Escale à Mont-de-Marsan

L'euphorie de la montée de Pro D2 bientôt mise à l'épreuve de l'élite. (Maxppp)

L'euphorie de la montée de Pro D2 bientôt mise à l'épreuve de l'élite. (Maxppp)

Comme lors de chaque période estivale, notre rédaction vous propose un tour de France des clubs de Top 14 avant le début des hostilités prévu le 17 août prochain. Au menu ce dimanche, le Stade Montois. Car, trois ans après sa chute, Mont-de-Marsan s'invite à nouveau à la table de l'élite du rugby hexagonal.

LA SAISON DERNIERE
Autant le titre de Champion de Pro D2 et l’accession du FC Grenoble avaient tout du sacre annoncé, autant le retour de Mont-de-Marsan dans l’élite ressemble furieusement à une divine surprise pour une équipe landaise qui, le 7 avril dernier, au soir d’une défaite à Béziers, se retrouvait écartée des places qualificatives et condamnée à jouer un match par semaine pendant trois mois par le hasard des reports. Non, vraiment, le Moun n’avait pas une tête de vainqueur. Marc Dal Maso lui-même le reconnaît aujourd’hui volontiers: "Ces douze matchs de rang sans repos ont été très durs à gérer. Il y a eu des moments difficiles. On savait qu'on avait du potentiel, mais de là à dire qu'on allait monter…, concède, cité par Sud-Ouest l’ancien entraîneur en chef. Il y avait beaucoup d'équipes très fortes. Et on n'était pas forcément meilleur que les autres". Pas forcément les meilleurs, mais habités d’un état d’esprit incomparable en fin de saison à l’heure du "money-time". Qui transcende la réalité d’un dixième budget de la Pro D2 capable de renverser en finale le favori palois, ses gros sponsors et ses gros moyens. La manière avec. Pour une sensation grosse comme ça. Et un billet direct pour le Top 14.

LA PHRASE : "On nous dit qu'on va être mangé par tous, gare quand même à l'indigestion !" (Jean-Robert Cazeaux, président du Stade Montois, dans Sud-Ouest)
A Mont-de-Marsan, à l’heure du retour dans l’élite, pas question malgré les évidences de jouer les victimes expiatoires. "Le Stade Montois a une bonne réputation, je pense que les amateurs de rugby sont contents de revoir le club dans l'élite, se plaît à penser le président Cazeaux qui, dès le lendemain de la finale victorieuse face aux Palois, a toutefois tenu à avertir et prévenir tout excès d’euphorie. Pour ne surtout pas se prendre pour ce que le club de la préfecture des Landes n’est pas: "On va démarrer avec ce que l'on a sans mettre le club dans une dérive financière. Ce sera mon rôle de garder le temple". Concrètement, le Stade Montois table sur un budget prévisionnel autour des 7 millions d'euros. Pas plus. Soit moins de la moitié du budget moyen en Top 14 (environ 17 millions d'euros la saison dernière).

LE RECRUTEMENT
Avant même de se pencher sur la question forcément problématique du recrutement dans un contexte financier aussi tendu et avec une entrée tardive sur le marché, Stéphane Prosper, l’entraîneur des arrières landais l’annonçait: "On est dans l'obligation de rechercher les perles rares…". Rejoint au sein du staff par l’ex-coach de Périgueux, Marc Dantin, "parce qu'une offre pareille ne se refuse pas", Prosper et l’encadrement ont bien tenté de tenir l’objectif. Un total de quinze recrues (11 contrats pros et 4 contrats Espoirs) entre opportunité de prêt (Laurent Magnaval, Toulon), souci d’apporter de l’expérience (Scott Murray, Castres ; Seru Rabeni, La Rochelle), de la polyvalence et de la puissance, notamment devant (Tevita Mailau, Auckland Blues ; Wame Lewaravu, Sale), et paris sur la jeunesse (Faatiga Lemalu, SAM ; Sebastian de Chaves, Lions). Autant de renforts qui ne font que retoucher un effectif de Pro D2 sur lequel le Stade Montois n’a d’autre choix que de s’appuyer.

LE JOUEUR A SUIVRE Jean-Marc MAZZONETTO
Si à Mont-de-Marsan, on a du cœur et des idées, on n’est pas vraiment du genre à jouer les stars. Depuis le départ de Timoci Matanavou pour Toulouse, les individualités n’ont pas l’habitude de sortir du rang. Autant dire que l’annonce de la sélection de l’arrière montois Jean-Marc Mazzonetto pour la dernière tournée des Barbarians au Japon au soir de la finale victorieuse face à Pau avait valeur d’évènement. A 28 ans, et après sept saisons de fidélité aux couleurs jaune et noir, Mazzonetto, à la différence de certains autres Babaa’s de l’été, n’est sans doute pas dans les petits papiers des sélectionneurs de l’équipe de France. Sa reconnaissance, c’est avant tout celle d’un club et de son retour au premier plan.

L'OBJECTIF
"On apportera un petit vent de fraîcheur sur le Top 14, comme l'Union Bordeaux-Bègles l'a fait cette saison". Le président Cazeaux montre la voie et l’exemple bordelo-béglais s’impose de lui-même. "En termes de jeu, on ne va pas renier nos idées, ni nos valeurs", renchérit Prosper pour repousser le spectre de la dernière saison montoise dans l’élite marquée par… vingt défaites en vingt-six matches. "En 2008, on a peut-être mis trop de temps à s'adapter au niveau du Top 14, se souvenait Marc Dal Maso à l’heure du départ. Il faudra que le Stade aille plus vite l'an prochain. Mais quoi qu'il se passe, cette montée sera bénéfique pour le club, car il sera obligé d'évoluer, que ce soit par rapport aux partenaires ou au sportif". On l’aura compris, en l’état, le Moun n’est pas armé pour le Top 14. Il suffit pour s’en convaincre d’entendre le vœu de Jean-Robert Cazeaux : "Si le projet Top 16 se faisait jour, cela nous permettrait de nous structurer plus facilement".

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