Portrait : Martin Fourcade, l'icône du biathlon

Portrait : Martin Fourcade, l'icône du biathlon©Panoramic, Media365
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Paul Rouget, Media365 : publié le vendredi 12 novembre 2021 à 16h36

Parti à la retraite en 2020, Martin Fourcade restera comme l'un des plus grands champions de l'histoire du biathlon. Le Catalan est notamment le Français à avoir remporté le plus de titres olympiques.



Le 14 mars 2020 à Kontiolahti (Finlande), Martin Fourcade mettait un terme à son immense carrière en remportant sa 83e et dernière victoire, dix ans jour pour jour après son tout premier succès en Coupe du monde. Et le Catalan aura marqué à tout jamais l'histoire du biathlon. Il est d'ailleurs le seul à avoir réussi à remporter sept fois le classement général de la Coupe du monde, devançant ainsi deux autres icônes de ce sport, la Suédoise Magdalena Forsberg et le Norvégien Ole Einar Bjoerndalen.

Il a également glané 28 médailles lors des Mondiaux, dont 13 en or. Et il a été sacré à 11 reprises individuellement. Il reste aussi le Français avec le plus de médailles (sept) et de titres olympiques (cinq), dont trois en individuel, avec deux sacres en mass start (2014 et 2018) et un autre en poursuite, à Sotchi. Porte-drapeau de l'équipe de France aux JO de Pyeongchang, il a été fait officier de la Légion d'honneur en 2018. Et en 2020, il avait été élu sportif préféré des Français, devançant Kylian Mbappé et Julian Alaphilippe.

"Je me suis rendu compte que je comptais pour les Français"

"Touché" par cette distinction, il avait alors évoqué pour France 3 Occitanie sa "relation privilégiée" avec le public français : "Elle s'est imposée à moi. Au début, c'était une démarche personnelle. J'ai fait du sport de haut niveau en voulant être champion olympique et c'était égoïste. Mais au fil du temps je me suis rendu compte que je comptais pour les Français. Pour moi ça a été très important. Cette relation a fait la puissance de cette aventure."

Mais s'imaginait-il en chouchou des Français lors de ses débuts dans la discipline ? Ce qui est certain, c'est qu'il a toujours eu une "inextinguible soif" de réussite. "J'ai toujours eu en moi la graine (le gène ?) du compétiteur", racontait-il dans son livre Mon Rêve d'or et de neige, sorti en 2018. Il y racontait son enfance et notamment ses rapports avec ses deux frères et en particulier son aîné Simon, qui a quatre ans de plus que lui et était aussi membre de l'équipe de France de biathlon.


Et la hiérarchie sportive entre les deux frères avait définitivement tourné en 2010, lors des Jeux olympiques de Vancouver. Le cadet avait décroché sa toute première médaille aux JO en terminant à la deuxième place de la mass start, alors que Simon n'avait pu faire mieux que 14e. "Mon sang se glace lorsque je l'aperçois enfin. En pleurs. Caché derrière le drapeau tricolore de mon père. Je suis en train de vivre le plus beau moment de ma vie tandis que mon frère, lui, vit le pire. En une fraction de seconde, j'ai perdu le sourire qui ne m'avait pas quitté depuis le matin", écrivait-il encore dans ce premier livre.

Johannes Boe, son "ennemi juré"

Martin Fourcade allait ensuite poursuivre son ascension vers les sommets du biathlon, avec le succès que l'on sait. Avant de se faire un "ennemi juré" en la personne de Johannes Boe, qui lui a succédé au palmarès de la Coupe du monde. Le Norvégien avait ainsi confié que, certaines années, les deux rivaux "ne se saluaient même pas". Ce qu'avait ensuite confirmé Fourcade dans un ouvrage consacré au frères Boe, Johannes et son aîné Tarjei. "Johannes allait me faire complètement craquer. Je n'ai jamais eu la même relation avec Johannes qu'avec Tarjei, que je connais depuis les Mondiaux juniors 2007. C'est peut-être parce qu'il est plus jeune et que j'avais énormément de respect pour lui en tant que biathlète. Il n'est pas possible d'être ami avec son plus grand rival. Johannes était mon ennemi juré", reconnaissait-il ainsi dans le livre Brødrekraften.

Une preuve de plus qu'il n'a jamais été homme à mâcher ses mots. Il dénonçait d'ailleurs régulièrement le dopage dans son sport, où il ne s'est donc pas fait que des amis. Le natif de Céret (Pyrénées-Orientales) suit toujours le biathlon de près. Et il pourrait bientôt intégrer le Comité international olympique (CIO), après avoir obtenu le soutien du Comité National Olympique et Sportif Français (CNOSF). Et nul doute qu'il y fera entendre sa voix s'il est élu...

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