Mormeck, le rêve brisé

Jean-Marc Mormeck n'a rien pu faire face à Wladimir Klitschko. (Reuters)

Jean-Marc Mormeck n'a rien pu faire face à Wladimir Klitschko. (Reuters)

Il n’y a pas eu match. Jean-Marc Mormeck n’a pas pu rivaliser avec Wladimir Klitschko, samedi à l'ESPRIT arena de Düsseldorf, pour le titre de champion du monde des poids lourds. Dominé dès les premières secondes, le Français de 39 ans n’a jamais trouvé l’ouverture face à l’allonge de l’Ukrainien. Tombé une première fois dans le deuxième round, le Guadeloupéen a été arrêté par l'arbitre au quatrième.

Le rêve de Jean-Marc Mormeck de devenir le premier Français champion du monde des poids lourds, catégorie reine de la boxe, a tourné au cauchemar. Un court cauchemar, puisque le combat n'a même pas duré quatre rounds, soit douze minutes, mais un cauchemar qui traumatise et qui hantera Mormeck, 39 ans, peut-être encore longtemps. C'est un terrible crochet du gauche de Wladimir Klitschko qui a envoyé le Français au tapis pour la troisième fois dans cette soirée allemande. Conscient, "JMM" s'en est relevé, cependant l'arbitre de ce duel déséquilibré, Luis Pabon, a préféré arrêter le "massacre".

Cette décision arbitrale, logique au vu du début des hostilités, durant lequel Mormeck n'a donné qu'un seul coup à son adversaire du soir à l'allonge interminable, "The Marksman" (le tireur d'élite en français) ne la digère pas sur le moment présent, à chaud. "Je suis dégoûté, réagit-il dans la foulée sur Orange sport, parce que je ne suis pas KO. J'ai pris un coup de jus, mais il (l'arbitre, ndlr) n'a rien pour arrêter le combat. Sur ce coup-là, je n'étais pas sonné. C'est prématuré, il doit me laisser le temps de me relever. L'arbitre ne m'a pas laissé faire. Il faut me laisser m'exprimer."

Une chance est passée

On comprend la frustration, le manque de lucidité presque de Mormeck, lui l'ancien mi-lourds et lourds-léger. Il rêvait de réussir là où ses compatriotes Georges Carpentier en 1921 puis Lucien Rodriguez en 1983 avaient échoué. Néanmoins, il n'a jamais fait le poids ce samedi soir, dans une ESPRIT arena au toit rétractable, à guichets fermés (50 000 spectateurs) et toute acquise à la cause de Wladimir. Il n'a pas fait le poids au sens propre - il rendait à Klitschko dix-sept centimètres ainsi que treize kilos - et au sens figuré, sur le ring. Est-ce parce que "J2M" n'avait plus boxé depuis le 2 décembre 2010 ?

Il y a de cela, sûrement. Pour autant, il ne faut pas oublier qu'en face de lui se dressait une montagne, impossible à escalader donc: le cadet des frères Klitschko, 35 ans, champion olympique aux Jeux d'Atlanta en 1996 et tenant des titres WBA, IBF, WBO et IBO. Durant ces quelques minutes de combat, Mormeck, comme bien d'autres pugilistes auparavant, n'a été qu'un "défouloir", un "punching-ball" pour lui. Avant d'être stoppé par l'arbitre, le Guadeloupéen avait déjà été envoyé au tapis deux fois: lors des deuxième et troisième reprises. À ces moments-là, le Tricolore a dû comprendre pourquoi le "Doctor" était invaincu depuis bientôt huit ans.

"Je voulais commencer très fort pour lui mettre la pression. Je devais être très agressif pour ne pas être victime de son jab. Il bougeait beaucoup avec sa tête, il essayait peut-être de me fatiguer. Il a commencé à envoyer des crochets dans le deuxième round, mais je voyais venir ses coups. Il m'a touché une fois, et je n'ai pas du tout aimé", a déclaré l'Ukrainien, un brin taquin, avant d'ajouter pour conclure: Je veux exprimer mon respect pour Jean-Marc Mormeck, un combattant expérimenté. Il a pris sa chance, la plupart des boxeurs ne prennent pas cette chance." Malheureusement pour Mormeck, pour la boxe française, cette chance est passée...

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