Karabatic, simple spectateur

Nikola Karabatic a suivi son équipe entouré de son avocat et de son agent.

Nikola Karabatic a suivi son équipe entouré de son avocat et de son agent.

A peine autorisé par la justice à revoir ses coéquipiers, depuis la levée de son contrôle judiciaire dans le cadre de l'affaire des paris illicites, Nikola Karabatic a rapidement pu retrouver son club de Montpellier. Mais des tribunes, l'arrière héraultais n'a pu qu'assister impuissant au match nul de son équipe face à Dunkerque (26-26), jeudi soir, lors de l’affiche de clôture de la septième journée.

A défaut de savoir s’il redeviendra un jour un joueur du MAHB, Nikola Karabatic était jeudi un spectateur presque comme les autres au milieu des quelque 6000 personnes présentes dans les tribunes de l’Arena Montpellier pour assister à l’affiche de clôture de la septième journée entre Montpellier et Dunkerque. Privé depuis sa garde à vue et sa mise en examen de contact avec son club et ses coéquipiers, la star du handball français, tête d’affiche malgré lui de l’affaire des paris illicites, n’a pas tardé à profiter de sa liberté retrouvée par la levée le matin même de son contrôle judiciaire. "C’est bien. Je suis heureux de voir qu’il est en bonne santé et qu’il peut venir à l’Arena. Je lui souhaite la bienvenue et j’espère qu’il appréciera le match", commentait, non sans une pointe d’ironie, Rémy Lévy, le président du MAHB sur Canal+ Sport à l’annonce de cette présence.

Amusé car le double champion olympique est actuellement en arrêt maladie, une condition suffisante pour ne pas le faire jouer en réponse aux déclarations de l’agent du joueur, Bhakti Ong. "Techniquement, il est sous contrat à Montpellier, il peut jouer. Le fait d’être mis en examen ne l’empêche pas de jouer. Il n’y a qu’une seule partie qui peut décider si Nikola rejouera vite ou non. C’est Montpellier", a confié ce dernier, se substituant à son client, attendu initialement à l’antenne de la chaîne cryptée. Sur l’insistance de ses conseillers, Karabatic, attendu le 30 octobre pour un entretien préalable à une procédure disciplinaire, a finalement préféré garder le silence pour préparer au mieux sa défense.

Il lui faudra en effet affuter ses arguments afin de convaincre la direction du club héraultais de ne pas le licencier comme elle en a pourtant l’intention. "Dans le contrat de confiance qui nous lie aux joueurs, nous devons savoir s’ils ont parié de façon directe ou indirecte sur ce match contre Cesson", a rappelé Rémy Lévy, le président du MAHB, sur Canal+ Sport, sans se faire d’illusions sur l’issue de la procédure. "Comment voulez-vous qu’il n’y ait pas de doute", a-t-il ajouté en s’appuyant sur les quelque 6000 pages du dossier d’instruction.

Guigou: "On a d’autres objectifs que le titre"

Drôle d’ambiance avec la présence de l’ancienne icône entourée de son agent et de son avocat, et drôle de match sur le parquet où Dunkerque comme Montpellier aurait pu l’emporter pour finalement se quitter sur un match nul (26-26). Un nul qui n’avait pas le même goût dans les deux camps. Avec un Gérard en état de grâce en première période (14 arrêts au final), le club nordiste, qui a fait la course en tête pendant les trois-quarts du match, pouvait en effet nourrir des regrets, surtout après avoir compté jusqu’à cinq buts d’avance au cœur de la seconde période (14-19). "C’est dur mais on est toujours invaincu, c’est ce qu’il faut se dire", relativisait le gardien d’une équipe de Dunkerque deuxième à deux points du leader parisien.

"Ils se sont battus avec leurs armes, on sent qu’ils ont ça dans leurs gènes", ajoutait-il à propos d’un club qu’il connaît pour y avoir été formé. Les hommes de Patrice Canayer ont effectivement fait preuve de courage pour ne pas exploser en première période, trouvant des solutions sur les ailes, avec Malmagro (auteur de huit buts), faute de pouvoir s’appuyer sur sa base arrière pas aidée par l’absence de pivot expérimenté. Un premier but d’Accambray, une supériorité numérique, un doublé de Metlicic en une minute et des inspirations toujours aussi géniales de Guigou permettaient même au MAHB, après avoir compté cinq longueurs de retard en seconde période, de prendre le score à trois minutes de la fin du match (26-24). Avant de manquer le coche. "On aurait pu perdre de beaucoup mais aussi l’emporter, résumait Guigou. On était très crispé au début, très tendu. Ce sont des choses qui arrivent. Mais on peut être fier. On ne perd qu’un point sur les trois derniers matches. C’est peut-être un point perdu mais dans le contexte actuel, c’est pas mal."

Quatrième à deux points de Chambéry et à trois de Dunkerque, Montpellier reste en effet dans la course à l’Europe, à défaut de pouvoir rivaliser avec Paris. "On ne va pas se mentir, on a d’autres objectifs désormais que le titre. Là où on peut avoir des regrets, c’est en vue de la deuxième place. Mais avec cette équipe, on peut envisager d’aller chercher une place en Coupe d’Europe. Si on s’accroche, on peut espérer." Avec ou sans Karabatic…

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