Gilbert, maître du monde

 Gilbert

Le Belge s'est imposé en solitaire à Valkenburg.

Sur un parcours similaire à celui de l'Amstel Gold Race, où il s'est imposé à deux reprises, Philippe Gilbert a décroché ce dimanche son premier titre de champion du monde, à Valkenburg aux Pays-Bas. Le Belge a fait la différence lors du dernier passage sur le Cauberg, où il a l'habitude de s'envoler. Il devance Edvald Boasson Hagen et Alejandro Valverde. Thomas Voeckler termine à une honorable septième place après avoir tout tenté.

Comme à la maison ! Sur des routes qu’il connaît par cœur, Philippe Gilbert a décroché son premier titre de champion du monde en domptant le Cauberg pour s’imposer en solitaire, dimanche, à Valkenburg. Le Belge a fait parler sa puissance lors du dernier passage sur le mont limbourgeois, pour finalement devancer de quelques longueurs Edvald Boasson Hagen et Alejandro Valverde. "C’est incroyable, j’ai dû mal à réaliser, lâchera-t-il après la ligne d’arrivée franchie. C’est quelque chose que je voulais depuis très longtemps. Etre sacré champion du monde à Valkenburg, c’est énorme, je suis un local ici !"

On se serait cru de retour en 2011, quand Gilbert volait littéralement à la conquête de toutes les classiques ardennaises. Mais ce Gilbert-là, on ne l’avait pas vu lors de la première partie de saison. Il a fallu attendre fin août pour le voir lever les bras une première fois en 2012, sur la Vuelta, où le Liégeois a décroché deux victoires. Deux bouquets qui symbolisaient le retour en forme du coureur de la BMC, suffisamment impressionnant pour que l’armada belge puisse faire de lui son co-leader en compagnie de Tom Boonen. Et Gilbert a assumé, en patron. Ou quand le roi des classiques se pose en roi du monde. 

Voeckler a tout tenté

"On a fait un grand travail. On a assumé la course du début à la fin, on mérite le titre", explique Gilbert. Il est vrai qu’avec les Britanniques, ce sont les Belges qui ont roulé toute la journée. D’abord derrière les deux échappées matinales. Puis derrière le groupe d’outsiders parti à 80 kilomètres de l’arrivée, à l’initiative d’Alberto Contador, et dans lequel on retrouvait Robert Gesink, Michael Albasini, Jonathan Tiernan-Locke ou encore Thomas Voeckler. Les Belges ne se sont jamais affolés. Il est vrai qu’avec Gilbert en puncheur et Boonen en sprinteur, ils disposaient d’une superbe paire d’as. Et grâce au concours de l’Australie de Simon Gerrans et de l’Allemagne de John Degenkolb, la jonction s’est faite à trente kilomètres de l’arrivée. Ils étaient alors une cinquantaine de coureurs, avec des puncheurs (Rodriguez, Valverde, Voeckler…) et des sprinteurs (Sagan, Boasson Hagen, Degenkolb…). Mais entre tous ces cadors, c’est bien Gilbert qui, sur le Cauberg, était le plus fort. 

"C’est un col qui me convient très bien, on peut monter sur le grand plateau, et c’est mon point fort", analyse Gilbert. Du reste, le double vainqueur de l’Amstel Gold Race (dont l’arrivée est jugée au sommet du Cauberg) a répondu à l’accélération de Vincenzo Nibali pour aller s’envoler vers un triomphe en solitaire. Edvald Boasson Hagen et Alejandro Valverde étaient trop courts pour disputer autre chose que la médaille d’argent, quelques mètres devant un peloton réglé par John Degenkolb. "Avec le vent favorable, je suis allé très vite vers l’arrivée, raconte Phil'. Mon compteur de vitesse ne descendait pas en dessous des 60 kilomètres/heure."

Pas si loin que ça, Thomas Voeckler est parvenu à se glisser à la septième place. A la pédale, le leader désigné de l’équipe de France n’a pas la puissance de Gilbert pour mettre tout le monde d’accord. Il lui fallait attaquer et user de sa science de la course. A ce titre, on ne peut pas lui reprocher de n’avoir rien tenté. En réponse à l’attaque de Contador, Voeckler s’est glissé dans un groupe de 29 coureurs où il a retrouvé Jérôme Coppel et Maxime Bouet, échappés "matinaux". Ces derniers se sont sacrifiés pour leur leader, mais seul les Espagnols sont venus les relayer. Résister pendant 80 kilomètres au retour du peloton, c’était mission impossible. D’autant que la volonté et la confiance des Belges étaient inébranlables. Gilbert a prouvé pourquoi. 

Le classement:

1. Philippe Gilbert (Belgique)
2. Edvald Boasson Hagen (Norvège)
3. Alejandro Valverde (Espagne)
4. John Degenkolb (Allemagne)
5. Lars Boom (Pays-Bas)
6. Allan Davis (Australie)
7. Thomas Voeckler (France)
8. Ramunas Navardauskas (Lituanie)
9. Sergio Henao (Colombie)
10. Oscar Freire (Espagne)