Mermoz:"Entouré de joueurs modèles"

Maxime Mermoz goûte le degré d'exigence qui prévaut dans le quotidien du RCT. (Maxppp)

Maxime Mermoz goûte le degré d'exigence qui prévaut dans le quotidien du RCT. (Maxppp)

Comme lors de chaque période estivale, notre rédaction vous propose un tour de France des clubs de Top 14 avant le début des hostilités prévu le 17 août prochain. Focus ce jeudi sur Toulon qui, à l'image de sa nouvelle recrue Maxime Mermoz, aborde cet exercice avec ambition. Le trois quart-centre compare même la qualité du groupe à celui d'une sélection nationale.

Maxime, vous avez enfilé votre premier maillot rouge et noir face à l’Union Bordeaux-Bègles (35-0) en amical. Vos sensations ?
Tu te dis «Ça y est, c’est parti, une nouvelle aventure commence.» Même si ce n’était qu’en amical, même si ce n’était pas Mayol, ça fait partie de ces moments qui marquent et permettent de réaliser vraiment et de rentrer dans le bain. Le temps de la découverte, des sourires et d’une forme d’insouciance, même si la préparation a été très sérieuse, est passé d’une certaine façon. Là, on est dans la concentration et cette exigence déjà proche de celle qu’il faudra avoir en championnat.

Cette exigence semble avoir eu un écho auprès de l’ensemble du groupe malgré une intersaison de six semaines d’une longueur inhabituelle ?
Il y a eu une reprise assez tardive, c’est vrai, seulement une semaine avant le premier match amical. Mais on est tous rentrés en forme, tout les mecs ont été sérieux. Ça ne garantit sans doute pas les victoires, mais on a senti un état d’esprit assez flagrant sur le terrain, les mecs n’ont surtout pas envie de subir les choses, surtout au regard de toutes les attentes autour du club et de l’équipe. La dynamique est bonne pour travailler.

Quelles sont vos premières impressions dans le jeu au contact de vos nouveaux et prestigieux coéquipiers ?
C’est vrai qu’individuellement, ça facilité sans doute les choses, c’est peut-être plus simple et ça réclame surtout de se focaliser sur sa performance avant tout ; ça peut décharger de certains soucis. Ces gars-là, ça reste des modèles. Quand tu es entouré de joueurs de ce calibre, des gars en pleine maturité, qui pour la plupart ont marqué le rugby dans leur pays, et que tu bénéficies d’un staff comme le nôtre, il est évident que lorsqu’on s’entraîne ou que l’on va jouer en match, il n’y a pas de questions à se poser. Comme j’ai pu le vivre à Perpignan ou au Stade Toulousain quand tous les postes sont doublés, voire même triplés et que tout le monde se tire la bourre. Même les plus jeunes qui côtoient le groupe appliquent cette exigence. Tout le monde évolue dans cette dynamique. C’est quelque chose que tu ressens aussi en équipe de France, c’est le sport de haut niveau qui le réclame, de savoir se remettre en question en permanence.

"Laporte, c’est comme Brunel, ce sont des patrons"

Pour vous, l’erreur dans un tel contexte, ce serait de vouloir en faire trop ?
Oui, complètement. L’important, c’est de ne pas vouloir surjouer, c’est m’appliquer sur le boulot que j’ai à faire sur le terrain que ce soit dans les rucks ou les lancements de jeu. Après, s’il y a un peu de place pour prendre un peu de liberté, je la prendrai, mais j’essaye de ne pas trop en faire. Faire des choses simples, mais bien les faire.

Le projet de jeu toulonnais diffère-t-il grandement de ce que vous pratiquiez à l’Usap ?
Oui, c’est quand même différent. Chaque coach a ses idées, mais ça reste du rugby. Après, tout est question de placement et de quelques principes de jeu qui diffèrent. En tout cas, on dispose d’un système clair qu’on s’attache à bien respecter. Un coach réclame surtout de la précision dans un cadre défini de jeu avec de la liberté dans ce système.

Vous aviez connu Jacques Brunel à Perpignan. Vous découvrez Bernard Laporte, autre ancien sélectionneur ?
Ils ont fait partie du même staff en équipe de France. Ce sont des patrons. Toute équipe que ce soit dans le monde du sport ou dans la société a besoin d’un patron et on sent, on voit, on peut peser l’importance du personnage. Il y a beaucoup de respect, même si c’est une approche peut-être différente en matière de communication.

Vous aviez l’habitude d’un club familial à Perpignan. Un mot sur le vestiaire toulonnais…
Tous les mecs sont ouverts d’esprit, personne n’est laissé de côté. Du fait de notre reprise tardive, on a été très vite mis dans le bain. Comme lors des rassemblements en équipe de France où le temps est compté. Là, de suite, on planche sur le rugby. Et une fois qu’on est sur le terrain, tout est plus simple. Il n’y a pas non plus 500 000 recrues. L’accueil est vraiment chaleureux et tu n’as qu’une envie, c’est de se mêler à ce groupe et faire partie de l’aventure.

"On n’est pas là pour prendre du bon temps sur la plage"

Est-ce qu’il transpire encore au sein de ce groupe quelque chose de la déception née des deux finales perdues la saison dernière ?
Je pense que les mecs d’un côté ont une certaine fierté du parcours réalisé, mais de l’autre, on sent des regrets, c’est évident. Et heureusement, je dirais. On sent que chacun à son niveau a l’envie de corriger les petites erreurs qui ont pu exister.

A quoi ressemblerait pour vous une saison réussie à Toulon ?
(catégorique) Un titre ! Au moins un titre. C’est logique, non ? On n’est pas là pour prendre du bon temps sur la plage. Evidemment, il y a la volonté de prendre tous ensemble du plaisir tous les week-ends et d’en donner d’ailleurs par la même occasion à notre public. Mais il ne faut pas se mentir non plus. Quand on s’entraîne, les mecs ici ne viennent pas pour se dire: « Ouais, je suis content, j’ai participé. » Ça passe par un titre que ce soit du point de vue individuel ou collectif.

Il y a 4 ans vous offriez dès votre première saison à l’Usap un titre qui échappait au club depuis plus d’un demi siècle. Vous dites-vous qu’un tel scénario peut se reproduire à Toulon ?
Je ne me dis rien du tout. L’histoire nous le dira. Si c’est le cas, ce serait formidable, mais ça n’est pas du tout ma préoccupation du moment. La réussite d’un club et d’un groupe dépend de trop de choses.

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