Coupe de France : Les trois grandes surprises du 21eme siècle

Coupe de France : Les trois grandes surprises du 21eme siècle©Media365

Thomas Siniecki, Media365 : publié le mardi 14 décembre 2021 à 19h10

Alors que les 32emes de finale de Coupe de France, une fois n'est pas coutume, ont lieu cette année dès le mois de décembre (à partir de jeudi avec Valenciennes - Strasbourg), retour sur les trois finalistes amateurs qui ont marqué la compétition.


Calais (2000)

C'est évidemment l'épopée qui reste la plus marquante et ancrée dans les mémoires de tous les Français. Le phénomène du CRUFC, avec son entraîneur Ladislas Lozano et son capitaine Réginald Becque, avait largement dépassé le cadre du football, ce qui avait provoqué un record d'audience pour la finale face à Nantes (plus de 13 millions de téléspectateurs) après laquelle Mickaël Landreau invitait son homologue à lever le trophée avec lui. Les Calaisiens, qui restent les seuls pensionnaires de quatrième division à avoir atteint cette ultime marche dans l'histoire de la Coupe de France, passent dix tours au total. Parmi lesquels quatre exploits retentissants, dont deux monumentaux face à des équipes de première division.

D'abord leur 32eme de finale contre Lille, qui évolue alors en D2, remporté aux tirs au but (1-1 a.p., tab : 7-6) ; puis le huitième face à un autre pensionnaire de deuxième division, Cannes (1-1 a.p., tab : 4-1) ; ensuite le quart contre Strasbourg, première formation de l'élite éliminée (2-1) et cette fois sans prolongation, Christophe Hogard et Jocelyn Merlen répondant en fin de première période à la rapide ouverture du score d'Olivier Echouafni ; et bien sûr l'apothéose, en demi-finales contre Bordeaux à Bollaert, qui avait déjà accueilli le match précédent. Calais s'impose 3-1 en prolongation devant les champions de France, dans une atmosphère démente. En finale, la folie ne retombe pas après le premier but de Jérôme Dutitre à la demi-heure de jeu. Les Nantais renversent la situation sur un ultime penalty contesté d'Antoine Sibierski à la dernière minute.

Quevilly (2012)

Douze ans plus tard, c'est une équipe du troisième niveau qui va faire rejaillir les souvenirs. Les joueurs sont un peu plus professionnalisés que ceux de Calais, mais ils ne le sont pas totalement non plus - à l'inverse de ceux de Nîmes ou Amiens, autres clubs de National à être allés en finale, battus respectivement par Auxerre en 1996 (2-1) puis par Strasbourg en 2001 aux tirs au but (0-0 a.p., tab : 5-4). Après Ladislas Lozano, c'est au tour de Régis Brouard de se faire un nom sur le banc. Déjà, en 2010, Quevilly s'était hissé jusqu'en demi-finales contre le Paris Saint-Germain (0-1), alors que l'équipe n'évoluait qu'en CFA et sortait notamment Rennes en huitièmes (1-0) puis Boulogne-sur-Mer en quarts (3-1).

En 2012, Quevilly est monté en National et fait donc mieux que confirmer son rapport si particulier à la Coupe : comme deux ans plus tôt, Angers est encore victime des terribles Normands, sur le même score de 1-0 et à nouveau en seizièmes de finale. La qualification contre l'Olympique de Marseille, en quarts de finale au terme d'une prolongation dantesque (3-2 a.p.), installe une douce folie après le doublé de John Ayina aux 111eme et 117eme minutes, répondant à celui de Loic Remy (85eme, 112eme). Le jeune attaquant, âgé alors de 21 ans, évolue désormais à Thonon-Evian, en National 3. En demi-finales, c'est à nouveau une vieille connaissance qui tombe, Rennes (2-1), sur un but d'Anthony Laup dans le temps additionnel. Lyon brise le rêve en finale, ne l'emportant que sur la plus petite des marges (1-0) grâce à Lisandro Lopez en première période.


Les Herbiers (2018)

C'est la dernière grande aventure en date, plus proche de Quevilly que de Calais, puisque les Vendéens évoluaient eux aussi en National et non en CFA. Mais les joueurs du coach Stéphane Masala, contrairement à leurs deux illustres prédécesseurs, n'ont pas eu à éliminer une seule équipe de Ligue 1 pour arriver en finale. Leurs deux qualifications successives contre deux formations de Ligue 2, à Auxerre (0-3) puis devant Lens aux tirs au but (0-0 a.p., tab : 4-2), n'en sont pas moins remarquables. Aux Herbiers, on profite surtout de cette formidable opportunité et du tirage au sort pour valider le travail à l'occasion des demi-finales.

A domicile, en l'occurrence à Nantes, le duel de National est remporté contre Chambly (2-0), tandis que l'autre match met aux prises Caen et le PSG. C'est donc surtout pour leur finale que les représentants de troisième division sont restés dans les souvenirs, contre le grand club de la capitale qui ne s'est imposé que 2-0 au Stade de France, sur deux buts de Lo Celso et Edinson Cavani sur penalty. Une aventure qui a coûté de sacrées plumes puisque le club est descendu simultanément en National 2, où il figure encore depuis. "C'était difficile, expliquait l'an dernier l'entraîneur (pour L'Equipe). Vingt joueurs sont partis, le préparateur physique et l'entraîneur des gardiens aussi. Mais forcément, il reste beaucoup de souvenirs, d'images, de vécu. Et du relationnel. On a une histoire commune, on sent qu'il y a toujours un lien fort." Et même indélébile, assurément.

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