fort sur leur ancien coéquipier David Juricek. (Maxppp)

William Accambray et Wissem Hmam ont défendu fort sur leur ancien coéquipier David Juricek. (Maxppp)

Après trois défaites de rang toutes compétitions confondues et l’affaire des paris, Montpellier a regoûté aux joies de la victoire ce jeudi soir, au lendemain de la victoire de Chambéry à Aix-en-Provence (30-36). Dans sa salle, le champion de France en titre a battu Saint-Raphaël (29-26) et respiré un bon coup. Suite et fin de cette cinquième journée de Division 1 vendredi puis samedi.                   

Montpellier a gagné un match et c’est presque une sensation. Voilà où en est le club phare du handball français, lauréat de neuf des dix derniers titres de champion de France mis en jeu. L’affaire en cours des paris illicites lors de la rencontre face à Cesson-Rennes en mai dernier est passée par là et a affaibli l’ogre héraultais, privé jusqu’à nouvel ordre et peut-être définitivement de Nikola et Luka Karabatic, Issam Tej, Dragan Gajic et Primoz Prost. Sans cinq de ses cadres, le MAHB, qui par la voix de son président Rémi Levy semble déterminé à ne faire aucun cadeau à ces joueurs si leur culpabilité est avérée, restait sur trois défaites consécutives (à Paris, à Toulouse et contre Leon) avant de recevoir Saint-Raphaël jeudi soir pour le compte de la 5e journée du Championnat de France. Inutile de dire que l’obligation de résultat pesait sur la bande à Patrice Canayer dont les ambitions nationales comme européennes ont déjà pris du plomb dans l’aile.

Et l’éclaircie entrevue le week-end dernier contre les Espagnols de Leon en Ligue des Champions était bien annonciateur de lendemains plus rayonnants pour le MAHB. Opposés au troisième de l’exercice précédent, une formation varoise alignant d’entrée six anciens…Montpelliérains dans son sept de départ (!), les partenaires de Michaël Guigou, utilisé une petite quinzaine de minutes pour son premier match de la saison après avoir subi une arthroscopie du genou, ont allié talent et courage pour venir à bout d’un adversaire courageux mais lui aussi en quête de confiance après ses deux défaites concédées à Dunkerque et devant Paris. Souvent en tête au tableau d’affichage mais accrochés jusqu’au bout par les joueurs de Christian Gaudin, les Héraultais ont été cueillir la victoire dans le money-time grâce à un Wissem Hmam qui semble retrouver des sensations en attaque et à un Cristian Malmagro qui confirme sa montée en puissance.

Contraint en raison d’un effectif limité d’utiliser plus que prévu ses jeunes, Patrice Canayer pourra se réjouir de leur engagement, à l’image d’un Maxime Arvin-Bérod décisif en début de seconde période quand le navire commençait à tanguer. L’ailier gauche, meilleur buteur des siens, a alors inscrit six de ses sept buts, prenant le relais de William Accambray, bien plus efficace sur la base arrière qu’un Petar Metlicic hors sujet au tir. A l’issue du match, Patrice Canayer, sourire jusqu’aux oreilles, avouait au micro de Canal+Sport que cette victoire était "pas mal" dans la hiérarchie de ses succès acquis à la tête de l’équipe, lui qui barre le club héraultais depuis 1994. Exemplaire dans la tempête que traverse toujours son équipe, le technicien gardois continue de regarder devant lui. Il espère désormais que la tendance s’inversera aussi en Ligue des Champions, ce dès dimanche, même si l’affaire face à Hambourg s’annonce compliquée. Mais s’ils peuvent compter sur un Mickaël Robin aussi impérial que ce soir dans sa cage (27 arrêts !), alors les Montpelliérains ont le droit de rêver. Et ça, ça ne coûte rien.